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    <title>Blog de Jean Fabbri</title>
    <link>https://www.snesup-tours.fr</link>
    <description>Universités 
 Enseignement supérieur et recherche
à Tours et en France</description>
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      <title>Blog de Jean Fabbri</title>
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    <item>
      <title>Les mécanismes opaques du Crédit Impôt Recherche</title>
      <link>https://www.snesup-tours.fr/les-mecanismes-opaques-du-credit-impot-recherche</link>
      <description />
      <content:encoded>&lt;h3&gt;&#xD;
  
         A la suite d'une enquête menée dans plusieurs universités, nous sommes en mesure de dévoiler certains des mécanismes qui couvrent, parfois à l'insu de collègues amenés à jouer le rôle d'experts scientifiques du Crédit Impôt Recherche, ce formidable  hold-up. (octobre2025)
        &#xD;
&lt;/h3&gt;&#xD;
&lt;div data-rss-type="text"&gt;&#xD;
  
         A plusieurs reprises et en particulier dernièrement en septembre 2025, le SNESUP-FSU a redit, à l'heure où le gouvernement et la plupart des forces politiques  alarment  et jouent de l'inquiétude des français sur l'état des finances publiques, son opposition au Crédit Impôt Recherche (CIR) masquant  depuis son origine de considérables cadeaux fiscaux aux entreprises (les plus grandes surtout). En 2025 c'est plus de 7,6 Milliards d'euros qui par ce mécanisme fiscal sont dérobés au budget de L’État. 
         &#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          A la suite d'une enquête menée dans plusieurs universités, nous sommes en mesure de dévoiler certains des mécanismes qui couvrent, parfois à l'insu de collègues amenés à jouer le rôle d'experts scientifiques, ce formidable  hold-up. Au delà même d'une sorte de détournement d'argent  public pour des entreprises qui de facto, pour nombre d'entre elles,  utilisent le CIR pour accroître les dividendes versés à leurs actionnaires, ce sont des dizaines de jeunes docteurs formés dans les universités et les Écoles qui sont, faute d'emplois dans leurs champs de compétences scientifiques dans des entreprises de production,  recrutés par des cabinets de conseils fiscaux pour "fabriquer"  au bénéfice de certaines entreprises les documents techniques et scientifiques qui vont étayer les dossiers de demande de CIR. 
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Quelques données : depuis 2020 ce sont de l'ordre de 30000 dossiers de demande de CIR qui sont déposés auprès des services fiscaux. Si 80% d'entre eux environ relèvent des PME, ce sont les 20% de dossiers des grandes entreprises qui bénéficient de 80% des abattements fiscaux octroyés. Tous les champs scientifiques sont a priori éligibles et pas seulement ceux liés à des technologies industrielles (médicament, électronique,..), ainsi des entreprises de logistique ou de service peuvent réclamer du CIR  par exemple au titre d'un dispositif managérial réputé innovant...
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Les dossiers de demande de CIR déposés par les entreprises sont adressés à l'administration fiscale et comportent des éléments financiers et une description du (ou des) domaines(s) scientifique(s) pour lesquels l'entreprise, au delà d'une veille technologique, a identifié des verrous et mené un travail scientifique pour les lever et améliorer sa gamme de produits ou ses process. C'est l'administration fiscale à un échelon régional (ou national pour les grandes entreprises et/ou les montants élevés) qui décide de valider ou non. Celle-ci
          &#xD;
    &lt;b&gt;&#xD;
      
           peut, si elle le souhaite
          &#xD;
    &lt;/b&gt;&#xD;
    
          , s'appuyer sur un
          &#xD;
    &lt;b&gt;&#xD;
      
           avis
          &#xD;
    &lt;/b&gt;&#xD;
    
          émis par des experts extérieurs à l'administration fiscale et agréés par le Ministère en charge de la Recherche (le MESR). C'est au niveau des Délégations Régionales de la Recherche et de la Technologie (DRRT) devenus Délégations Régionales Académiques  à  la Recherche et à  l'Innovation  (DRARI) que sont recrutés, parmi  les personnels enseignants-chercheurs ou chercheurs, ces experts. Ceux-ci bénéficient d'une formation à distance, s'engagent sur des règles de déontologie strictes et une confidentialité absolue. Autant dire qu'ils assurent leur fonction d'expert dans une sorte de secret, seul leur chef d'établissement s'il lui est soumis une autorisation de cumul (en théorie obligatoire) en est informé. En effet au prorata des montants en jeu dans la demande de CIR, les experts bénéficient d'une prime (en général inférieure à 1000 euros par dossier). Dans les cas où un dossier de CIR soumis par l'administration fiscale à une évaluation  du MESR  reçoit un avis  scientifique négatif (partiellement ou en totalité), l'entreprise peut contester et récuser l'expert....s'engage alors une nouvelle expertise, laquelle reste
          &#xD;
    &lt;b&gt;&#xD;
      
           un "avis" que suit ou ne suit pas in fine l'administration fiscale.
          &#xD;
    &lt;/b&gt;&#xD;
    
          Devant l'ampleur des sommes en jeu, on s'attendrait à une grande vigilance tant du côté du Ministère des Finances que du MESR car les éléments à prendre en compte sont complexes (les dispositions les plus simples par exemple visant à exonérer systématiquement les entreprises des charges sociales voire des salaires pour 3 ans  dans le cas d'embauche de titulaires d'une thèse récente ayant été abandonnées). Mais il n'en est délibérément rien.  La sous-division du MESR en charge de  la supervision globale du contrôle "recherche"  ainsi que  des expertises sur les plus gros enjeux financiers a des effectifs dérisoires et au plan national le nombre d'experts -tous champs scientifiques confondus - est de l'ordre du millier. Autant dire qu'il y a bien un choix politique d'octroyer le plus systématiquement possible - et quasiment sans contrôle réel-  des avantages financiers aux entreprises quelle que soit leur santé économique. En effet :
          &#xD;
    &lt;b&gt;&#xD;
      
           en gros 80% des dossiers  de CIR
          &#xD;
    &lt;/b&gt;&#xD;
    
          déposés
          &#xD;
    &lt;b&gt;&#xD;
      
           sont validés
          &#xD;
    &lt;/b&gt;&#xD;
    
          par l'administration fiscale (totalement ou en partie)
          &#xD;
    &lt;b&gt;&#xD;
      
           avec ou sans expertise scientifique
          &#xD;
    &lt;/b&gt;&#xD;
    
          . 
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Dans les événements annuels "choose France" lancés par E. Macron pour  chercher à attirer des entreprises étrangères dans notre pays, le CIR est largement mis en avant comme avantage concurrentiel par rapport à d'autres pays. C'est bien dans ce cadre que les plus grandes entreprises qui font préparer leurs déclarations fiscales par des cabinets de conseils détournent de leur vocation scientifique des dizaines de jeunes docteurs. Quoi de mieux, en effet, qu'un demandeur d'emploi  titulaire d'une thèse récente dans le domaine ad hoc pour chercher à donner l'apparence d'une cohérence scientifique  à une série de choix  au sein d'une entreprise et ainsi "monter" un dossier de CIR?
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Il faut donc
          &#xD;
    &lt;b&gt;&#xD;
      
           abroger le dispositif actuel de CIR
          &#xD;
    &lt;/b&gt;&#xD;
    
          qui est pour l'essentiel une niche fiscale et n'a que peu à voir avec la recherche et les capacités d'innovation des entreprises. Aujourd'hui, une entreprise contrôlée au titre de sa demande de CIR va bénéficier de l'avis d'un spécialiste universitaire sur une partie liée à  ce qu'elle présente comme une avancée scientifique de ses activités, cela n'est pas inutile...mais cela ne devrait rien avoir à voir avec des aspects fiscaux!
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Les enjeux économiques et sociaux, comme une conception de l'université ouverte sur l'ensemble de la société (donc y compris sur la réalité des entreprises industrielles) appellent à l'élaboration par le parlement, par les acteurs scientifiques et économiques, d'un nouveau cadre pour favoriser à la fois
          &#xD;
    &lt;b&gt;&#xD;
      
           des échanges mutuellement avantageux
          &#xD;
    &lt;/b&gt;&#xD;
    
          entre les entreprises et le monde académique, comme pour insérer à leur haut niveau de savoirs et de compétences les diplômés du supérieur dans le monde économique.
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
&lt;/div&gt;</content:encoded>
      <pubDate>Wed, 15 Oct 2025 09:46:58 GMT</pubDate>
      <guid>https://www.snesup-tours.fr/les-mecanismes-opaques-du-credit-impot-recherche</guid>
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    </item>
    <item>
      <title>Universités et formation des enseignants (mai2025)</title>
      <link>https://www.snesup-tours.fr/universites-et-formation-des-enseignants-mai2025</link>
      <description />
      <content:encoded>&lt;h3&gt;&#xD;
  
         En cette fin d’année universitaire 2024-2025, remettre sur le métier des analyses est d’autant plus important que le ministère veut imposer, en se passant de concertation, une importante réforme qui amplifie le poids des exigences du Ministère de l’Education dans les cursus de formation  au détriment des cohérences universitaires et déplace le niveau du recrutement en milieu de L3 tant pour le CRPE que pour les CAPES/T. Peut-on se contenter de déplorer l’absence de concertation et de moyens ? …sans prendre position sur le fond sur un problème réel même s’il est complexe, ni même initier publiquement la construction d’une riposte spécifique au monde universitaire fondée sur une alternative.
        &#xD;
&lt;/h3&gt;&#xD;
&lt;div data-rss-type="text"&gt;&#xD;
  
         Il est naturel  que se croisent sur cet enjeu  les analyses issues du primaire, du secondaire, de l’enseignement supérieur donc  de tous ceux qui y développent leurs activités dans l’intérêt du service public et des personnels qui font vivre les établissements. Soyons clair, l’enjeu considérable de former les nouvelles générations en prenant en compte tous les aspects individuels et collectifs des mécanismes complexes d’apprentissage, ne peut passer par l’assignation des futurs professeurs à un rôle technique. Créativité et réflexivité mêlant de larges savoirs et compétences  pour ces métiers requièrent bien une formation globale de 5 ans (comme dans la plupart des pays développés) reconnue comme telle.
         &#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          En cette fin d’année universitaire 2024-2025, remettre sur le métier des analyses est d’autant plus important que le ministère veut imposer, en se passant de concertation, une importante réforme qui amplifie le poids des exigences du Ministère de l’Education dans les cursus de formation  au détriment des cohérences universitaires et déplace le niveau du recrutement en milieu de L3 tant pour le CRPE que pour les CAPES/T. Peut-on se contenter de déplorer l’absence de concertation et de moyens ? …sans prendre position sur le fond sur un problème réel même s’il est complexe, ni même initier publiquement la construction d’une riposte spécifique au monde universitaire fondée sur une alternative.
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          En ce qui concerne l’enseignement supérieur, sa contribution à la formation des futurs professeurs du premier et du second degré est essentielle et dépasse et de loin le seul apport des composantes spécifiques que sont les actuels  INSPE. Cela  nécessite aussi de faire le point sur les évolutions connues (vécues/subies) depuis la fin (à la fin des années 70) des pré-recrutements organisés dans le secondaire par les IPES et dans le premier degré dans les Ecoles Normales. Ces changements sont loin de ne concerner que les aspects de la formation des enseignants, des concours de recrutement, des évolutions statutaires et du niveau (absolu et relatif) des rémunérations. 
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Si on élargit la focale on doit noter des aspects qui peuvent paraître contradictoires à première vue. Un fort attachement de la population qui vit dans notre pays pour les services publics (voir tout en ensemble de sondages)…mais une faible attractivité des métiers des services publics en particulier dans les générations les plus concernées par une entrée « non différée » dans cette voie (entre 22 et 30 ans). Si le  trop faible niveau de rémunération et les conditions de travail  difficiles (en particulier en début de carrière) expliquent pour une grande partie cette situation, on ne peut balayer d’autres aspects. Alors que la fonction publique enseignante est de loin celle qui recrute le plus chaque année, les différents concours actuels  ne font pas le plein de candidats, voire même le mode d’accès par concours dans l’enseignement et (par effet de marquage) dans l’ensemble de la fonction publique est triplement remis en cause. Par les gouvernements qui amplifient la précarité dans tous les secteurs et en ont fait une voie « quasi-normale » d’accès, par nombre de jeunes collègues qui trouveraient plus de confort dans une logique d’emploi valorisant mieux ( ?) leur profil, leurs compétences, leurs « résultats », et par un nombre conséquent de parents d’élèves qui déplorent sur tous les tons, le « niveau », « l’absence d’autorité », l’arbitraire d’affectation de celles et ceux auxquels leur progéniture est confiée…et qui voudraient intervenir dans leur recrutement.
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Au-delà de ces éléments sociaux de contextualisation, reste une dimension  importante  pour constituer une vision universitaire de la question. Entre les années 2000 et aujourd’hui, la part des étudiants ET des universitaires   dans les cursus académiques historiques qui ont structuré l’enseignement supérieur et par voie de conséquence l’enseignement secondaire a considérablement diminué (mathématiques, histoire,…) et même beaucoup changé pour  ses contenus et ses modalités dans ce qui en reste du fait de l’évolution des connaissances  et des spécialisations fortes au sein même des disciplines académiques (physique, chimie, biologie, géosciences, …) et ceci dès la fin du cycle licence. De la sorte les étudiants d’aujourd’hui qui sortent de  ces L3 (dans quasi toutes les filières) sont très peu nombreux à pouvoir se sentir proches des enseignants du secondaire qu’ils et elles ont croisés au lycée. C’est bien sûr encore plus le cas pour celles et ceux qui ont suivi des cursus de Droit, Informatique, Gestion, Biochimie… Autrement dit les cursus actuels dans le cycle licence au sein de l’enseignement supérieur ni n’incitent ni ne préparent à envisager un métier de l’enseignement. Ajoutons un dernier élément : le rattachement des INSPE à seulement une partie des universités et la diminution du poids des métiers de l’enseignement dans les perspectives d’emploi (d’insertion comme dit le ministère) de la population étudiante rend ces enjeux peu défendus par les directions d’université (aussi bien la plupart des président.e.s que France Université).
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Ce sont donc des faits à inscrire dans l’analyse de la situation actuelle très insatisfaisante depuis bien des années. 
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Pour autant une volonté d’inscrire formation et voies de recrutement dans une forte exigence d’un meilleur service public, n’implique pas a priori que les points de vu convergent spontanément. 
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Examinons au sein du monde universitaire d’abord, quels sont les registres autour desquels peuvent se construire des avis instruits sur ces questions. Sans qu’aucun de ces « registres » n’ait vocation à exprimer de manière homogène un diagnostic sur tout ou partie des questions en jeux. 
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          •	Collègues des disciplines académiques intervenants en licence et/ou dans les M1 et M2 MEEF
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          •	Collègues des INSPE
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          •	Collègues relevant par leur discipline de recherche des sciences de l’éducation (au sens large incluant bien sûr des champs de la sociologie et de la psychologie)  ou de la didactique d’une discipline
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          De même que sur d’autres questions il est pertinent d’examiner les biais  éventuels d’une position face aux pistes d’évolution de la formation et du recrutement des futurs enseignants. Ainsi par exemple, les flux faibles dans nombres d’université dans les filières académiques (par exemple en mathématiques) expliquent, pour une part au moins, l’opposition de collègues des sections 25 et 26 du CNU  à la création de licences pluridisciplinaires qui de facto feraient « perdre » des étudiants à la licence « classique » de mathématiques.
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Tous ces aspects s’inscrivant par ailleurs dans un bouleversement considérable des modes de vie depuis la prime enfance jusqu’à l’insertion (de plus en plus tardive) dans une vie professionnelle et personnelle stable, avec toutes les interrogations qui traversent la société sur l’objet de l’éducation, ses modalités à l’heure où s’universalisent les usages d’internet et  des robots conversationnels dopés à l’intelligence artificielle. Profondément,  le rôle de la mémoire dans les apprentissages est questionné et par voie de conséquence les modalités-en particulier écrites- de « contrôle des connaissances et des apprentissages ». Le modèle standard quasi universel des finalités et des formes d’étude est aujourd’hui  à la fois remis en cause par des dispositifs variés (travaux collectifs en mode « projet », part accrue de l’oral,…), contesté  pratiquement (voir par exemple l’Ecole informatique de X. Niel) et par certaines courants intellectuels  et certaines forces  politiques de droite profondément hostiles à la culture critique  (voir Trump et ses émules). Une partie de la jeunesse n’y est pas insensible. Et en plus le modèle standard des communautés d’apprentissage et de socialisation (les classes, les amphis,…)  est concurrencé par l’usage intensif des réseaux sociaux dès un âge précoce. 
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Si l’ensemble des données évoquées ici succinctement  et bien d’autres rendent indispensable une profonde réforme de l’enseignement (objectifs, organisations, moyens,…) primaire, secondaire et supérieur, réforme qui doit viser à en renforcer le rôle de socle commun de la République française en s’appliquant à tous les établissements (tant publics que privés), il ne peut être question d’attendre,  de poser et de conclure par une loi le débat, pour traiter dès maintenant –au moins transitoirement- de la réforme de la formation des enseignants et des concours de recrutement, puisqu’il s’agit bien de rendre toute sa puissance d’efficacité en matière de formation de la jeunesse aux statuts de fonctionnaire des enseignants.
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Comme toutes les réflexions qui concernent des parcours de formation directement professionnalisant, les contradictions liées à l’architecture  rigide LMD (un syndicat comme le SNESUP-FSU s’y est opposé) entre niveau d’études et nombre d’années d’étude surviennent vite. Ces contradictions sont flagrantes, nous le savons bien en particulier dans les secteurs où le service public subit une forte concurrence des établissements privés (particulièrement pour des BTS et formations d’ingénieurs). Elles servent avant tout les intérêts privés ceux du patronat qui souhaite  une employabilité rapide  et   convergent aussi  avec l’aspiration des jeunes  (et de leurs parents souvent)  à des labels de formation (c’est l’orientation prise aujourd’hui par le ministère qui élabore une sorte de « charte d’agrément »  non contraignante pour inclure ces établissements dans Parcoursup). Parce que c’est une question difficile, les universitaires ont malheureusement déserté ce terrain.
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Produire une rupture entre l’enseignement secondaire  sanctionné par un bac et l’enseignement supérieur  est, il me semble, un élément important dans la construction des jeunes adultes y compris dans la dimension, pas toujours bien vécue, de faire des choix. De ce fait l’entrée dans une filière de licence en L1 dans les voies disciplinaires existantes est ce qui est le plus judicieux tant pour que soit exploré par les étudiant.e.s  la cohérence d’un champ scientifique voire ses futurs contenus et les perspectives de métiers qui y sont attachés que pour les universitaires qui y exercent pour y présenter sous son meilleur jour leur discipline.
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Ensuite il faut bien faire des propositions. 
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Deux voies de L2 « métiers du premier degré sciences » et « métiers du premier degré Lettres-SHS »  avec un accès qui serait de droit pour tous les lauréats d’un L1. Le caractère pluridisciplinaire peut permettre de combiner pour cette année de L2 des modules d’enseignements issus de modules des licences disciplinaires propres à chacune des deux voies. L’année de L3 verrait s’ouvrir à la fois à des enseignements de l’autre voie,  ainsi qu’à des modules issus des licences de sociologie, psychologie, sciences de l’éducation et des enseignements spécifiques dont une préparation au  concours (voie d’accès à la fonction publique qu’il convient de valoriser).
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Pour l’enseignement secondaire, on peut envisager des voies de L2  en gros conformes à l’existant des filières disciplinaires qui seraient complétées pour le public étudiant intéressé par le CAPES de modules spécifiques (psycho, socio, sciences de l’éducation). Ce peut être aussi le moment (question ouverte) de revoir les couplages disciplinaires existants dans les concours du  secondaire (histoire-géographie, physique-chimie, sciences de la vie et de la terre, histoire-géographie-lettres en PLP,…) qui correspondent de moins en moins aux filières universitaires voire d’ouvrir franchement le CAPES à d’autres champs : l’informatique, l’analyse d’images…. Quant aux  autres étudiants  de L2 ils recevraient des formations orientées vers les voies d’accès aux écoles d’ingénieurs (évitant les CPGE) pour le champ scientifique et de manière adaptée pour le côté LLSHS. Même chose en L3 où s’ajouterait une préparation au concours écrit. L’obtention d’une licence disciplinaire « enseignement » donnerait accès aux masters dans  la filière sous réserve éventuellement de la validation  au cours du cursus de Master de quelques modules de L3 laissés de côté.
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Dans cette structuration il est un peu plus difficile d’envisager les poursuites d’études pour les lauréats d’une licence « métier du premier degré » qui auraient renoncé ou échoué au concours ou qui souhaiteraient reprendre des études ultérieurement. Il convient d’éviter la constitution d’un « vivier » de précaires potentiels pour des recrutements hors statut. La reprise dans le L2 de la discipline initiale ne posant pas problème, les voies d’équivalence et de dispenses existants déjà dans la règlementation, il n’est pas sûr que le problème soit considérable.
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Réclamer un moratoire pour faire avancer des discussions avec le ministère, prendre en compte des exigences revendicatives syndicales et budgétiser les moyens (humains et matériels) de la réforme lancée ce mois-ci par E. Borne fait figure de position de la FSU sur ce dossier, ce n’est que  plus petit dénominateur commun aux syndicats d’enseignants de la FSU. Ceux-ci ont des visions différentes : pour le SNES recrutement « au niveau du master » (formule assez floue !), pour le SNUIPP  « le recrutement à bac+3 et la formation rémunérée durant 2 ans avec la reconnaissance bac +5 peuvent répondre en partie à la crise d’attractivité du métier d’enseignant. Si la FSU-SNUipp se félicite d’être entendue sur cette revendication qu’elle porte depuis longtemps, cela ne saurait suffire. ». Il est clair que  le projet du pouvoir politique (et ses décisions récentes)  remet en place une forme de dissociation du premier et  du second degré, en même temps qu’un affaiblissement organisé des niveaux de formation  tant côté sciences de l’éducation, didactique, réflexivité des pratiques que sur les contenus disciplinaires propres. Le MEN a ainsi  pu signifier sans honte que le niveau de maîtrise des connaissances d’un.e professeur.e des Ecoles devait avoir pour socle celui d’une fin de collège (niveau 3ème donc) !
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Il me semble  donc urgent que l’ensemble de la communauté universitaire s’empare de manière renouvelé de cet ensemble de questions. Au-delà de la demande de moratoire et de moyens, demande qui en quelque sorte tend à geler la situation actuelle et donne peu de leviers pour s’opposer à la mise en œuvre de la réforme Borne-Bayrou dès septembre prochain, il convient de synthétiser les analyses et propositions issus de toute la richesse des expériences pour formuler d’audacieuses propositions pour le service public d’enseignement et ses personnels.
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
&lt;/div&gt;</content:encoded>
      <pubDate>Wed, 21 May 2025 14:29:51 GMT</pubDate>
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      </media:content>
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      </media:content>
    </item>
    <item>
      <title>HCERES ...central et très opaque</title>
      <link>https://www.snesup-tours.fr/hceres-central-et-tres-opaque</link>
      <description />
      <content:encoded>&lt;h3&gt;&#xD;
  
         D'où vient ce "haut conseil" qui par ses avis peut remettre en cause de larges pans de formation (licence, master,...). Quelle place joue le HCERES dans l'architecture de l'enseignement supérieur et de la recherche? Peut-on s'en passer? 
        &#xD;
&lt;/h3&gt;&#xD;
&lt;div data-rss-type="text"&gt;&#xD;
  
         HCERES …central et très opaque 
         &#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Après l'alerte lancée par des universitaires et des syndicats de personnels de l'enseignement supérieur, des interrogations critiques sur des avis très négatifs  rendus par le Haut Conseil de l'Évaluation de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur (HCERES), organisme identifié comme une haute autorité indépendante, sur des formations de licence et de master dans des universités du quart Nord-Ouest de la France et de la région parisienne ont été relayées par la presse. Ce focus inédit tient sans doute à deux raisons, l'une est le caractère massif de ces menaces de fermetures de formations qui pourraient toucher par exemple toutes les filières de philosophie des universités de ce  vaste secteur géographique, l'autre est la résonance avec les coupes budgétaires  effectuées outre-Atlantique par la présidence Trump dans tout ce qui touche la recherche et singulièrement le climat et les sciences humaines. 
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          S'il convient de s'interroger sur des avis émis,  avec une forte suspicion de manipulation par réécriture échappant aux experts eux-mêmes, on peut élargir la focale pour savoir comment et par qui ces avis sont produits et surtout sur ce qu'il convient (et pourquoi?) d'évaluer. 
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Un bref détour sur ces 25 dernières années permet d'y voir  plus clair. 
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          C'est lors d'une des premières phases aiguës de désengagement des pouvoirs publics français des affaires de la science et de l'enseignement supérieur en 2003-2004 qu'une nouvelle architecture de la recherche et de l'enseignement supérieur s'est peu à peu mise en chantier. Diminution des crédits des laboratoires de recherche publique, réduction considérable du recrutement de jeunes chercheurs inauguraient le second mandat de J. Chirac. Si le large mouvement associatif et syndical "Sauvons la recherche" a réussi à inverser la tendance pour ce qui concernait les moyens (budgets et emplois), les questions d'organisation de la recherche et de l'enseignement supérieur restèrent un peu trop hors-champ alors qu'elles revêtent de par leur aspect structurel un élément essentiel. Jusqu'alors, le système français de la recherche, développé après la seconde guerre mondiale et marqué par un fort volontarisme scientifique associé à un tissu industriel puissant et à une volonté de rayonnement international autonome, n'était pas remis en cause, il s'appuyait sur un conséquent financement budgétaire et un rôle majeur dévolu aux communautés scientifiques.  
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Le tournant des années 2000 voit le système français où les difficultés d’accueil des étudiants s'amplifient faute de places et de locaux, accusé de tous les maux : inefficace en tant que système de formation, marqué par le dualisme Grandes Ecoles/Universités, loin  de la souplesse et des réussites du système nord-américain avance-t-on du côté du pouvoir politique (avec  le recul pourtant, ces critiques apparaissent bien excessives voire largement infondées).  Fort opportunément le "classement de Shanghai" survint et vint conforter ces thèses partagées pour une part par les communautés scientifiques exsangues de moyens et prêtes à croire à une nouvelle ère pour retrouver des financements. C'est ainsi que fut créée  d'abord l'Agence Nationale de la Recherche sur le modèle des opérateurs de recherche des USA. Un opérateur c'est à dire une structure qui  lance des appels à projets, choisit leurs lauréats et distribue des financements sans avoir en charge la cohérence et la continuité d'une politique de recherche et sans personnels scientifiques...au contraire des organismes de recherche comme le sont encore CNRS et l'INSERM, mais  affaiblis... un rapport de la Cour des Comptes le montre ces derniers jours. Pour donner une vraisemblance d'objectivité dans la répartition des budgets et l'attribution à tel ou tel laboratoire ou équipe d'un financement  récurrent (celui alloué par l'Etat comme dotation de fonctionnement) ou de projet fut instaurée une Autorité Administrative Indépendante (sic) rebaptisée en 2009 le HCERES, chargée d'évaluer les activités de recherche et de formation, comme la bonne administration des structures qui les gouvernent (universités, Ecoles, laboratoires, organismes). Ardemment attachées aux libertés académiques qui passent pour tous les aspects individuels de la carrière d'un chercheur et d'un enseignant chercheur par le jugement "des pairs", les communautés scientifiques se sont globalement, malgré les réserves de certains de leurs syndicats, accommodées d'une organisation qui semblait maintenir leurs précédentes prérogatives et leur rôle. Mais de fait il n'en était rien. Rien car leur échappait complètement deux aspects fondamentaux : les instructions et grilles d'évaluation de plus en plus marquées par une boursouflure bureaucratique...et la constitution effective des "comités d'experts". Car si l'inscription sur une liste d'experts potentiels est aisée pour un chercheur ou un enseignant-chercheur, les biais  ensuite sont multiples. Une partie des personnels récuse la logique de ces évaluations, surtout qu'à l'expérience, peu de laboratoires et trop  peu de projets spontanés sont financièrement soutenus (80% d'échecs) et a choisi de ne pas s'y mêler. Les comités d'experts puisés dans un vivier donc assez peu  représentatif s'inscrivent ainsi le plus souvent dans une posture a-critique  -assez peu scientifique- sur la fonction que le pouvoir politique leur confie....même si c'est théoriquement indirectement par le biais d'un Haut Conseil. Enfin pour parachever le verrouillage de ces comités, tout individu voulant éprouver le système et  perçu à juste titre comme pouvant porter une analyse critique est  écarté surtout si sa capacité d'expertise est avérée par son expérience (mandats syndicaux, direction de filière universitaire,...). 
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Les entourloupes à tous les principes d'une évaluation équitable sont légions  : dans les visites d'un comité d'experts dans un établissement d'enseignement supérieur c'est le chef d'établissement lui-même le plus souvent  qui désigne les personnes qui seront auditionnées y compris lorsqu'il s'agit d'évaluer la "gouvernance" : ainsi les membres des conseils d'administration,  élus des personnels  et n'appartenant pas au groupe majoritaire pourront au mieux faire parvenir une lettre au comité de visite! 
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Ce qui est présenté ces jours-ci comme une entrave exceptionnelle au fonctionnement harmonieux sur l'ensemble du territoire  d'un ensemble de filières de formation de qualité (ce qui devrait relever  d'une mission de l'Etat et des services d'un ministère), n'est en rien un accident. Il s'agit du fonctionnement structurel d'une organisation de l'enseignement supérieur et de la recherche qui vise avant tout à réduire sa part dans les dépenses publiques en concentrant les moyens d'Etat sur un petit nombre d'établissements, de personnels, de filières. C'est dans ce cadre que se sont inscrites les lois Libertés et Responsabilités des Universités (2007), Fioraso (2014) et Loi de Programmation de la Recherche (2020) qui complètent l'architecture  du dispositif initié par la création de l'ANR et de ce qui est devenu le HCERES. C'est tout l'ensemble qu'il faut donc revoir.
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          La  situation internationale apporte malheureusement une confirmation de ce diagnostic et la large solidarité affichée aujourd'hui en France  avec les scientifiques des USA  où des pans entiers de la recherche (climat, sciences humaines, énergie,...) et des agences de financement sont frontalement mis en cause, doit encore s'amplifier. Il ne peut s'agir  seulement de l’accueil en France de chercheurs victimes d'une sorte de chasse aux sorcières. Mettre en débat les besoins -indépendance, libre accès, financement - d'élaboration des connaissances est devenu partout urgent.   Toutefois ceux-là mêmes, présidents d'université, ministres,  qui se montrent au premier plan aujourd'hui des élans de solidarité, sont ceux qui ont applaudi, voire organisé le détricotage du système public français de recherche et de formation, ils ne sont pas les mieux placés pour donner des leçons!  Hier le salut ne pouvait venir selon eux que de l'organisation modèle des USA, aujourd'hui effrayés ils n'ont pas encore la lucidité de dénoncer ce même système qu'ils ont importé en France. 
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Il n'y a rien à attendre d'une bureaucratie managériale de la recherche et de l'enseignement supérieur pour une part publique et qui par ailleurs nourrit (environ 1 milliard sur 7 ans) une flopée de sociétés de conseils privées. Il est grand temps d'un nouveau souffle qui passe avant tout  par les communautés scientifiques, les citoyens, le parlement et, sans attendre, par des moyens accrus. Cela doit conduire à élaborer une nouvelle architecture de l’enseignement supérieur et de la recherche, débarrassée d’ « agence(s) » et de « haut(s) conseil(s) » qui ne sont que les masques et les relais du  désengagement de l’Etat.
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Jean Fabbri 
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          (avril 2025)
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
&lt;/div&gt;</content:encoded>
      <pubDate>Sun, 13 Apr 2025 13:28:06 GMT</pubDate>
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      </media:content>
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        <media:description>main image</media:description>
      </media:content>
    </item>
    <item>
      <title>Comment financer l'enseignement supérieur</title>
      <link>https://www.snesup-tours.fr/comment-financer-l-enseignement-superieur</link>
      <description />
      <content:encoded>&lt;h3&gt;&#xD;
  
         Il faut basculer les milliards détournés par la spéculation, le profit et la rente vers l’enseignement supérieur public et la recherche
        &#xD;
&lt;/h3&gt;&#xD;
&lt;div data-rss-type="text"&gt;&#xD;
  
         A retrouver sur  https://www.humanite.fr/en-debat/enseignement-superieur/comment-financer-lenseignement-superieur-2-2
         &#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
           - L'Humanité (humanite.fr)
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
    &lt;div&gt;&#xD;
      &lt;br/&gt;&#xD;
    &lt;/div&gt;&#xD;
    &lt;div&gt;&#xD;
      &lt;br/&gt;&#xD;
    &lt;/div&gt;&#xD;
    &lt;div&gt;&#xD;
      &lt;br/&gt;&#xD;
      &lt;div&gt;&#xD;
        &lt;br/&gt;&#xD;
      &lt;/div&gt;&#xD;
      &lt;div&gt;&#xD;
        
            Le constat est fait par la Cour des comptes, des commissions parlementaires, des économistes : la plupart des dispositions budgétaires voulues par les gouvernements ces dernières années ont affaibli les universités et plus globalement l’ensemble du périmètre public de l’enseignement supérieur et de la recherche (en favorisant le privé). Il y a presque vingt ans, avec le syndicat Snesup-FSU, nous dénoncions l’organisation délibérée par le pouvoir politique, avec la loi liberté et responsabilités des universités, d’une rupture brutale avec la logique de service public.
            &#xD;
        &lt;div&gt;&#xD;
          &lt;br/&gt;&#xD;
        &lt;/div&gt;&#xD;
        &lt;div&gt;&#xD;
          
             Pour faire court, ces gouvernements ont tourné le dos à une vision politique émancipatrice de la science, des techniques et de l’éducation, qui ont vocation à irriguer le plus largement toute la société… et ont détourné de ces objectifs environ 15 milliards d’euros par an. Si le gouvernement Barnier envisageait d’augmenter la part des jeunes (et des familles) dans le financement des études supérieures, nous réaffirmons à rebours que le seul choix politique qui correspond à la devise de notre République, c’est un financement d’État massif seul capable de faire échapper la recherche publique et la diffusion des connaissances à des pressions et un accaparement privé comme à la sélection sociale.
            &#xD;
        &lt;/div&gt;&#xD;
        &lt;div&gt;&#xD;
          &lt;br/&gt;&#xD;
        &lt;/div&gt;&#xD;
        &lt;div&gt;&#xD;
          
             Deux voies sont à associer pour financer l’enseignement supérieur. Il faut d’abord réorienter les sommes détournées. Chaque année, supprimer les niches fiscales (crédit impôt recherche, apprentissage dans le post-bac privé…) – dont l’habillage « recherche » ou « insertion » n’est qu’un leurre – rapporterait plus de 8 milliards. Faire payer à leur juste prix les cessions de brevets dus pour l’essentiel aux laboratoires publics (biologie, intelligence artificielle, pharmacie, matériaux…) amènerait au moins 2 milliards.
            &#xD;
        &lt;/div&gt;&#xD;
        &lt;div&gt;&#xD;
          &lt;br/&gt;&#xD;
        &lt;/div&gt;&#xD;
        &lt;div&gt;&#xD;
          
             Supprimer l’appareil bureaucratique dit « d’évaluation » et de mise en concurrence des établissements universitaires, des organismes de recherche et de leurs personnels, en rendant sa place à la collégialité des universitaires et chercheurs ferait entrer un air de liberté là où celle-ci s’est réduite ; de même interdire le recours aux cabinets de conseil privés, qui ponctionnent les universités en faisant produire par des mercenaires sortis d’écoles de commerce privées des instructions sur la réorganisation du service public, rapporterait près de 0,8 milliard. Il faut ensuite abonder le budget. Il est possible d’augmenter de 3 milliards l’effort de la nation pour l’enseignement supérieur et la recherche quand on voit la loi de programmation militaire de 2023 qui a dopé de près de 4 milliards celui de la défense.
            &#xD;
        &lt;/div&gt;&#xD;
        &lt;div&gt;&#xD;
          &lt;br/&gt;&#xD;
        &lt;/div&gt;&#xD;
        &lt;div&gt;&#xD;
          
             Cela permettrait de résorber la précarité étudiante, de recruter plus de personnels – et il en faut –, tous sur des emplois statutaires, de revaloriser les salaires et de rétablir leur gestion nationale, garante de carrières libérées d’une individualisation perverse.
            &#xD;
        &lt;/div&gt;&#xD;
        &lt;div&gt;&#xD;
          &lt;br/&gt;&#xD;
        &lt;/div&gt;&#xD;
        &lt;div&gt;&#xD;
          &lt;br/&gt;&#xD;
        &lt;/div&gt;&#xD;
        &lt;div&gt;&#xD;
          &lt;br/&gt;&#xD;
        &lt;/div&gt;&#xD;
      &lt;/div&gt;&#xD;
    &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
&lt;/div&gt;</content:encoded>
      <pubDate>Mon, 30 Dec 2024 17:55:58 GMT</pubDate>
      <guid>https://www.snesup-tours.fr/comment-financer-l-enseignement-superieur</guid>
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        <media:description>thumbnail</media:description>
      </media:content>
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        <media:description>main image</media:description>
      </media:content>
    </item>
    <item>
      <title>La loi " libertés et responsabilités des universités" a remplacé un service public d’enseignement supérieur par un édifice violemment concurrentiel</title>
      <link>https://www.snesup-tours.fr/la-loi-libertes-et-responsabilites-des-universites-a-remplace-un-service-public-denseignement-superieur-par-un-edifice-violemment-concurrentiel</link>
      <description />
      <content:encoded>&lt;h3&gt;&#xD;
  
         Juin 2024 dans la newsletter du Monde de l'Education
        &#xD;
&lt;/h3&gt;&#xD;
&lt;div data-rss-type="text"&gt;&#xD;
  
         En 2007, à peine élu président de la République, Nicolas Sarkozy a mis en chantier une
         &#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          réforme profonde de la recherche et de l’enseignement supérieur. C’est la première grande loi
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          adoptée en août 2007, connue sous le nom « Libertés et responsabilités des universités » ou
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          sous son acronyme LRU. Il y a quelques mois, au nom de la modernisation et des défis du
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          XXIe siècle, Emmanuel Macron s’est engagé à faire évoluer à nouveau le monde universitaire
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          par un « acte II », dit-il, de l’autonomie.
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Lire aussi l’enquête | Article réservé à nos abonnés Des universités françaises au bord de
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          l’asphyxie : « Ça craque de partout »
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Aucun bilan public n’a pourtant jamais été fait des profonds changements introduits en 2007.
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Certes, des coups de projecteur apparaissent ici ou là, tantôt pour célébrer des lauréats de
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          prestigieuses récompenses académiques internationales, tantôt pour s’alarmer du stress
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          produit chez les jeunes et leurs familles par la procédure Parcoursup d’accès à l’enseignement
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          supérieur ou des difficultés sanitaires d’une part importante de la jeunesse. Mais ce
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          kaléidoscope d’impressions ne vaut pas analyse. C’est pourtant essentiel et il y a urgence.
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Aujourd’hui en France, plus des deux tiers d’une génération atteignent le baccalauréat, et
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          l’accès facile aux réseaux numériques homogénéise plus que jamais l’environnement culturel
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          de toute la jeunesse, par-delà d’indéniables disparités économiques. Malgré ces difficultés –
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          mesurées par exemple par les enquêtes PISA et par la pénurie d’enseignants – qui creusent les
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          inégalités, l’enseignement secondaire a aussi contribué, jusqu’ici, à forger un horizon et des
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          aspirations communes. Celles-ci se brisent sur le mur des sélections territoriales et sociales
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          que la loi LRU a patiemment et solidement dressé.
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Voie de la concurrence
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Voilà le résultat de choix délibérés, qui font violence à une grande partie de la jeunesse et qui
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          minent les fondements de notre société. Il y a bien un avant et un après la loi LRU, ce qui,
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          sans enjoliver le passé, doit amener à réfléchir, bien au-delà du monde universitaire, aux
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          raisons de ce séisme.
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Au prétexte que les activités de recherche s’exercent au niveau mondial, dans une forme de
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          compétition vers l’avancée des connaissances (et en ignorant soigneusement toutes les phases
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          d’échange, de vérifications qui les mettent en commun), la voie choisie par Nicolas Sarkozy
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          et mise en oeuvre par Valérie Pécresse, ministre de l’enseignement supérieur à l’époque, est
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          résolument celle de la concurrence. Tout, absolument tout, de l’accès à une formation au
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          travail et à la carrière des personnels dans la recherche et les universités, en passant par le
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          financement des recherches, se jauge sous ce seul éclairage. Pas de critères partagés et encore
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          moins d’arbitres de ces concurrences, mais une formule magique qui séduit par sa simplicité
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          (comme une évidence, dit-on) et désarme ses détracteurs : l’excellence !
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Le classement de Shanghaï, ou l’invention du
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          marché des universités
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Les gouvernements chargés de mettre en oeuvre la loi LRU ont usé jusqu’à l’écoeurement des
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          initiatives d’excellence, laboratoires d’excellence, équipements d’excellence, chaires
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          d’excellence, pour défaire systématiquement un patrimoine et un potentiel de recherche et de
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          formation postbac qui irriguaient à la fois le très large spectre du champ scientifique et, de
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          manière plutôt équilibrée, l’ensemble des territoires.
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Qui sont aujourd’hui les gagnants de la loi LRU, acte I de l’autonomie, préfigurant l’acte II
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          annoncé ? L’« Etat stratège », formule répétée à l’envi par Valérie Pécresse et ses
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          successeurs, a-t-il depuis dix-sept ans amélioré ses capacités d’anticiper les choix
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          environnementaux, énergétiques, sanitaires, numériques ? Les étudiants sont-ils mieux
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          formés ? Satisfaits de leurs parcours de vie et d’études ? Les chercheurs sont-ils massivement
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          heureux de leurs conditions de travail ?
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Bien que connues et, pour l’essentiel, négatives, les réponses ici ne troublent pas les
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          promoteurs de ces choix politiques, qui prétendent à un argument imparable : celles et ceux
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          qui sont mécontents ne sont pas excellents. Et les gouvernements, comme M. Macron
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          aujourd’hui, sont satisfaits d’enfermer le débat dans ce mépris qui, par ailleurs, nourrit la
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          critique des fonctionnaires. Car l’essentiel est ailleurs.
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          La loi LRU a remplacé un service public d’enseignement
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          supérieur
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Il y a des gagnants à la loi LRU. L’enseignement supérieur privé – essentiellement bien plus
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          cher que le public, peu contrôlé et peu diplômant – a plus que doublé ses effectifs, pour
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          atteindre plus du quart des étudiants. Le crédit d’impôt recherche et les « investissements
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          d’avenir » – au total plus de 10 milliards d’euros par an – irriguent plus que jamais, avec le
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          prétexte de l’innovation, des entreprises qui, dans le même temps, ne créent que très peu
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          d’emplois scientifiques hautement qualifiés. De manière cohérente, puisqu’il y a bien là un
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          choix politique, par la logique de financement de la recherche sous la forme d’appels à
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          projets, c’est vers les besoins de recherche appliquée que s’oriente le plus gros des flux
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          budgétaires de l’Etat et des régions. Ainsi, toute une part de ce qui s’appelle recherche et
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          développement, partie intégrante de l’activité des entreprises dans la plupart des pays, est
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          assurée de près ou de loin en France par l’argent des contribuables.
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          La loi LRU a remplacé un service public d’enseignement supérieur à peu près homogène sur
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          le territoire national – marqué en matière d’enseignement par une sélectivité et une
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          reconnaissance des diplômes, fondés pour l’essentiel sur des critères de mérite académique
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          homogènes – par un édifice violemment concurrentiel dont Parcoursup n’est
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          malheureusement que l’un des jalons. Si les jeunes bacheliers en sont, dans les semaines à
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          venir, les plus affectés puisqu’ils sont conduits à se conformer à une lettre de motivation que
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          la bureaucratie ministérielle leur a extorquée (et que, dans bien des cas, des parents ou des
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          coachs ont écrite à leur place), les établissements universitaires et leur personnel en perdent
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          leur horizon. Rien n’oblige à laisser en l’état, voire à amplifier avec l’acte II, une situation où
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          les moyens affectés à une licence d’informatique, par exemple, passent du simple au double
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          d’un établissement à l’autre. Au contraire !
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
&lt;/div&gt;</content:encoded>
      <pubDate>Mon, 24 Jun 2024 15:32:21 GMT</pubDate>
      <guid>https://www.snesup-tours.fr/la-loi-libertes-et-responsabilites-des-universites-a-remplace-un-service-public-denseignement-superieur-par-un-edifice-violemment-concurrentiel</guid>
      <g-custom:tags type="string" />
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        <media:description>thumbnail</media:description>
      </media:content>
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        <media:description>main image</media:description>
      </media:content>
    </item>
    <item>
      <title>Trucs, rupture et dissimulations...après le discours de Macron sur la Recherche (décembre 2023)</title>
      <link>https://www.snesup-tours.fr/trucs-rupture-et-dissimulations-apres-le-discours-de-macron-sur-la-recherche-decembre-2023</link>
      <description />
      <content:encoded>&lt;h3&gt;&#xD;
  
         Tribune sur le site de L'Obs : La tribune est  lisible y compris par les non-abonnés. https://www.nouvelobs.com/opinions/20231213.OBS82044/tribune-macron-et-la-politique-de-recherche-trucs-rupture-et-dissimulations.html
        &#xD;
&lt;/h3&gt;&#xD;
&lt;div data-rss-type="text"&gt;&#xD;
  
         Le 7 décembre, dans un discours fleuve, le président Emmanuel Macron s’est exprimé à l’Elysée sur les maux et l’avenir, tel qu’il le voyait, de l’enseignement supérieur et de la recherche devant un parterre de 300 chercheurs, représentants d’établissements supérieurs, instituts de recherche, et chefs d’entreprise. Qui veut pourra lire l’intégralité de son discours sur le site officiel.
         &#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          De ce qui forme un très long texte, on retiendra, au moment où il s’agit de faire « le bilan de[s] difficultés », trois constats présidentiels : l’existence de difficultés accrues depuis plus de quinze ans (c’est-à-dire depuis la mise en œuvre de la loi Libertés et Responsabilités des Universités – LRU – de Sarkozy-Pécresse, mais cela n’est pas dit), d’une surcharge de bureaucratie et d’évaluations inutiles, enfin d’une insuffisance des financements publics et privés de la recherche (malgré les 7 milliards et plus de crédit impôt recherche alloués aux entreprises chaque année, qui eux non plus ne sont pas mentionnés !). Aucune surprise dans ce diagnostic.
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    &lt;b&gt;&#xD;
      
           Pratique post-démocratique
          &#xD;
    &lt;/b&gt;&#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Le reste de ce très laborieux discours, redondant, mal écrit et prétentieux, où se retrouvent les formules de ses proches Thierry Coulhon (ancien conseiller éducation, enseignement supérieur, recherche et innovation du président de la République Emmanuel Macron, il est président du Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur de 2020 à 2023, aujourd’hui président par intérim de l’Institut polytechnique de Paris) et Philippe Gillet (géophysicien, ancien vice-président de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne, auteur d’un rapport visant à renforcer et à simplifier l’écosystème national de la recherche), aussi bien que de l’économiste Philippe Aghion, s’inscrit dans une pratique complètement post-démocratique de notre société et accessoirement de l’enseignement supérieur et de la recherche.
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Mentionnons quelques points du premier aspect qui alertera sans doute aussi constitutionnalistes et politiques. Indifférent aux nombreuses structures d’échanges et de prospective qui existent dans le champ scientifique (tels le Conseil national de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, le Comité National de la Recherche Scientifique, l’Académie de Sciences, ou le Conseil économique et social et environnemental), et rien moins qu’aux compétences du Parlement, le propos présidentiel se veut autoréalisateur d’ici dix-huit mois. Il s’agit de modifier, voire même, pour aller plus vite, de détourner des cadres réglementaires et statutaires pour prétendre gagner la bataille de l’innovation, placée comme centrale dans l’exacerbation des tensions à la fois françaises et géostratégiques actuelles.
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Si on se focalise maintenant sur l’enseignement supérieur et la recherche, on relève, s’ajoutant aux dissimulations relevées plus haut (qui ne sont pas rien, quand on prétend faire un constat lucide), des biais multiples. D’abord on remarque des contre-vérités sur les chaires de professeur junior (CPJ) qui seraient « aujourd’hui beaucoup plus nombreuses et mieux environnées ». Créé par une loi de 2020, ce dispositif permet le recrutement précaire, sur quatre à six ans, de potentiels professeurs d’universités ou directeurs de recherche, mieux financés que leurs collègues maîtres de conférences (pour un travail analogue). Or, ces chaires ont une attractivité moindre que les postes statutaires et n’ont fait l’objet d’aucune évaluation pluraliste sérieuse.
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Autre point à souligner : rien n’est dit de la baisse conséquente en euros constants à la fois des budgets de l’enseignement supérieur et de la recherche (et simultanément du nombre d’enseignants-chercheurs en poste dans les établissements publics – 1 000 alors qu’il y a 250 000 étudiants de plus en dix ans). Bien sûr, les prouesses réalisées en particulier dans les universités pour d’une part accueillir et faire réussir, c’est-à-dire diplômer puis insérer des centaines de milliers de personnes chaque année, pour d’autre part mener de significatives recherches dans tous les champs disciplinaires, ne sont même pas évoquées. Seules compteraient donc les performances élitistes de quelques laboratoires, les récompenses internationales et la possibilité de convertir en cash des procédés technologiques ?
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Conception utilitariste de la recherche
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Déjà la loi de 2020 (loi de Programmation de la Recherche) traduisait cette orientation qui marginalise encore plus le secteur universitaire des lettres/arts/sciences humaines et sociales ; même additionné du droit, de l’économie et de la gestion, il ne bénéficie que de moins de 20 % de ces chaires de professeur junior.
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Si le président Emmanuel Macron utilise le mot « truc » autant que le mot « rupture » dans son discours, c’est un aveu involontaire : rien de neuf dans cette conception utilitariste et de court terme de la recherche, pas plus que dans le renoncement à l’ambition d’élever globalement le niveau des connaissances, mais un très dangereux pas de plus, en revanche, dans la déréglementation et la concurrence. De quoi tuer un système original qui, il est vrai, visait à rendre, en matière de recherche et d’enseignement supérieur, un service public. La vraie et efficace rupture serait de tirer les conséquences des constats partagés : abroger la loi LRU (en particulier faire retour de la gestion de la masse salariale à l’Etat employeur), réduire et recentrer le crédit impôt recherche, comme dé-bureaucratiser et rendre pluraliste le Haut Conseil de l’Evaluation de la Recherche et de l’Enseignement supérieur ainsi qu’augmenter significativement le budget.
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          BIO EXPRESS : Jean Fabbri est enseignant-chercheur en mathématiques, ancien secrétaire général du SNESUP-FSU lors du vote de la loi LRU, ancien doyen de la faculté des sciences et techniques de l’université de Tours.
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
&lt;/div&gt;</content:encoded>
      <pubDate>Tue, 02 Jan 2024 17:18:09 GMT</pubDate>
      <guid>https://www.snesup-tours.fr/trucs-rupture-et-dissimulations-apres-le-discours-de-macron-sur-la-recherche-decembre-2023</guid>
      <g-custom:tags type="string" />
    </item>
    <item>
      <title>La refonde de l'enseignement supérieur ne peut se faire par des initiatives isolées et privées</title>
      <link>https://www.snesup-tours.fr/la-refonde-de-l-enseignement-superieur-ne-peut-se-faire-par-des-initiatives-isolees-et-privees</link>
      <description />
      <content:encoded>&lt;h3&gt;&#xD;
  
         Publié dans la Newsletter du Monde de l'éducation le 27 juin 2023
        &#xD;
&lt;/h3&gt;&#xD;
&lt;div data-rss-type="text"&gt;&#xD;
  
         https://www.lemonde.fr/societe/article/2023/06/27/la-refonte-de-l-enseignement-superieur-nepeut-
         &#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          se-faire-par-des-initiatives-isolees-et-privees_6179354_3224.html
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          L’annonce récente de l’ouverture en septembre, à Paris, d’une filière privée d’enseignement
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          universitaire de type « arts libéraux » ne peut laisser silencieux celles et ceux qui travaillent
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          avec acharnement à accueillir et à faire réussir dans les établissements d’enseignement
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          supérieur public des centaines de milliers d’étudiants, tout en menant en parallèle de très
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          sérieux et fructueux programmes de recherche.
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          L’initiative de la philosophe Monique Canto-Sperber et de l’économiste Philippe Aghion de
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          lancer des formations privées de bachelor – pour débuter, disent-ils – en s’appuyant sur leur
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          réputation d’universitaires, leurs anciennes fonctions de dirigeants d’établissements
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          d’enseignement supérieur et de conseillers de ministres (fonctions dont ils utilisent
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          aujourd’hui les carnets d’adresses dans les milieux économiques et leurs relais politiques pour
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          collecter des fonds) peut apparaître comme une voie originale en France. Une sorte
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          d’innovation dans le paysage du postbac, largement inspirée des formations nord-américaines.
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          A l’évidence, l’accumulation des difficultés pour les jeunes bacheliers et leurs parents qui
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          peinent à se repérer dans le paysage du postbac français – devenu depuis quinze ans
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          extrêmement concurrentiel, de facto sélectif avec le rôle joué par le dispositif Parcoursup, et
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          qui semble peu en phase avec la récente réforme du lycée qui a supprimé les séries – ouvre un
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          créneau d’opportunité.
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Parcoursup : des lycéens empreints de regrets sur
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          leur choix de spécialités au bac
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Ajouter à vos sélections Ajouter à vos sélections
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Indépendamment de ces aspects, les évolutions contemporaines des enjeux de connaissance
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          sur l’intelligence artificielle, le climat, les énergies, le vivre-ensemble, comme sur les métiers
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          associés, appellent indéniablement des changements dans les cursus d’études, tant en matière
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          de contenu que dans leur organisation.
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Dévaluation de l’enseignement supérieur public
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Qui pour définir et porter ces adaptations de l’enseignement supérieur ? Le monde
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          universitaire public – universités et grandes écoles – est-il en capacité d’y contribuer ?
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Cours en ligne, cours du soir, ateliers : développez vos compétences
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Découvrir
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Dans la tradition de service public français, la réponse devrait être positive, et il tient au
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          pouvoir politique de donner, à cette fin, les moyens aux universités d’être à la hauteur de ces
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          défis. Mais ces moyens (budgets, personnels statutaires en nombre suffisant) leur sont
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          délibérément refusés depuis plus de vingt ans, conduisant tout à la fois aux difficultés
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          d’accueil (pas assez de places, pas assez de temps pour encadrer les étudiants en petits
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          groupes) et à des lourdeurs bureaucratiques et chronophages qui rendent stériles et freinent
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          toutes les évolutions.
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Un exemple concret : malgré un besoin évident de cursus de licence pluridisciplinaires
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          scientifiques pour accéder au métier de professeur des écoles, le ministère a régulièrement
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          refusé ces ouvertures, l’autonomie des universités n’étant qu’une fiction.
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Autonomie des universités : « Nos établissements
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          restent corsetés dans un ensemble de contraintes qui entravent leurs capacités d’action »
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Ajouter à vos sélections Ajouter à vos sélections
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          L’insuffisance des capacités d’accueil dans les universités, qui est la réalité du contexte
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          d’entrée dans le postbac, est telle que se multiplient les formations privées payantes, incluses
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          ou non dans le dispositif Parcoursup, aux contours nébuleux, tant en matière de contenu de
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          formation que de qualification des enseignants, et dans une quasi-absence de contrôle exercé
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          par la puissance publique.
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          On pourrait s’étonner que soit ainsi portée, délibérément hors du service public, l’initiative
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          brandie comme si originale de Monique Canto-Sperber et Philippe Aghion, très bien
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          introduits dans les cabinets ministériels, et depuis longtemps. Sauf à considérer que
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          l’opération s’inscrit comme une étape supplémentaire dans la dévaluation de l’enseignement
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          supérieur public largement engagée depuis vingt ans.
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Impact des logiques marchandes
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Plusieurs anciens ministres émargent désormais dans les « boards » de groupes privés
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          d’enseignement supérieur nationaux ou internationaux, tels que Martin Hirsch et Muriel
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Pénicaud, au sein du groupe privé Galileo. Le modèle international dominant – hautement
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          profitable – est, on le sait peu en Europe latine, la marchandisation à outrance du secteur de
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          l’enseignement supérieur. Les plus spectaculaires bouleversements ayant eu lieu au Chili et en
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Europe centrale depuis la chute du mur de Berlin.
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          L’endettement de générations d’étudiants, son poids dans le système bancaire sont des aspects
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          connus depuis les menaces sur la stabilité de certaines banques aux Etats-Unis, en passant par
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          les révoltes étudiantes au Chili, comme au Royaume-Uni, il y a moins de dix ans. Mais
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          l’impact de ces logiques marchandes sur les contenus de formation est peu documenté.
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Pourtant, quelques pistes d’analyse se dessinent.
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Prêts bancaires : « Les étudiants subissent les
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          contraintes de l’endettement tandis que les Etats plombent leurs finances publiques »
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Ajouter à vos sélections Ajouter à vos sélections
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Le constat le plus partagé est un reflux du nombre d’étudiants et, en moyenne, du niveau de
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          formation et d’exigence dans les disciplines académiques (lettres, histoire, mathématiques,
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          physique…), avec des impacts directs sur les capacités de recherche publiques et privées, par
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          exemple le renouvellement des enseignants des premier et second degrés.
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          On mesure aussi le développement de filières extrêmement appliquées autour de
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          l’informatique et de la biologie, pour lesquelles on peut rester interrogatif sur la pérennité des
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          qualifications obtenues. Mais dans ce nouveau cadre domine la croissance incontrôlée de
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          formations se présentant comme généralistes « de haut niveau », dont les plus emblématiques
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          sont celles de type Sciences Po, dont les débouchés sont objectivement faibles. Sauf à donner
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          l’illusion ou à avoir le dessein, une tendance que marque aussi le projet que nous évoquons
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          ici, de voir leurs diplômés occuper la quasi-totalité des fonctions d’encadrement publiques et
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          privées, mais sans aucune compétence singulière.
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Fonctionnement en mode « survie »
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Les besoins d’élargir et renouveler les formations sont réels, les universitaires ne manquent
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          pas d’idées, qu’il s’agisse des contenus ou des modalités d’enseignement à côté des formes
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          traditionnelles, mêlant travaux collectifs, activités « en mode projet », jeux de rôles. Rien
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          n’assigne l’enseignement supérieur public et les universitaires français et étrangers qui le font
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          vivre au conservatisme (qui n’en est pas la réalité, mais une caricature), sauf une asphyxie de
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          moyens qui se creuse année après année et qui incline à un fonctionnement en mode
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          « survie ».
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Oui, l’examen des évolutions dans les parcours d’études et post-études dans les dix dernières
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          années, des diplômés de moins de 35 ans en particulier, appelle de réels changements : près de
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          30 % de reconversions, souvent même avant de se stabiliser dans le moindre emploi ; une
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          prise de conscience accélérée des modifications de modes de vie liées au besoin de préserver
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          la planète, qui suppose déjà d’éviter de parcourir trois fois le monde en « mobilité
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          internationale »… Tout cela pousse à une profonde refonte de l’enseignement supérieur.
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Celle-ci ne peut se faire par des initiatives isolées. Elle appelle, au contraire, un très large
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          débat de société.
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Il convient d’alerter, pas seulement parce que cette démarche contribue injustement, une fois
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          de plus, à la dévaluation du service public universitaire auprès des jeunes et des parents, ni
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          même pour souligner le côté peu glorieux de cette entreprise, qui mord la main de qui l’a
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          nourri, mais parce qu’elle promeut un modèle déjà « has been » d’enseignement.
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Jean Fabbri est l’ancien directeur de la faculté des sciences et techniques de l’université de
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Tours (2012-2017) et l’ancien secrétaire général du Snesup-FSU (2005-2009).
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Jean Fabbri(enseignant-chercheur)
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
&lt;/div&gt;</content:encoded>
      <pubDate>Wed, 09 Aug 2023 12:37:33 GMT</pubDate>
      <guid>https://www.snesup-tours.fr/la-refonde-de-l-enseignement-superieur-ne-peut-se-faire-par-des-initiatives-isolees-et-privees</guid>
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      </media:content>
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        <media:description>main image</media:description>
      </media:content>
    </item>
    <item>
      <title>La vérité sur les Chaires de Professeur Junior</title>
      <link>https://www.snesup-tours.fr/la-verite-sur-les-chaires-de-professeur-junior</link>
      <description />
      <content:encoded>&lt;h3&gt;&#xD;
  
          Le silence du ministère et des établissements sur le simple bilan factuel de ces recrutements est édifiant.
        &#xD;
&lt;/h3&gt;&#xD;
&lt;div data-rss-type="text"&gt;&#xD;
  
         Les chaires de professeur junior  (CPJ) sont un dispositif présenté par le gouvernement Philippe en 2020 (avec F. Vidal au MESRI) dans le cadre de la loi LPR pour casser la logique du recrutement d’enseignants-chercheurs ou de chercheurs par la voie statutaire –en tant que Maitres de Conférences ou Chargés de Recherche. Sur un petit nombre de supports demandés par les établissements universitaires (voire d’organismes de recherche) et validés par le ministère sont ainsi recrutés pour une durée maximale théorique de 5 ans-et donc en CDD- des titulaires d’une thèse, de nationalité française ou non, susceptibles de produire une recherche thématisée dite d’excellence et de « gagner » directement au terme du contrat et après validation du CDD par une commission ad hoc, le statut de Professeur d’université ou de Directeur de Recherche. Ces chaires bénéficient de conditions de rémunération et de moyens budgétaires de travail scientifique bonifiés en comparaison des salaires et des conditions de travail des Maîtres de Conférences statutaires.
         &#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    &lt;b&gt;&#xD;
      
           Quelques chiffres 
          &#xD;
    &lt;/b&gt;&#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          A la date du 10 janvier 2023, le ministère avait autorisé 173  chaires sur les campagnes 2021, 2022 et 2023.
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    &lt;b&gt;&#xD;
      
           Quelques champs disciplinaires concentrent beaucoup plus que d’autres ces chaires
          &#xD;
    &lt;/b&gt;&#xD;
    
          : 
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          35 informatique/électronique, 26 biologie (au sens large), 11 économie, à comparer avec 5 chaires pour l’ensemble des lettres et langues. 
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Transparait ainsi la priorité de ce dispositif :  ajouter le mécanisme des chaires aux multiples passerelles entre le monde de la recherche publique et les sphères économiques et financières qui cumulent déjà, au titre du Crédit Impôt Recherche, des ANR et du plan de relance,  en particulier dans les secteurs économiques qui apparaissent ci-dessus, de considérables aides financières  de l’Etat.
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    &lt;b&gt;&#xD;
      
           Un difficile bilan des recrutements
          &#xD;
    &lt;/b&gt;&#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Toutes les chaires publiées jusqu’ici n’ont pas été pourvues. Les  fiches de poste aux exigences souvent  pluridisciplinaires délirantes  découragent à  bon droit et entrainent de facto un petit nombre de candidatures, parmi lesquelles le jury constitué (bien sûr de collègues internationaux de « premier ordre ») se refuse à choisir un. e  candidat.e  dont l’ « excellence » n’est pas encore avérée. Le silence du ministère et des établissements sur le simple bilan factuel de ces recrutements est édifiant. Ni l’âge moyen des candidats et des lauréats, ni la nationalité, ni leur situation précise au moment du recrutement n’ont été systématiquement récoltées (jeune docteur de l’établissement, post doc depuis N années dans l’établissement, collègue déjà statutaire mais souhaitant bénéficier de la manne financière disponible,…).  Ni France Université (ex CPU), ni les services statistiques du ministère n’ont publié d’enquête. Au plus tôt selon les services du MESRI, un aperçu des deux premières campagnes sera joint au bilan annuel des concours (annoncé pour juillet 2023).
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Les analyses syndicales confortées
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Dans toutes les instances nationales de concertation le dispositif  CPJ a été repoussé par le SNESUP et le SNCS (FSU), syndicats  les plus représentatifs des personnels  concernés  qui, de longue date, revendiquent des recrutements massifs au plus près de la thèse sur des emplois statutaires avec des aménagement de service  en début de carrière pour démarrer in situ des projets de recherche adaptés à l’environnement scientifique de l’établissement d’accueil. Contre ce dispositif des chaires toutes les organisations syndicales se sont montrées cohérentes et solidaires. Comme pour les « chaires mixtes » soutenues par V. Pecresse et N. Sarkozy en 2007, peu à peu abandonnées,  ce dispositif qui introduit une concurrence infondée entre  jeunes collègues est inadapté  régressif.  Il  constitue un effet d’aubaine pour certains laboratoires lancés comme beaucoup d’autres, et sans scrupules, à la recherche de fonds et de renforts scientifiques.  Dans son mécanisme il faut relever la considérable régression qu’il constitue,  puisqu’au contraire des recrutements  « ordinaires » de MC ou de CR, ceux  qui concernent les chaires sont effectués exclusivement par des PU et des DR. Cela affaiblit non seulement la forme spécifique de démocratie universitaire qu’est la collégialité,  mais diminue la dynamique globale qui relève des missions communes des enseignants-chercheurs et des chercheurs.  Le « modèle mandarinal » qui reste celui en vigueur  dans le monde hospitalo-universitaire fait par ce biais un retour en force inédit depuis 1968 dans l’ensemble du monde académique. Les  CPJ  sont  bien  emblématiques de la conception libérale de la Recherche que portent depuis des années les gouvernements…et la bataille pour  y faire échec est bien essentielle.
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
&lt;/div&gt;</content:encoded>
      <pubDate>Sun, 23 Apr 2023 16:52:40 GMT</pubDate>
      <guid>https://www.snesup-tours.fr/la-verite-sur-les-chaires-de-professeur-junior</guid>
      <g-custom:tags type="string" />
    </item>
    <item>
      <title>Sophie Binet  bien connue du SNESUP élue à la direction de la CGT</title>
      <link>https://www.snesup-tours.fr/sophie-binet-bien-connue-du-snesup-elue-a-la-direction-de-la-cgt</link>
      <description />
      <content:encoded>&lt;h3&gt;&#xD;
  
         Témoignage : de la Victoire contre le CPE au syndicalisme de notre temps
        &#xD;
&lt;/h3&gt;&#xD;
&lt;div data-rss-type="text"&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Parmi des dizaines d’autres documents et témoignages, le compte rendu  du Congrès  SNESUP de Dunkerque  (2006) fait dans le mensuel du SNESUP qui venait d’inaugurer sa nouvelle formule,
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    &lt;a href="https://www.snesup.fr/sites/default/files/asset/Actes-du-Congres-Dunkerque-2006.PDF" target="_blank"&gt;&#xD;
      
           https://www.snesup.fr/sites/default/files/asset/Actes-du-Congres-Dunkerque-2006.PDF
          &#xD;
    &lt;/a&gt;&#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          montre, comme aujourd’hui les luttes pour les retraites, la capacité de gagner d’un mouvement social   clair, déterminé et unitaire. « Victoire contre le CPE » telle était la banderole couvrant la tribune.  A cette date
          &#xD;
    &lt;b&gt;&#xD;
      
           Sophie Binet représentait l’UNEF,
          &#xD;
    &lt;/b&gt;&#xD;
    
          comme membre de son bureau national. Elle en deviendra par la suite vice-présidente, associée aux directions de B. Julliard puis de J.-B. Prévost, et toujours au premier plan de la construction de convergences fortes avec des partenaires. En ces années  2005-2010 d’un syndicalisme étudiant rassemblé et d’une forte présence conjointe de l’UNEF et  du SNESUP dans un grand nombre d’universités, c’est d’abord de ces deux organisations, largement en phase  pour lutter pour la démocratisation de l’enseignement supérieur, l’égalité des chances, l’augmentation des budgets  et des emplois  statutaires que sont venues les initiatives rassembleuses. Le CNESER où Sophie Binet a siégé aussi comme étudiante, a été exemplaire des motions co-écrites entre l’UNEF et le SNESUP, ralliant ensuite un front plus large d’organisations : CGT souvent, FO tantôt, FAGE et SGEN parfois…
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Enseignant-chercheur à Tours, et en même temps secrétaire général du SNESUP de 2005 à 2009, j’ai donc partagé avec  Sophie Binet des réunions, des manifestations, des congrès, des  délégations auprès de parlementaires, des phases de négociations  aussi dans les résistances à la loi LRU poussée  dès juin 2007 par N. Sarkozy et V. Pécresse.  Qu’étudiants et personnels -en toute indépendance  les uns et les autres- ne partagent pas les mêmes options sur l’évolution de l’enseignement supérieur   pouvait et peut  se concevoir, et les manœuvres du pouvoir (et de nombreux exécutifs régionaux) n’ont pas manqué, mais  UNEF et SNESUP ont réussi à maintenir leur opposition  solidaire jusqu’à l’automne 2007. Ce fort enracinement conjoint dans les luttes pour défendre l’universalité de l’enseignement supérieur et de la recherche publiques a joué ensuite un rôle de tremplin et d’accélérateur dans la bataille  de 2009 menée par les universitaires pour maintenir les garanties statutaires des enseignants-chercheurs.
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Evoquer la personnalité de Sophie Binet et cette période rend optimiste, même des années plus tard, après son élection à la direction de la CGT.
          &#xD;
    &lt;b&gt;&#xD;
      
           Les enjeux et perspectives  de construction d’un syndicalisme renouvelé, fort et rassemblé, qui s’élaborent en ce moment dans la formidable bataille pour défendre le droit à la retraite, et qui traversent en particulier le SNESUP, la FSU et la CGT apparaissent   à portée de nous.
          &#xD;
    &lt;/b&gt;&#xD;
    
          Le syndicalisme du XXI siècle a de l’avenir et  ajoutera d’autres victoires après celle du CPE.
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Jean fabbri
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
&lt;/div&gt;</content:encoded>
      <pubDate>Sun, 23 Apr 2023 16:52:38 GMT</pubDate>
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      </media:content>
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        <media:description>main image</media:description>
      </media:content>
    </item>
    <item>
      <title>Une génération d'universitaires sacrifiée</title>
      <link>https://www.snesup-tours.fr/une-generation-d-universitaires-sacrifiee</link>
      <description />
      <content:encoded>&lt;h3&gt;&#xD;
  
         Le dispositif dit de « repyramidage », annoncé comme une mesure en faveur des universitaires Maîtres de Conférences se révèle un piège tant pour l'institution que pour la grande majorité des personnels. L'université - pour ses étudiants, pour ses personnels - afin d'exercer pleinement ses missions doit bénéficier d'un plan d'urgence.
        &#xD;
&lt;/h3&gt;&#xD;
&lt;div data-rss-type="text"&gt;&#xD;
  
         Partout désormais dans les établissements d'enseignement supérieur, sont désormais connus les résultats des deux premières campagnes de « repyramidage », c'est à dire du dispositif conçu par le gouvernement comme temporaire (sur 4 ans) pour corriger des déséquilibres entre Maitres de Conférences (MC) et Professeurs d'Université (PU) - mieux payés - au sein des laboratoires et départements d'enseignement. Il y a bien peu de « lauréats », c'est-à-dire de passages MC-&amp;gt;PU, et beaucoup beaucoup d'insatisfactions.
         &#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Le nombre d’emplois d’enseignants-chercheurs ayant été notablement réduit depuis 10 ans, l’âge moyen de recrutement MC dépasse les 35 ans et celui de PU plutôt 47 avec des grandes disparités selon les disciplines. L’objectif affiché par les gouvernements d’un ratio 40% PU, 60% MC loin pourtant des aspirations des personnels concernés est resté lettre morte. Ce sont donc beaucoup de quinquagénaires universitaires qui ont des carrières tronquées. Le dispositif « repyramidage »  était affiché comme un correctif… et un troc avec certains syndicats (SGEN et UNSA) pour faire accepter la Loi de Programmation de la Recherche (LPR) et sa logique d’amplification des déséquilibres dans les statuts et les financements des établissements d’enseignement supérieur.
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Lié à la LPR adoptée sous la précédente législature, ce repyramidage se révèle (*) un terrible piège et désespère les collègues encore plus que le très petit nombre de postes de PU accessibles depuis 10 ans.
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          L'université va tellement mal, la charge de travail en enseignements comme en dispositifs d'accompagnement des étudiants (pédagogiques et administratifs) si lourde, la tension si vive en matière de recherche, que le besoin de reconnaissance des enseignants-chercheurs est considérable tant sur le plan salarial que symbolique. D'autant que s'est un peu artificiellement construite dans les têtes une hiérarchisation terrifiante entre les deux corps MC et PU qui, au principe, solidarisent les enseignants-chercheurs sur les mêmes missions.
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          À côté de quelques collègues – dont les demandes de promotion ne sont pas en cause – qui ont obtenu satisfaction, ce sont dans chaque établissement (université, Ecole…) des dizaines de collègues, et en France des milliers, qui se voient écarté·es … et, le plus souvent, par leur voisin de bureau. Le dispositif du ministère, cohérent avec les « appels à manifestation d’intérêt pour des projets » dont dépendent les financements des activités de recherche, semble atteindre son objectif : faire de chacun·e le concurrent de tous ses collègues de la même discipline dans une logique managériale qui s'oppose aux besoins de coopérations et d'échanges qui sont au principe des avancées scientifiques. Au niveau national, ce dispositif ne peut au mieux que donner satisfaction (au bout des 4 ans) à moins de 15% des collègues MC titulaires de l'Habilitation à Diriger les Recherche (HDR)- certains d’entre aux depuis plusieurs  dizaines années et « qualifiés » aux fonctions de professeur depuis très longtemps. C'est donc bien un leurre… et pas du tout la bonne méthode pour corriger les retards de carrière. En effet, les missions d'enseignement et de recherche portent de manière indissociable des dimensions collectives et individuelles qui s'imbriquent dans les démarches de chacun·e : le service public universitaire doit être en mesure de conforter cet engagement en offrant des carrières attractives.
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Ce n'est pas la voie choisie par le gouvernement : entre repyramidage et imposition d’un système de « primes » (le RIPEC (**), c'est en plus  à un considérable « travail » chronophage d'examen de candidatures, de dossiers, d'auditions qu'il a contraint les universitaires membres des sections du Conseil National des Universités, des Conseils Académiques des établissements… pour un effet marginal puisque ne seront concernés au mieux que moins de 4% des enseignants-chercheurs pour l’aspect « repyramidage ».
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Le sous-investissement délibéré-organisé par les gouvernements successifs (qui par ailleurs ont abondé le Crédit Impôt Recherche devenu une niche fiscale pour les grandes entreprises jusqu’à 7 milliards d’euros par an) - en emplois statutaires indispensables pour accomplir les missions de l'université (+30% de charge de travail et -10% de personnels en 10 ans !!), réclame  au moins deux (***) dispositifs d'urgence. L'un pour CRÉER de nouveaux emplois dans toutes les catégories de personnel, donc y compris significativement des postes de Professeurs d'Université ; l'autre pour opérer les RATTRAPAGES de carrières pour les milliers de collègues écartés des promotions par l'indigence des moyens des universités.
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Avec tous les collègues, dont certain·es – et nous le comprenons – ont vécu cette campagne de repyramidage comme une humiliation et sont près de baisser les bras, il convient de faire entendre enfin au gouvernement le besoin de  revalorisation globale de ces métiers tant sur le plan des perspectives de carrières, de salaires, comme de reconnaissance égale et effective  des contributions à la recherche et à l'enseignement des PU comme des MC. Cette affaire va bien au-delà des universitaires, il s’agit rien de moins que de la qualité de l’enseignement et de la recherche dans le pays.
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Jean Fabbri
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Enseignant-Chercheur, secrétaire général du SNESUP (2005-2009), ancien doyen de la faculté des sciences et techniques de l’université de Tours
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          ---
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          (*) certains et quelques organisations syndicales dont le SNESUP avaient critiqué l’insuffisance tant du volume des emplois ouverts à la promotion que des modalités d’accès ; modalités sur lesquelles le ministère est resté sourd aux critiques.
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          (**) RIPEC = Régime Indemnitaire des Personnels Enseignants-Chercheurs
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          (***) Nous n’abordons pas ici les indispensables besoins en matière de conditions de vie étudiante, de locaux, de santé universitaire,…qui réclament aussi un véritable plan d'urgence
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
&lt;/div&gt;</content:encoded>
      <pubDate>Mon, 02 Jan 2023 17:25:31 GMT</pubDate>
      <author>183:820702345 (Jean Fabbri)</author>
      <guid>https://www.snesup-tours.fr/une-generation-d-universitaires-sacrifiee</guid>
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      </media:content>
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      </media:content>
    </item>
    <item>
      <title>Sur les réseaux sociaux - universitaires : colères, activisme...syndicalisme?</title>
      <link>https://www.snesup-tours.fr/sur-les-reseaux-sociaux-universitaires-coleres-activisme-syndicalisme</link>
      <description />
      <content:encoded>&lt;h3&gt;&#xD;
  
         Quelques réflexions : actions individuelles, collectifs, syndicats -comment faire bouger le monde universitaire?
        &#xD;
&lt;/h3&gt;&#xD;
&lt;div data-rss-type="text"&gt;&#xD;
  
         Après lecture d'un billet de rogueEsr publié sous le titre "Décevoir l'attendu" et rediffusé par Joël Pothier, en avril 2022,  je posais quelques questions (voir ci-dessous) qui restent aujourd'hui, veille de 1er mai,. ..comme en suspension.
         &#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Revenons-y, cette fois  sous un titre plus explicite!
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Colères légitimes des universitaires, analyses lucides, activisme  de quelques un.e.s pour vivifier colères et analyses et entrainer à l'action - y compris ce premier mai dans les cortèges initiés par les organisations syndicales-  et après?
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Je le disais : l'escamotage de la question syndicale n'est plus tenable.
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Pourtant, billets après billets, rogueEes -après d'autres collectifs auparavant depuis 20 ans- élude délibérément cette interrogation, y compris paradoxalement hier 29 avril en invitant (et il faut s'en réjouir) à ce temps fort international du mouvement ouvrier qu'est le 1er mai (auquel quels que soient les champs professionnels les organisations syndicales et/ou confédérations, se rattachent au moins sur le plan historique).
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Dans ce qui s'apparente à une volonté de s'éloigner d'une "forme" syndicale, à défaut d'arguments qui viendraient d'un discours de  science politique, sont évoqués plusieurs éléments qui  méritent  l'analyse :
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          1) l'inefficacité des syndicats. Dans le milieu de l'enseignement supérieur et de la recherche (J. Pothier l'évoque dans un message récent) est mis en avant ce que beaucoup appellent l'échec du mouvement universitaire de 2009 . Ce moment fort de luttes intenses (manifestations locales et nationales au cours d'une longue période de grève) avait de nombreux enjeux à la fois successifs et simultanés : la contestation globale de la loi LRU (après le premier temps des actions de 2007), le refus de l'alourdissement des services d'enseignement  des enseignants-chercheurs appelé "modulation", dispositif inclus dans la révision du décret statutaire; et la "réforme" de la formation des enseignants et des concours. Tant sur le plan du cadre législatif universitaire que de la formation des enseignants, la très importante mobilisation des collègues, additionnée selon les moments de celle des étudiant.e.s et/ou de celle des collègues du premier et du second degré, n'a pas produit d'effet majeur  sur le long terme et tout au plus infléchi ou retardé certaines dispositions annoncées par le gouvernement. Il en est tout autrement de la "modulation des services", certes le décret a été modifié, mais  nulle part depuis près de 15 ans, un.e collègue titulaire ne fait plus de 192h eqtd, sans être payé en HC. Ce n'est pas rien! Ni pour tous les collègues, ni pour nos revendications visant aux indispensables créations d'emploi. Parler d'échec est donc à la fois simplificateur...et démobilisateur. Il ne s'agit pas d'enjoliver les dynamiques d'actions collectives et leurs résultats mais de porter l'exigence de lucidité critique sur le proche passé et sur la construction de mobilisations à venir.  A défaut, après de pertinentes analyses, l'appel à l'action, même au renouvellement des formes d'actions, apparait comme incantatoire. Dans le moment revendicatif de 2009, où trouver  la disqualification du syndicalisme (par essence) ou de tous les  syndicats? Encore une fois, l'examen des faits tant dans les mobilisations locales, que dans la circulation des informations visant à fédérer celles-ci et à construire le rapport de forces avec le pouvoir montre le rôle du SNESUP. On ne peut en dire autant du SGEN bien sûr, ni d'autres organisations ou collectifs aux implantations plus ténues.
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          2) activisme ou militantisme. Le premier de ces mots est redevenu très valorisé en particulier dans le domaine des luttes féministes comme dans celui des luttes pour préserver la planète. Le second porte en lui une rigidité toute militaire qu'il convient à juste titre de bannir de toutes les formes de rassemblements utiles pour construire du "mieux vivre et travailler ensemble" et en particulier des pratiques syndicales. Au delà des mots, il ne s'agit pas que d'une posture d'engagement individuel pour des causes collectives comme le sont celles qui préoccupent un grand nombre d'universitaires. De quoi avons nous besoin pour fédérer autour de nos revendications et les voir aboutir? La relecture du programme d'interventions de la rubrique "Que faire" dans le billet de Rogueesr évoqué plus haut, présuppose un dispositif co-élaboré, construit à l'échelle de toutes les universités selon un calendrier convergeant ...et en liaison avec des délibérations d'instances universitaires locales. Qui co-élabore et qui peut mener à bien ce vaste programme?
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          La première question soulève celle de la démocratie et de la transparence qui n'est pas facilement compatible avec l'usage d'un pseudonyme collectif. La seconde suppose une capacité d'exposer avec légitimité aux collègues, à la presse et  au pouvoir des revendications et de négocier tant localement (sur ce qui relève du local) qu'avec le gouvernement. C'est ce qu'est une  organisation syndicale!  N'ajoutons ni discrédit, ni une organisation supplémentaire, à celles, déjà bien trop nombreuses sur des analyses et des objectifs proches. Travaillons dans  une logique unitaire : ne nous épuisons pas à nous diviser.
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Colères, activisme...et syndicalisme... explicite et hautement indispensable après les résultats de l'extrême-droite le 10 avril et l'élection de Macron le 24.
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          A suivre en de sincères et constructifs débats...
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          jean fabbri
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          _____________
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Alors, que faire?
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          S'inspirer d'intellectuels lucides pour adopter aujourd'hui la même exigence -tant individuelle que collective - est une nécessité. 
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Nous avons pour beaucoup en commun les mêmes analyses radicalement critiques du monde  économique et de la société (dont le monde universitaire) façonnée aux intérêts financiers. Pourquoi alors arrêter la lucidité dès qu'il s'agit d'examiner le corps social universitaire (complexe, traversé de tensions et marqué par la précarité) que nous formons,  et ignorer les ferments de résistances collectives qui sont là?
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Après SLR, SLU, Sciences en Marche, le collectif Jean-Pierre Vernant, ...et j'en oublie, l'escamotage de la question syndicale est une constante qui interroge. Cet "oubli", cet "impensé" n'est plus tenable.
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Tant sur le plan intellectuel que sur le plan pratique. Confrontons nous collectivement à cette exigence avec la lucidité affichée par ailleurs.
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Posons la question franchement : ces organisations de luttes  et de solidarités  fondées sur le rapport au travail (conditions de travail, droits sociaux, salaires,...) sont elles obsolètes?  Autour de nous, en France comme à l'étranger, les paysages syndicaux sont très différents, peut-on ignorer les batailles  pour l'emploi, pour les salaires et le pouvoir d'achat menées dans nombre d'entreprises, les luttes contre l'uberisation, ...avec les syndicats...même les batailles pour avoir droit de se syndiquer (Amazon aux USA) !!
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          N'hésitons à pas à la critique des modes d'organisation, de fonctionnement, ...cherchons à fédérer, à surmonter les divisions syndicales lorsqu'elles sont seulement des questions d'appareil.
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Il y a un avenir pour un syndicalisme universitaire repensé, égalitaire donc  nous aidant à dépasser une logique mandarinale sclérosante qui ajoute indéniablement aux difficultés ...mais agir pour ce dépassement est aussi un puissant stimulateur!!
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          À suivre
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
&lt;/div&gt;</content:encoded>
      <pubDate>Tue, 02 Aug 2022 10:41:52 GMT</pubDate>
      <author>183:820702345 (Jean Fabbri)</author>
      <guid>https://www.snesup-tours.fr/sur-les-reseaux-sociaux-universitaires-coleres-activisme-syndicalisme</guid>
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    </item>
    <item>
      <title>15 ans après sa loi, toujours la logique de V. Pécresse pour les universités?</title>
      <link>https://www.snesup-tours.fr/15-ans-apres-sa-loi-toujours-la-logique-de-v-pecresse-pour-les-universites</link>
      <description />
      <content:encoded>&lt;h3&gt;&#xD;
  
         Les questions d’enseignement supérieur et de recherche reparaissent (un peu) dans le débat public à l’occasion des élections présidentielles, tant chez celle qui est devenue la candidate LR que dans les propos du président sortant.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
          Je reviens ici sur la loi initiale - la  LRU - et ses conséquences, ainsi que sur les dispositifs qui l’ont prolongée (lois Fioraso de 2013 et Vidal de 2020) ;  leur bilan et une alternative.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
&lt;/h3&gt;&#xD;
&lt;div data-rss-type="text"&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  
         C’est à Valérie Pécresse, nommée dans le premier gouvernement  de F.Fillon, au lendemain de l’élection du président N.Sarkozy en 2007, qu’incomba la mise en forme puis le vote de la loi « Libertés et Responsabilités des Universités » (LRU). Première loi de ce quinquennat, il s’agissait  de tourner la page des héritages de lois E. Faure (1968) et A. Savary  (1984)   dans lesquelles  l’organisation universitaire s’inscrivait dans une logique de  service public à cohérence nationale en écho aux temps forts sociaux et politiques que furent mai 68 et mai 81. Ce fut une rupture.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Les  questions d’enseignement supérieur, de recherche, d’indépendance et de souveraineté reviennent  (un peu) dans le débat public à l’occasion de la prochaine élection présidentielle tant par celle qui est devenue la candidate LR que par les propos du président sortant le 13 janvier dernier. Examinons, au regard des orientations et de la méthode, les traits  majeurs de cette loi et de ses conséquences (budgets, crédit  impôt recherche, décret statutaire des enseignants chercheurs),  comme la cascade de dispositifs prolongeant cette impulsion initiale (lois Fioraso de 2013 et  Vidal  de 2020) ; puis tentons un bilan   au regard des besoins nationaux  ainsi que des comparaisons internationales.  
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         En juin 2007 la feuille de route transmise à V. Pécresse veut exploiter les ambiguïtés des dispositions adoptées à la fin du second mandat de J. Chirac en 2005, à la suite du mouvement  revendicatif « sauvons la recherche » qui protestait contre les diminutions d’emplois dans le secteur de la Recherche publique.  Il s’agira de pousser à l’extrême la logique liée à la création (sur un modèle importé des USA) de l’Agence Nationale de la Recherche. Celle-ci privilégie des recherches  qui s’organisent en réponse à des « appels à projets » élaborés de manière plus ou moins opaque par divers financeurs potentiels de la recherche, au détriment d’une logique de financement récurrent laquelle laisse une large initiative scientifique et une temporalité plus ample aux chercheurs, enseignants-chercheurs et aux laboratoires qui  structurent les communautés scientifiques. Ajoutés à la croissance continue du nombre d’étudiants, deux arguments idéologiques sont mobilisés par le gouvernement en 2007: un populisme trivial qu’instrumente N. Sarkozy avec le thème  rebattu  de chercheurs qui cherchent mais trouvent peu et  le libéralisme inspiré du modèle américain individualiste et concurrentiel. S’appuyant sur une vision très fragmentaire des universités américaines  réduite aux plus prestigieuses  et à l’opportun « classement de Shanghai », V. Pécresse a fait croire- à qui le voulait bien- que d’une autonomie administrative accordée aux établissements d’enseignement supérieur, découlerait inévitablement abondance de financements et rayonnement pour ceux qui le méritent. Des fondations  disait-elle collectant, auprès de donateurs privés et d’entreprises, des millions d’euros étant désormais susceptibles de faire ruisseler l’argent vers les meilleurs.
          &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Conjugaison du libéralisme et du populisme, la terminologie vantant l’excellence s’est emballée, les  appels à candidatures pour : laboratoires  d’excellence (Labex), initiatives d’excellence (Idex), équipements d’excellence (Equipex), chaires d’excellence,…  ont ainsi rythmé les années  de V. Pécresse au ministère. Résultat : quelques bénéficiaires et surtout  beaucoup de chercheurs et d’enseignants-chercheurs épuisés et niés dans leur travail, car la recherche n’avance ni à un rythme uniforme ni par sauts spectaculaires. On le sait trop peu (même si aujourd’hui la crise sanitaire de la Covid a fait évoluer les mentalités) : le travail collaboratif  souvent lent de confrontation/vérification/publication est un maillon essentiel des avancées scientifiques. C’est une donnée universelle que ce ministère ne peut ignorer…mais dont une ministre qui vise plus à communiquer avec l’opinion publique qu’à prendre en compte les difficultés des étudiants et des personnels peut se passer. On trouve là une constante que V. Pécresse érige en principe politique. Ainsi malgré  le constat  alarmant  de 2004 (Etats Généraux de la Recherche à Grenoble) partagé par tout l’échiquier politique  qui a exhorté à une relance de l’investissement en budgets et en emplois pour l’enseignement supérieur et la recherche, elle présente les universitaires qui-cohérents avec les préconisations de Grenoble- s’opposent au projet  de loi LRU sous la forme d’une caricature facile : ils seraient le « statu quo », elle est « la réforme » !
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Dans le même registre manipulateur, en étroite relation avec C. Guéant alors secrétaire général de l’Elysée, elle chercha à diluer, dans les rares phases de rencontres associées  aux manifestations et aux grèves qui s’opposaient à son projet de loi,  la représentation fidèle et lucide du monde universitaire issue des scrutins professionnels (ceux-ci accordaient  au syndicat SNESUP-FSU une audience  de plus de 40%, largement la  plus importante) au milieu d’une avalanche d’associations et d’organisations –une cinquantaine-  les plus fantaisistes.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Prolongeant la campagne électorale de N. Sarkozy, inscrite dans une logique d’hyper-présidentialisation, la loi LRU qu’elle met sur orbite  en juillet 2007  cherche à installer une « gouvernance  forte » des universités incarnée par un président-manager. L’avant-projet de loi ira même jusqu’à favoriser le recrutement des présidents d’université parmi celles et ceux qu’elle connaît le mieux : les énarques. Cette mesure sera combattue par la majorité des universitaires puis abandonnée comme  d’autres, sur lesquelles elle manœuvra en recul.
          &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Le même scenario se répéta en 2009, quand la révision -à son initiative- du décret statutaire régissant les conditions de recrutement, de carrière et de travail des enseignants-chercheurs, apparut  avant tout comme un dispositif visant à augmenter (pour faire face à moindre coût au nombre d’étudiants) les obligations de service d’enseignement de certains d’entre eux selon des règles opaques. Rejeté par la grève et des manifestations inédites  chez ces personnels, un nouveau décret fut publié  en force  mais la mesure phare de « modulation  de service » n’entra jamais en vigueur…et la ministre fut exfiltrée de son ministère vers celui du Budget.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         15 ans plus tard, on peut mesurer les effets. S’inscrivant certes dans une séquence plus longue, commencée à la fin des « 30 Glorieuses », qui avait vu la massification de l’enseignement supérieur, le début de la  désindustrialisation, des logiques de concentration –synonymes d’économie d’échelle et de désengagement -  y compris dans le monde des laboratoires privés de recherche, la loi LRU a bien marqué une rupture dans la conception française d’un  homogène service public universitaire et de recherche de haut niveau. Le cadre national des diplômes s’efface au profit des labels des établissements qui les délivrent, la concurrence s’exacerbe tant pour l’accès aux formations que pour le financement des formations et des recherches. Les dispositions législatives ultérieures de 2013, 2018 et  2020 (les lois ORE et LPR) ont accentué ces traits essentiels comme la continuité de l’insuffisance budgétaire : fragilisation de l’entrée dans le post-bac pour l’immense majorité des bacheliers, recul du nombre de thèses, diminution du nombre de personnels statutaires. A ces aspects quantifiables s’ajoutent des régressions plus insidieuses : collégialité –pourtant si essentielle aux débats scientifiques et au pluralisme des recherches- démantelée au profit d’une logique managériale totalement inadaptée aux enjeux multiples et pluridisciplinaires au cœur de la vie universitaire. Amplifier ces mécanismes parait l’objectif d’E. Macron pour les cinq ans à venir, c’est ce qui ressort de  son bilan et de ses déclarations du 13 janvier : aiguillages renforcés pour exclure nombre d’étudiants des poursuites d’études et de réorientation, concentration de l’effort budgétaire de l’Etat sur un  très petit nombre d’établissements et de thématiques créant de facto des universités de seconde zone, mise en avant du prix coutant des études dans une logique de financement par les étudiants. Sur ces questions la convergence Macron-Pécresse est totale et on peut dire sans forcer le trait que l’actuelle ministre F.Vidal (ou un.e autre à la suite) avec  E. Macron n’est  et ne sera qu’un clone de V. Pécresse.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Sans surprise, avec les spécificités universitaires, cela traduit la crise de  nombreux services publics (santé, justice, éducation,…) : budgets insuffisants,  statuts rognés, bureaucratisation et logiques managériales   qui prévalent désormais en termes de missions comme  en matière de gestion des personnels avec une tendance lourde à la précarisation  (près de 40% de non titulaires dans le supérieur).
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Les comparaisons internationales ont elles donné raison à V. Pécresse  et à ses successeurs? D’évidence le seul « classement de Shanghai » (encore évoqué par E. Macron le 13 janvier) où  certaines universités françaises fusionnées entre elles ont bien sûr gagné quelques places ne suffit pas ! Côté financement  de la Recherche l’augmentation considérable du Crédit Impôt Recherche  (CIR) atteignant désormais plus de 7 milliards d’euros par an fondé sur une déclaration des entreprises (matériels nouveaux, niveau de diplomation des salarié.e.s)   laisse sceptiques  en terme d’efficacité même les plus modérés des parlementaires. La logique de l’applicabilité de la recherche menée dans les universités et les laboratoires publics de recherche,  qui viserait à « booster » ce qui est appelé  innovation  vers les entreprises,  n’a pas fait  non plus la preuve de son efficacité. Au contraire on décèle même un triple aspect négatif : le plus évident est de désengagement des firmes privées d’une part conséquente de leurs activités propres de recherche, le secteur de la pharmacie est sur ce plan édifiant 70% des effectifs « recherche » de Sanofi ont disparu, par ailleurs les  appels à projets  dits structurants – big data, hydrogène, santé par exemple- sont avant tout des dispositifs d’aubaine pour des entreprises auxquels une flopée de microsociétés satellites conseillent et vendent des montages et des organigrammes associant structures publiques et privées, collectivités territoriales et fonds d’investissements…sans qu’une grande réalité scientifique n’étaye toujours l’affaire. On est ni très loin des « avions renifleurs » ni des « quotas carbone ». Dans cette politique, et ce n’est pas le moindre des effets, les sciences humaines et sociales, sont plus encore négligées quand elles ne sont pas  instrumentalisées ou méprisées.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Pourtant dans tous les champs d’études  la production de nouvelles connaissances s’étend sur tous les continents; partout l’accès à ces connaissances est une aspiration des sociétés civiles. C’est une condition largement perçue comme nécessaire, pour  faire face aux défis d’une civilisation mondialisée. Les bonds en avant de l’enseignement supérieur et de la recherche se multiplient sur la planète même s’ils s’inscrivent dans des logiques économiques et idéologiques variées. Impossible d’ignorer sur ce point la question des brevets, ni celle du débauchage de scientifiques de haut niveau côté recherche ; ni, côté université,  d’ignorer les enjeux de démocratisation, le coût réel des études, la sincérité des diplômes comme la reconnaissance objective de ceux-ci (en particulier pour supplanter les logiques de réseaux dans l’accès à l’emploi qualifié et/ou rémunérateur).
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         La révolte en 2018 des étudiants au Chili- pointe avancée du libéralisme universitaire sous le régime Pinochet et à sa suite- a été l’un des détonateurs d’un mouvement social d’ampleur et le ferment  de la reconstruction des forces progressistes, preuve, s’il en est besoin, que  les questions universitaires ne se traitent ni en vase clos ni sans incidence sur la société toute entière ! A l’heure bien sonnée du réchauffement climatique causé par des pratiques humaines irresponsables est-il toujours d’actualité de voir la science et les formations universitaires sous le seul aspect d’un marché mondial ? Faut-il multiplier les flux d’étudiants sur les lignes aériennes internationales ? Peut-on vraiment envisager comme E. Macron faire venir  500 000 étudiants  (avant tout  solvables dit-il) pour équilibrer le budget des universités françaises, sans  pour  autant pour ceux-ci, dans bien des cas, obtenir ni un réel différentiel de  contenu de formation ni un accès significatif à la  langue et à la culture française?
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         En matière de conditions d’études et de recherche, même avant la crise de la COVID 19, ni la contribution de l’Etat, ni les efforts spécifiques des universités financièrement exsangues, n’étaient à la hauteur des besoins. Le vécu des étudiants et des personnels durant ces deux années a par contre prouvé le caractère indispensable d’un changement d’ordre de grandeur dans le soutien matériel aux étudiants (résidences universitaires, bourses conséquentes,…) comme d’une pédagogie vivante fondée sur des échanges dans les salles de cours, les amphithéâtres, sur la pratique de travaux  encadrés et l’illusion des avatars numériques et « distanciels ».
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         L’architecture et  le financement  du monde universitaire français redessinés par la loi LRU n’ont pas répondu aux  besoins réels de notre société.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Ce constat invite à trouver d’autres voies pour redresser le secteur de l’enseignement supérieur et de la recherche. Osons-en quelques-unes.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         •    Supprimer le CIR (gain 7,2 milliards!), pour une réorientation massive vers les universités et de l'élaboration d'un véritable dispositif de soutien public  à l'emploi scientifique de haut niveau
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         •    Intégrer budgétairement tout le post bac et toute la recherche publique au sein d'un même ministère (y compris BTS, CPGE -du côté de l'enseignement- et les crédits "recherche" des ministères techniques). Elaborer un nouvel outil de répartition des moyens de l’Etat aux établissements puisque le dernier en date  a été abandonné au profit de pseudo négociations entre le ministère et  les exécutifs des établissements. Rendre à l’Etat sa responsabilité et revenir à une gestion nationale des personnels en sortant la masse salariale des budgets des établissements.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         •    Ouvrir des milliers de place en licence et en master en faisant l'économie des mesures de sélection (qui outre leur dimension discriminatoire, sont très  bureaucratiques, couteuses en temps, en personnels, en stress pour les jeunes et leurs familles).
          &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         •    Revoir tous les dispositifs d'échanges internationaux (formation et recherche) en y ajoutant l'angle de la protection de la planète  (sur ce point la même rigueur doit s'appliquer aux séminaires organisés  à l’étranger par les  entreprises).
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         •    Améliorer  les bourses d’études et tous les aspects de l'emploi  et des rémunérations pour toutes les catégories de personnel (volumes de recrutement, tarif des heures complémentaires,...) en donnant à nouveau sens à la collégialité et au principe de subsidiarité
          &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         •    Supprimer les  superstructures de normalisation (HCERES, ANR) en revitalisant le rôle d'instances élues au périmètre d’action clair  en y associant la représentation nationale ; restaurer la plénitude des libertés académiques.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Il est temps pour la France de solder l’impasse de la loi LRU – encore plus de déjouer les pièges d’une fuite en avant essentiellement européenne et technocratique   telle qu’envisagée du côté d’E. Macron comme de V. Pécresse. Donner des moyens et  du temps pour l’enseignement supérieur et la recherche dans une  perspective  humaniste de service public est-ce rêver ?
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
&lt;/div&gt;</content:encoded>
      <pubDate>Thu, 31 Mar 2022 14:54:17 GMT</pubDate>
      <author>183:820702345 (Jean Fabbri)</author>
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    </item>
    <item>
      <title>Macron Coulhon : une politique universitaire disqualifiée</title>
      <link>https://www.snesup-tours.fr/macron-coulhon-une-politique-universitaire-disqualifiee</link>
      <description />
      <content:encoded>&lt;h3&gt;&#xD;
  
         Dans Le Monde du 12 octobre Thierry Coulhon dresse un constat exact et amer de l’état de la recherche et de l’enseignement supérieur en France. Curieusement est passé sous silence le rôle qu’il a joué et joue encore dans ce domaine. Car Thierry Coulhon est certainement la meilleure incarnation des dérives de ces 15 dernières années...
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
&lt;/h3&gt;&#xD;
&lt;div data-rss-type="text"&gt;&#xD;
  
         Car Thierry Coulhon est certainement la meilleure incarnation des dérives de ces 15 dernières années: président d’université au moment du vote de la loi LRU en 2007, il en a accompagné voire inspiré nombre d’évolutions ultérieures qu’il a mises en œuvre avec un zèle peu commun jusqu’à devenir conseiller du président E.  Macron puis  président controversé du HCERES.
          &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Par  milliers, chercheurs des organismes publics et  universitaires n’en peuvent plus. Confrontés à la fois le plus souvent à une baisse des crédits récurrents de fonctionnement (auxquels ne peuvent se substituer d’incessants appels à projets) et toujours à une bureaucratie envahissante. Quelle hypocrisie que d’appeler sans cesse à la mobilisation de toutes les forces scientifiques pour l’innovation et l’excellence, concepts plus politiques que scientifiques, et en même temps détourner de leur pratique scientifique qui exige liberté et temps au moins 15% du potentiel de ses acteurs. Depuis 2007, aggravant la situation précédente, au lieu d’une confiance dans le travail et l’esprit de responsabilité des chercheurs et universitaires du service public, se sont mis en place à la fois des dispositifs dits « d’évaluation » et des administrations pléthoriques pour encadrer, surveiller, « accréditer » des laboratoires et  des filières de formation universitaires qui n’en peuvent plus de remplir des milliers de page de documents (pour lesquels parfois sont sollicités des « experts » et cabinet de consulting payés à prix d’or – sommes prélevées sur les budgets qui devraient être consacrés à l’exercice réel des missions de formation et/ou de recherche).
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Parlons financements : le budget de l’Etat accorde plus de 7 milliards au « crédit impôt recherche », sait-on assez que des grandes sociétés de distribution, des banques,  aux chiffres d’affaire et aux résultats largement bénéficiaires, émargent pour des sommes considérables à ce CIR, lequel de facto ne sert  dans ce cas qu’à alimenter les revenus des actionnaires. Comme l’ont dénoncé depuis l’origine les syndicats et après plus de 15 ans de mise en oeuvre  des analyses économiques (le parlement par une commission, et dernièrement encore Thomas Piketty), le CIR doit être complètement réorienté. Avant tout pour le recrutement de nouveaux chercheurs et universitaires, pour la revalorisation de leurs carrières comme pour mettre un terme à tous les dispositifs malthusiens qui freinent l’accès aux études supérieures tant en licence qu’en master. Cela suppose donc aussi des investissements dans les locaux et le matériel, comme dans les mécanismes de soutien (financiers toujours et pédagogiques parfois)  aux étudiant.e.s en particulier celles et ceux issu.e.s des milieux les plus modestes.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Rejoignant Thierry Coulhon espérons que les campagnes électorales à venir mettront ces questions au cœur, mais en redonnant enfin sens à l’action parlementaire à l’opposé des conceptions verticales du management de la science qu’illustrent si bien dans leur inefficience tant lui-même qu’Emmanuel Macron.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
&lt;/div&gt;</content:encoded>
      <pubDate>Sun, 17 Oct 2021 17:07:07 GMT</pubDate>
      <author>183:820702345 (Jean Fabbri)</author>
      <guid>https://www.snesup-tours.fr/macron-coulhon-une-politique-universitaire-disqualifiee</guid>
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    </item>
    <item>
      <title>Une université très singulière à Tours</title>
      <link>https://www.snesup-tours.fr/une-universite-tres-singuliere-a-tours</link>
      <description />
      <content:encoded>&lt;h3&gt;&#xD;
  
         septembre 2021 :
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
          Depuis décembre 2020, l’université de Tours est animée par une équipe pluraliste appuyée,
         &#xD;
  &lt;span&gt;&#xD;
    
          cas unique en France
         &#xD;
  &lt;/span&gt;&#xD;
  
         , sur le plus large  éventail syndical possible
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
&lt;/h3&gt;&#xD;
&lt;div data-rss-type="text"&gt;&#xD;
  
         Pour celles et ceux qui croient en la pertinence du modèle de service public appliqué à l’enseignement supérieur et à la recherche à la fois pour l’égalité d’accès, pour la bataille afin de construire l’égalité des chances en matière d’enseignement et de reconnaissance des diplômes ; comme pour les libertés académiques et le refus de la confiscation des avancées scientifiques et techniques en vue du seul profit de groupes privés, cette configuration à la tête de l’université de Tours est une aventure à suivre et à soutenir. Au-delà de Tours il y a là  une conception et des pratiques qui peuvent inspirer d’autres universités et peser sur les indispensables évolutions législatives pour l’enseignement supérieur et la recherche.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Expliquons-nous !
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         La période de renouvellement des conseils centraux des universités 2019-2021 a été très perturbée par la crise sanitaire. Confinement, activités à distance,…se sont ajoutés  aux difficultés  structurelles de la plupart de  ces établissements confrontés à une augmentation nationale importante du nombre d’étudiants (+300 000 au niveau national en 10 ans) et une diminution du nombre d’enseignants-chercheurs titulaires (-1200 sur la même période) dans le cadre de dotations  budgétaires très en retard sur les standards européens. Depuis la loi « Libertés et Responsabilités des Universités » (LRU) de 2007 (Sarkozy-Pécresse), conçue dans une logique libérale de concurrence entre les établissements, si les budgets des universités dépendent dans une très large mesure (environ 80%) d’un financement d’Etat attribué de manière opaque par le ministère, leurs exécutifs sont désignés par le Conseil d’Administration  (CA) dans lequel les personnels n’occupent qu’une place réduite. A Tours, par exemple,   ce CA est composé de la manière suivante: 22 élu.e .s des personnels, 6 étudiant.e .s et 8 personnalités qualifiées parmi lesquelles 3 représentants des collectivités territoriales.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Les activités des enseignants-chercheurs bien qu’elles relèvent toutes pour une large part de pratiques ou de moyens collectifs et partagés sont dévoyées par la concurrence qui s’exerce dans les financements (sur appels à projets) de leurs activités de recherche. Ces aspects  s’ajoutent au glissement opéré par la loi LRU d’un fonctionnement collégial à une logique présidentialiste,  et favorisent une vision et des votes institutionnels  et  « légitimistes ». En outre le contexte social général dans le secteur privé comme dans les services publics est marqué par le discrédit des organisations syndicales. Si ce discrédit est pour une large part le résultat d’une intense bataille idéologique et pratique du patronat et des gouvernements successifs peu enclins à entendre les revendications exprimées par les syndicats, une perte du lien (élaboration des revendications, épuisement  du modèle de « représentation », distorsion à l’éthique de l’engagement, concurrence entre organisations,…) y est aussi en cause. Comme dans d’autres secteurs et, dans le monde universitaire à l’occasion de plusieurs épisodes aigus de tension avec les pouvoirs publics, des collectifs, le plus souvent éphémères, se forment pour exprimer une bien légitime colère. Au fil des ans l’université de Tours a vu  ainsi se succéder  des succursales locales de « sauvons la recherche », « sauvons l’université », « science en marche » cohabitant plutôt bien avec la  section locale SNESUP de la principale organisation syndicale d’universitaires. Ce même dispositif large s’est trouvé à l’initiative d’Etats Généraux de l’université de Tours, tenus en janvier et mars 2020 donnant l’occasion à plusieurs centaines de personnels d’exprimer leurs difficultés et de formuler des revendications tant globales que locales.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         C’est dans ce contexte que se sont tenues les élections universitaires en octobre 2020. L’université de Tours est l’une de celles (seulement un peu plus de la moitié) où s’est constituée au moins une liste  structurée avec une ou plusieurs organisations syndicales. En l’occurrence ici  deux : une liste « l’université ensemble » (LUE) avec un rôle moteur du SNESUP-FSU et Sup’Recherche-UNSA  et la FERC-CGT ;  et une liste « autrement » appuyée sur le SGEN-CFDT. Lesquelles listes affrontaient dans ce scrutin celle constituée par le  président sortant autour de son bilan et de sa personne. A l’issue du vote des personnels les rapports de force  au CA étaient les suivants : LUE 9 élu.e.s ; « autrement » 3 élu.e.s ; « président sortant » 10 élu.e.s. Tours devenant l’une des  universités (7 sur 80) où l’expression du vote des personnels s’inscrit de manière significative dans la contestation  à la fois des orientations régressives nationales en terme de statuts, de budgets, de conditions de travail et  des dérives présidentialistes locales…et se traduit par la présence d’un groupe cohérent d’élu.e.s syndicaux ou proches au sein du CA.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Comme on l’a vu plus haut l’élection de l’exécutif de l’université (président.e et vice-président.e.s), qui d’une certaine manière fixe le cap des orientations pour les 4 années du mandat, n’est pas pour autant acquise puisqu’il faut réunir au sein du CA une majorité de 19 sièges.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         L’élection d’Arnaud Giacometti, présenté par le collectif LUE, en novembre 2020 comme président de l’université de Tours,  est non seulement le fruit du succès dans les votes des personnels mais aussi, en plus de ses qualités propres, celui d’une longue et patiente dimension unitaire dans l’activité  locale  syndicale (en particulier du  SNESUP qui a porté sa candidature). Démarches et pratiques inscrites à la fois au sein de l’université de Tours comme auprès des collectivités territoriales et des forces politiques qui en assument l’expression. En « interne », auprès des personnels c’est essentiellement la lettre d’information régulière de la section SNESUP, « La Lettre d’Alcofribas » éditée depuis 2004 qui construit un lien confiant sur une cohérence dans la défense du service public universitaire et de ses personnels en particulier les plus précaires. Ce lien, comme la dynamique électorale qui a poussé le collectif LUE, en tête à la fois  dans le collège électoral le plus nombreux et sur le site administratif  de  la présidence de l’université, a conduit  le SGEN-CFDT -et le collectif « autrement » qu’il inspire- à converger sur une plateforme de direction de l’université et sur la candidature  Giacometti. Avec les élu.e.s étudiant.e.s (4 FAGE, 1 UNEF, 1 UNI) cette addition  des forces, comme nos propositions en matière de budget participatif, d’élargissement des moyens du service de santé universitaire, ont permis de surmonter pour plusieurs d’entre eux les réticences exprimées à l’encontre des organisations syndicales non réformistes. Quant à  la Région, son exécutif et ses représentants dans les instances de l’université avaient pu mesurer, malheureusement sans jamais les entendre à temps,  la pertinence des analyses du SNESUP et de ses élu.e.s sur les nombreux  avatars des mises en cohérence/coordinations  territoriales de l’enseignement supérieur et de la recherche (PRES, ComUE,…). Ainsi à quelques mois des élections régionales  de 2021 pour lesquelles la majorité rassemblée autour du socialiste  François Bonneau semblait fragile, l’implication de ses élu.e.s dans un vote contre le candidat soutenu par la totalité des organisations syndicales à la présidence de l’université aurait été un curieux signal. Il en a été de même avec la Métropole de Tours, passée à ce moment, suite aux élections municipales de juin 2020 sous la direction d’une majorité relative PS-EELV avec la présidence de Wilfried Schwartz suite à la victoire d’Emmanuel Denis à la tête d’une liste (EELV-PS-PCF-FI) dans la ville de Tours.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         C’est ainsi à l’issue d’une double démarche unitaire-en interne et auprès de son environnement économique et social- que le vote décisif du Conseil d’Administration s’est tenu. Cette nouvelle situation crée, selon moi,  deux obligations essentielles quant  à notre système de représentation.
          &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         La première est le respect des engagements.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Le changement de direction et les nouvelles  orientations  et  pratiques démocratiques mises en œuvre localement, comme l’expression critique sur les budgets et les modifications règlementaires impulsées par le gouvernement sont un fait inédit à l’université de Tours…et dans le contexte politique et social national  peu favorable, il s’agit d’un cas  quasi unique. Avec l’université de Rennes 2, Tours est la seule université dirigée à partir de l’élection d’un CA produisant une majorité  de la quasi-totalité de l’arc syndical. Jusqu’ici, 10 mois après cette élection, ce cap est tenu, le climat social au sein de l’université est nettement apaisé, des marges budgétaires –certes encore insuffisantes- ont été arrachées aux tutelles, la séparation des fonctions de président de l’université et de président.e du Conseil Académique a été adoptée et mise en place créant ainsi une respiration démocratique majeure en rupture nette avec la présidentialisation outrancière prônée par la ministère et pratiquée par la plupart des président.e.s d’université.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Comme les stratégies qui l’ont permis  et dont les effets perdurent, ont ainsi émergé de réels points d’appui pour défendre le service public universitaire, ses missions, ses personnels.
          &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Cette configuration nouvelle n’est pas sans conséquence pour les organisations syndicales de l’université : maintenir voire élargir leur lien avec les personnels (dans la diversité des métiers et des situations statutaires) sans s’effacer derrière l’exécutif qu’elles ont contribué à mettre en place ; engager  réflexions, propositions  et  actions collectives en préservant leur indépendance et malgré la difficulté dans le renouvellement des responsables syndicaux qu’a entrainé l’accès à des fonctions dans l’équipe de direction pour plusieurs collègues.
          &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Reste une  autre dimension, liée aux missions de l’université, singulièrement dans une métropole de taille moyenne comme Tours, où les interactions entre l’université et le tissu économique, social, environnemental et culturel sont essentielles pour les populations et  donc un enjeu pour les forces politiques qui  agissent et dirigent les collectivités territoriales. Beaucoup  d’entre elles réfléchissent à une démocratie plus vivante, plus proche des préoccupations et des nouvelles formes d’engagement des citoyens : à sa mesure l’université de Tours procède désormais  à de telles expérimentations.  Dans le même mouvement qui a vu un très large éventail des organisations syndicales de l’université de Tours apporter leur contribution décisive à son  changement de cap, il apparaît indispensable que sur l’échiquier politique les forces progressistes et écologiques regardent avec attention et responsabilité ce qui se dessine ici et y apportent leur soutien. Il y va du présent à Tours et de l’avenir  ici et bien au-delà !
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
&lt;/div&gt;</content:encoded>
      <pubDate>Thu, 30 Sep 2021 17:02:33 GMT</pubDate>
      <author>183:820702345 (Jean Fabbri)</author>
      <guid>https://www.snesup-tours.fr/une-universite-tres-singuliere-a-tours</guid>
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    </item>
    <item>
      <title>L'urgence d'une stratégie syndicale nationale : AGIR!</title>
      <link>https://www.snesup-tours.fr/l-urgence-d-une-strategie-syndicale-nationale-agir</link>
      <description />
      <content:encoded>&lt;h3&gt;&#xD;
  
         Amplifier  ce qui se fait à Tours comme stratégie syndicale universitaire : l'enjeu du congrès national du SNESUP
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
&lt;/h3&gt;&#xD;
&lt;div data-rss-type="text"&gt;&#xD;
  
         Aujourd’hui  existe-t-il une stratégie  syndicale du SNESUP?
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Si on y réfléchit bien, la question n’est pas si naïve : qui aujourd’hui en 2021 peut identifier une démarche de cette nature qu’elle relève des décisions de congrès (ou au moins de la CAN tant les enjeux relèvent bien d’une délibération démocratique et pas d’une impulsion de l’exécutif de direction) ou pour le moins d’une orientation nette de l’un des courants de pensée AS ou EE-PSO qui se partagent la direction du syndicat. On trouve la même impasse sur cette question centrale dans le rapport d’activité et la plupart des textes préparatoires au congrès…alors que peuvent apparaître pour les adhérent.e.s  du SNESUP, les  différences entre ces courants de pensée  sur la conception du syndicalisme et le fonctionnement du syndicat (démocratie, rapport local/national,…).
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Il ne s’agit pas de confondre stratégie et « propositions ». Comme mentionné plus haut, l’histoire du syndicat, sa présence dans les établissements, dans les batailles revendicatives depuis des dizaines d’années, dans les instances nationales comme le CNESER, le CTU, les CAPN (pour nos collègues du second degré) pour lesquelles il se présente avec des plateformes électorales, rendent le SNESUP inégalable en matière  de « corpus revendicatif ». Les organisations syndicales concurrentes   construisant  les leurs par effet de démarquage sur quelques points. Sur les aspects « analyse des logiques politiques » et « propositions alternatives » le SNESUP présente  donc pour les collègues une cohérence nationale (qui ne lui est pas si singulière, comme mentionné plus haut) et des identités  locales contrastées fruits des aléas  de ses implications dans les exécutifs universitaires.  Il ne s’agit cependant pas là -et cela ne constitue pas -une stratégie.
          &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Qui dit stratégie dit moyens organisés de réaliser les objectifs revendicatifs dans un horizon temporel raisonnable.
          &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Si l’enseignement supérieur et la recherche public ce sont environ 200 000 personnes salari.é.s permanent.e.s (dont moins de 70 000 dans le champ de syndicalisation du SNESUP et environ 20 000 dans celui du SNASUB), c’est aussi plus de 2 millions d’étudiant.e.s ! Pour beaucoup, dans et hors le monde universitaire, cette donnée encore amplifiée par la « peur » qu’inspire à tous les gouvernements les mouvements étudiants, fait des revendications professionnelles des universitaires des variables d’ajustement en marge des avancées que peuvent obtenir des luttes étudiantes. Il incomberait ainsi au SNESUP voire plus largement à la mouvance attachée au service public universitaire   d’accompagner (en amont comme en aval)  les colères étudiantes. Encore faut-il que ces colères se manifestent et  qu’elles mettent en avant des revendications qui ne seront pas dévoyées  (pensons à la conception de la « professionnalisation » qui s’est imposée ces 10 dernières années). Pour de nombreux collègues cette forme de lutte par procuration s’est petit à petit imposée comme la seule possible, de même que sur  un plan plus général les grèves des salarié.e.s des  transports (SNCF et RATP surtout) sur les enjeux de la protection sociale et des retraites.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Cette vision qui peut être enrobée de l’habillage « convergence des luttes » ne constitue pas une stratégie pas plus qu’une conception du syndicat (largement présente du côté EE-PSO) qui en fait  par essence une structure dispensatrice de moyens aux collectifs proches pour aider à leur auto-organisation (sic).
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Quelle stratégie alors ?
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Pour construire un rapport de forces favorable aux revendications  pour le service public d’enseignement supérieur et de recherche (tant dans ses missions, que pour ses personnels et étudiant.e.s), il indispensable d’associer les dimensions  spécifiques aux métiers d’enseignement et de recherche  (et parmi elles, celles évoquées plus haut) dans leurs déclinaisons locales et nationales en fixant un horizon, des étapes et des moyens.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         •    Faire de chaque renouvellement des conseils centraux dans tous les établissements un élément de cette bataille globale et associer à celle-ci les élections dans les composantes (UFR, Ecoles internes,…) et celles de leurs directions.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         •    Rendre public, engranger, solidariser les succès ; fédérer les élu.e.s et les exécutifs s’inspirant des revendications syndicales.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         •    Associer autour et dans le syndicat, sans exclure des modifications organisationnelles du SNESUP, le plus grand nombre de collègues (qu’ils ou elles soient déjà organisé.e.s ou non) avec une double exigence :
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         1.    syndiquer massivement les doctorant.e.s sur contrat (salarié .e.s) et les précaires
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         2.    valoriser et donc réhabiliter la démocratie syndicale comme règle lisible de délibérations (alors que collectifs et structures informelles contournent cette dimension essentielle).
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         •    Gagner la majorité dans le plus grand nombre d’instances universitaires et valoriser ces succès : établissements, réseaux de directeurs d’UFR, sections du CNU, CP-CNU, CPU.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         •    Interroger et agir contre l’émiettement syndical en priorité avec nos camarades du SNCS, du SNASUB, de la CGT, de Solidaires.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Cela construit un ensemble d’objectifs, une chronologie, c’est l’élément essentiel d’une dynamique de luttes sociales qui, liant de manière indissociable  fins et moyens, contribuera  autant à l’invention d’une nouvelle citoyenneté universitaire qu’à ce que nous souhaitons d’indispensables bouleversements  législatifs et budgétaires.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Jean Fabbri, avril 2021
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
&lt;/div&gt;</content:encoded>
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      <pubDate>Wed, 05 May 2021 13:42:51 GMT</pubDate>
      <author>183:820702345 (Jean Fabbri)</author>
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      </media:content>
    </item>
    <item>
      <title>La ministre Vidal doit partir!</title>
      <link>https://www.snesup-tours.fr/la-ministre-vidal-doit-partir</link>
      <description />
      <content:encoded>&lt;h3&gt;&#xD;
  &lt;span&gt;&#xD;
    &lt;span&gt;&#xD;
    &lt;/span&gt;&#xD;
  &lt;/span&gt;&#xD;
  
         Inaction et déclarations incendiaires : elle n'est plus digne d'être ministre de l'enseignement supérieur
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
&lt;/h3&gt;&#xD;
&lt;div data-rss-type="text"&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          mars 2021....
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Des milliers d’universitaires et de chercheurs des organismes publics signent pour réclamer depuis quelques jours la démission de Frédérique Vidal censée être « leur » ministre. Distinguer parmi les membres d’un gouvernement alors que  les choix opérés dans les différents domaines relèvent d’une même politique, conduite solidairement par les ministres avec le soutien d’une  majorité de parlementaires, peut paraître vain. Quoi et Qui changer en dehors des scrutins politiques nationaux ?
          &#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
    
          Remplacer une tête par une autre  modifie  l’apparence,  mais guère plus, les exemples récents  en matière de transition écologique (N.Hulot→F. de Rugy →B.Pompili ) le montrent. Toutefois le discrédit qu’il soit fondé sur le droit, sur ce qui demeure partagé de « valeurs républicaines » ou sur de forts mouvements de contestation sociale, amène aussi à ce qu’il est convenu d’appeler  « remaniements ministériels » : G. De Robien, F. Fillon, F. Bayrou, F de Rugy...
          &#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
    
          Il faut  donc prendre au sérieux cet appel à la démission  qui est bien plus qu’un slogan de manifestation (tant d’autres ministres en ont connu). Le contentieux contre F. Vidal est lourd.
          &#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
    
          La préparation, le vote et la mise en œuvre accélérée de la loi dite de Programmation de la Recherche (LPR) ; les dégâts considérables liés au choix de privilégier le « mode hybride » (de pseudo enseignements à distance) pour les étudiants des universités alors que les élèves des classes préparatoires et des BTS n’ont eu aucune interruption de leur présence dans les lycées cette année, ont exaspéré et épuisé l’immense majorité des personnels de l’enseignement supérieur et de la recherche publique. Le terme « islamo-gauchiste » dont elle affuble certains universitaires est  plus qu’une triste provocation  politicienne empruntant au nauséabond  langage  de l’extrême-droite, c’est une faute quand il est repris par la ministre en charge des universités à l’appui d’une volonté d’instaurer une police de la science et en particulier des sciences sociales (sociologie, histoire,..). F. Vidal ne doit plus  rester dans ce ministère.
          &#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
    
          L’urgence est là. Il y a aujourd’hui unanimité pour évoquer la « détresse étudiante », même si l’accent mis sur les effets psychologiques et sociaux (revenus, logement, nourriture) dus à la pandémie et à ses effets  (confinement, couvre-feu, organisation des études) tend à ne pas  rendre compte d’une situation systémique  sur laquelle les organisations étudiantes et nombre d’universitaires alertent depuis de longues années.
           &#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
    
          A contrario des lénifiantes déclarations de l‘actuelle ministre, cette réalité qui s’est imposée dans l’opinion publique,  appelle des changements immédiats en matière d’enseignement supérieur et de recherche, ...et  sans attendre 2022 : l’exigence de démission de F. Vidal n’est pas vaine !
          &#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
    
          Détaillons ici ce qui peut se faire sans attendre : revalorisation des bourses, augmentation immédiate du nombre d’emplois dans les CROUS (pour servir plus de repas sur des plages horaires plus étendues), dans les Services de Santé Universitaire (pour écouter, soigner, vacciner), dans les universités (des emplois statutaires et des milliers d’Attachés Temporaires d’Enseignement et de Recherche) pour rendre possible pour tous les étudiants la reprise  rapide et confiante  de leurs études dans des dispositifs locaux de transition au sein des filières de formation perturbées par deux années de pandémie et au moins jusque la totalité de l’année universitaire 2021-2022. Cet aspect est essentiel :  restaurer les libertés académiques (d’enseignement et de recherche) est le seul moyen, à rebours des logiques de normalisation élitiste, pour adapter les contenus (comme les modalités de validation) des connaissances aux multiples cursus et situations locales lourdement impactés depuis mars dernier. Sortir des conséquences de la crise sanitaire c’est donc aussi suspendre la LPR  : renoncer aux incessantes évaluations chronophages et inutiles des établissements, des appels à projets et rendre toutes  leurs compétences aux  universitaires et à leurs instances collégiales (CNU).
          &#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
    
          Il appartient au président de la République, bien silencieux jusqu’ici, d’émettre un signe fort , indispensable  pour restaurer des liens confiants entre la société et les scientifiques (définitivement rompus par F. Vidal), pour  donner à notre pays les moyens d’élever le niveau des qualifications, de stimuler tous les champs de la recherche, de retrouver notre place dans l’avancée des connaissances en particulier en  matière de santé, d’inventer les moyens d’accélérer la transition énergétique. Oui, ré ouvrir   100 %  des campus pour 100 % des formations avec 100 % de sécurité sanitaire -quoi qu’il en coûte!
          &#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
&lt;/div&gt;</content:encoded>
      <pubDate>Wed, 07 Apr 2021 12:50:18 GMT</pubDate>
      <author>183:820702345 (Jean Fabbri)</author>
      <guid>https://www.snesup-tours.fr/la-ministre-vidal-doit-partir</guid>
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    </item>
    <item>
      <title>projet de LPPR :Après la désindustrialisation…la « désuniversitarisation »  ? E. Macron en rajoute sur N.Sarkozy</title>
      <link>https://www.snesup-tours.fr/projet-de-lppr-apres-la-desindustrialisationla-desuniversitarisation-e-macron-en-rajoute-sur-n-sarkozy</link>
      <description />
      <content:encoded>&lt;h3&gt;&#xD;
  
         Focus sur deux aspects du projet de loi "recherche"
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
&lt;/h3&gt;&#xD;
&lt;div data-rss-type="text"&gt;&#xD;
  
         Le projet de loi dite « Loi de Programmation Pluriannuelle pour la Recherche » (LPPR) s’il est présenté, comme depuis plus de 20 ans toutes les réformes visant la recherche et l’enseignement supérieur, pour accroître  moyens et efficacité de notre système,  est totalement régressif. Il est  largement dénoncé comme tel (conseils d’université, syndicats, associations,…) et comme plus déstructurant encore que la loi « Liberté et Responsabilité des Université » adoptée au début de la présidence de N. Sarkozy. 
          &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Focus sur deux aspects de ce  projet.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Les cumuls de rémunérations : une porte grande ouverte aux dysfonctionnements scientifiques (articles 13 et 17)
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Une foule d'exemples en particulier dans le domaine de la santé (affaires du Médiator et autres) démontrent que les liens d'intérêt  le plus souvent financier entre des entreprises et des scientifiques font courir des risques considérables dans l’évaluation de dispositifs ou produits mis sur le marché. Beaucoup de champs scientifiques peuvent conduire à des risques pour la population (matériaux, énergie, chimie,...). Les multiples scandales autour des pesticides et  de produits nocifs pour l'homme et pour la planète démontrent la nécessité  qu'existe en France une capacité d'expertise scientifique absolument indépendante des entreprises. Ceci n'est possible que s'il existe des chercheurs et/ou des enseignants-chercheurs protégés par un statut public,  indépendants et convenablement rémunérés. Encourager les cumuls d’activité (à la fois enseignant-chercheur d’un établissement d’enseignement supérieur public et salarié d’une entreprise privé), comme le prévoit l’article 17 du projet de loi c'est l'exact contraire de ce qu'il faut faire. Certes les entreprises ont besoin de chercheurs "de pointe" : qu'elles les recrutent et les salarient à temps plein parmi les docteurs formés dans l'enseignement supérieur!
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         L’accélération du retour à une conception monolithique de la recherche et à la toute-puissance des  « mandarins »   avec l'article 3  II  (ajout de l'article L 952-6-2  "tenure track").
          &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Cet article ouvre la possibilité de recruter  dans les universités  et autres établissements publics d’enseignement supérieur, sur  des contrats à durée déterminée (CDD)  de droit public de 3 à 6 ans, des personnes  qui remplissent toutes les conditions pour être recrutées comme Maître de Conférences, c'est-à-dire  titulaires du doctorat (ou d'un diplôme équivalent)…en leur faisant miroiter la possibilité de devenir « directement » (après 6 ans) professeur d’université. Il est totalement en rupture avec la logique de service public qui depuis toujours définit pour ces personnes une position statutaire celle de Maître de Conférences.
          &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Est caché en outre  dans les dispositions de cet article, la disparition de la condition nécessaire au recrutement : être qualifié  aux fonctions de maître de conférences par  la délibération collégiale d’une instance pluraliste nationale (au sein d'un domaine  scientifique déterminé « milieux denses et matériaux », par exemple, ces instances, les sections du Conseil National des Université ont une vue d'ensemble sur les thématiques scientifiques et les profils des candidats).
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Plus fondamentalement ce processus de recrutement  pour 6 ans d’une personne en CDD avec  une absence de statut (rien en particulier ne précise le volume d'enseignement associé à ce type de contrat)  mais avec une forte pression de résultats (course aux publications intensifiée) afin de répondre aux exigences d’une commission d’examen en  fin de CDD serait exclusivement entre les mains des professeurs d'université et directeurs de recherche. Autrement dit ces  nouveaux collègues seraient recrutés en brisant le continuum "enseignants-chercheurs" qui donne un poids égal aux Maîtres de Conférences  (MC) et aux Professeurs d’Université (PU) qui actuellement siègent à égalité au sein des comités de sélection pour le recrutement d'un maître de conférence.
          &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         L'affaire est grave, elle touche un aspect essentiel. En atteste la composition même du Comité Technique Universitaire (CTU) instance nationale compétente pour toute question statutaire relative aux enseignants-chercheurs qui est indistinctement composée de maîtres de conférences et de professeurs. Cette disposition porte donc  un affaiblissement indéniable de la mission conjointe d’enseignement et de recherche, protégée et reconnue par la Constitution,  confiée solidairement l'ensemble des deux corps PU et MC.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Plus lourd de conséquence encore quant aux prétendus objectifs de renouvellement de l'excellence de la recherche, la mise à l'écart des collègues maîtres de conférences, les plus jeunes et  souvent les plus près des thématiques émergentes, des délibérations visant à recruter un nouveau collègue est une faute scientifique. Cela reviendrait dans bien des cas à confier aux plus vieux, et pas toujours  aux plus compétents, le choix de celles et   ceux amenés à porter des contributions scientifiques majeures souvent en rupture avec ce qui précède.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
&lt;/div&gt;</content:encoded>
      <pubDate>Thu, 25 Jun 2020 14:41:48 GMT</pubDate>
      <author>183:820702345 (Jean Fabbri)</author>
      <guid>https://www.snesup-tours.fr/projet-de-lppr-apres-la-desindustrialisationla-desuniversitarisation-e-macron-en-rajoute-sur-n-sarkozy</guid>
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    </item>
    <item>
      <title>Enjeux nationaux : un SNESUP plus audacieux!</title>
      <link>https://www.snesup-tours.fr/enjeux-nationaux-un-snesup-plus-audacieux</link>
      <description />
      <content:encoded>&lt;h3&gt;&#xD;
  
         Contribution écrite au nom du collectif AGIR!
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
&lt;/h3&gt;&#xD;
&lt;div data-rss-type="text"&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Pour un appel de la Commission Administrative Nationale du SNESUP du 7 mai 2020
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Si le virus COVID-19 est nouveau – et implique pour lutter contre la maladie et sa diffusion un effort d’ampleur dans les domaines de la virologie, de l’infectiologie, plus généralement de la biologie et de la médecine- la crise qui en résulte est pour une large mesure la conséquence des politiques économiques directement dictées par les logiques du capital : abandon de productions nationales quant aux masques, principes actifs médicaux et  respirateurs ; affaiblissement du service public hospitalier comme de tous les autres services publics qui relèvent des besoins communs.  Nous vivons donc les phases aigues  simultanées de deux crises, l’une sanitaire, l’autre structurelle du capitalisme.
           &#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
    
          Syndicat de terrain, de lutte au plus près des collègues, le SNESUP ne peut pas se contenter de faire  l’inventaire des difficultés nouvelles dans  l’enseignement supérieur et la recherche. Le poids terrible porté par le milieu hospitalo-universitaire exemplaire de mobilisation, les conditions de vie (voire de survie) de milliers d’étudiant.e.s., les péripéties et souvent inepties de la « continuité pédagogique » via l’enseignement à distance auront des résonnances durables.  Cela vient  s’ajouter aux difficultés chroniques liées au sous-financement, à la logique de concurrence, à la dévalorisation des diplômes nationaux qui s’illustrent par les  scandaleux déséquilibres financiers entre la MIRES (budget) –asphyxiée- d’un côté et de l’autre  le CIR et les dotations des PIA (souvent via l’ANR) qui explosent.
          &#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
    
          Avec et au sein de la FSU, le SNESUP doit appeler à une refondation économique, sociale environnementale élaborée avec les organisations syndicales et le tissu associatif (qui joue un rôle majeur de solidarité dans la crise actuelle). Défendre le bien commun et partager les richesses sont des objectifs incontournables qui appellent une extension des services publics (missions, répartition sur tout le territoire, fonctionnaires nombreux et aux salaires revalorisés) et des nationalisations  par exemple dans les secteurs du médicament, des équipements numériques. C’est par une révision profonde de la fiscalité qui doit jouer contre les logiques d’accumulation spéculative et patrimoniale, contre les délocalisations et l’épuisement des ressources naturelles de la planète que passeront ces indispensables changements.
          &#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
    
          Les enjeux sont considérables et interpellent aussi directement (mais bien sûr pas seulement) les universitaires dont le travail essentiel porte à l’analyse et à la construction de propositions, de modèles d’expérimentations critiques (on en a vu le rôle aussi dans cette crise sanitaire). Le SNESUP se doit donc de stimuler très largement, de fédérer la communauté universitaire qui est amenée à prendre toute sa place dans la construction de ce renouveau. S’appuyant sur les récentes mobilisations « retraites », « fonction publique », « LPPR », le syndicat est l’outil essentiel pour intégrer tous les jeunes collègues doctorants, post-doctorants, vacataires CDD, pour lesquels la crise actuelle est un amplificateur de difficultés chroniques,  aux luttes pour la création de milliers d’emplois statutaires. Ces emplois sont LA condition pour conduire vers la réussite dans leurs études les bacheliers de 2020 comme  les étudiants affectés  par la réduction de l’actuelle année universitaire.
           &#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
    
          En outre, comme les autres services publics, l’université doit être refondée au plus vite : le mode de calcul des financements et des emplois doit être revu (la LRU et les RCE sont de même nature que la tarification à l’acte pour les hôpitaux), l’outil normatif  et chronophage qu’est le HCERES  doit disparaître à l’avantage d’une revitalisation considérable de la collégialité démocratique. C’est le sens nécessaire des indispensables changements législatifs et budgétaires, à l’opposé du projet de « LPPR » de ce gouvernement qui doit être abandonné.
          &#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
    
          Le SNESUP doit être en première ligne avec les personnels de l’enseignement supérieur, comme tous les citoyens d’ailleurs, pour  résister à l’offensive contre les droits sociaux, les libertés démocratiques  essentielles, ouverte et permise par l’Etat d’urgence sanitaire. Offensive  qui déjà se traduit par une mise en cause des libertés  académiques, via la promotion de l’enseignement à distance et du tout numérique.
          &#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
    
          Dans l’immédiat le SNESUP doit porter l’exigence d’un plan d’urgence pour les étudiants et  pour tous nos collègues  précaires : gratuité des loyers CROUS depuis avril, versement aux étudiants boursiers de 2 mois de bourse supplémentaires, organisation d’une session de formation et d’examens lorsque c’est nécessaire en septembre et octobre ; prolongement d’un an des contrats doctoraux et des CDD. Une analyse scientifique pluraliste nationale des réalités de l’accroissement des inégalités dues aux disparités sociales et numériques doit être menée, le syndicat y a toute sa place.
          &#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
    
          Sur ces objectifs le syndicat engage toutes ses forces au plus près des préoccupations des collègues dans les sections d’établissements et lance une inédite et exceptionnelle campagne d’adhésions  en particulier vers les doctorants et précaires (cotisations très réduites) : objectif 1000 syndiqué.e.s supplémentaires.
          &#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
&lt;/div&gt;</content:encoded>
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      <pubDate>Fri, 08 May 2020 12:08:53 GMT</pubDate>
      <author>183:820702345 (Jean Fabbri)</author>
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      </media:content>
    </item>
    <item>
      <title>Dans le quotidien l'Humanité du 2 mars 2020</title>
      <link>https://www.snesup-tours.fr/dans-le-quotidien-l-humanite-du-2-mars-2020</link>
      <description />
      <content:encoded>&lt;div data-rss-type="text"&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    &lt;font&gt;&#xD;
      &lt;b&gt;&#xD;
        &lt;span&gt;&#xD;
          
             Universités : un 4eme round qui peut tout changer
            &#xD;
        &lt;/span&gt;&#xD;
      &lt;/b&gt;&#xD;
    &lt;/font&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
    
          Depuis la loi Liberté et Responsabilités des Universités (LRU) adoptée en 2007 dans la foulée de l’élection de N. Sarkozy, toutes les universités en France, renouvellent leur direction  tous les 4 ans dans une même courte période selon un scénario- inscrit dans la loi-  très présidentialiste.  Le premier round achevé au printemps 2008 ne permis pas  aux opposants universitaires à la loi LRU (concurrence entre établissements, budgets étriqués régis par des appels à projets,…) de remettre en cause la loi, même si leurs listes (souvent à l’initiative du  syndicat snesup) rassemblèrent environ 1/3 des sièges  et des directions d’établissements.  Devant  la massification de l’enseignement supérieur, se croyant soutenu dans ses choix, le gouvernement entrepris  alors de déconstruire le statut même des enseignants-chercheurs en alourdissant leur charge de travail et en donnant de notables prérogatives (recrutements, conditions de travail, rémunérations) aux présidents d’université. Las le bouchon était poussé trop loin et le gouvernement et sa ministre V. Pecresse eurent à affronter une vague inédite de contestation au printemps 2009 qui freina durablement cette dérégulation statutaire. Les deux rounds suivants en 2012 et 2016 virent un affaiblissement des contestations locales dont sortirent renforcés des présidents d’université de plus en plus proches des logiques mêmes du ministère. La Conférence des Présidents d’Université (CPU) se fit même le plus en verve des think tanks en réclamant la liquidation des instances collégiales  CNESER, CNU censées réguler au plan national la dotation des établissements, et les carrières des enseignants-chercheurs.
          &#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
    
          C’est dans ce contexte : 300 000 étudiants de plus et 2000 enseignants-chercheurs de moins depuis 15ans, une part relative grandissante des financements  extra budgétaire sur appels à projets (recherche et pédagogie), la précarisation grandissante (CDD, contrat d’enseignement pour plus de 40% des personnels), la concentration objective des moyens sur un petit nombre d’établissements affublés d’un label d’ « excellence » dont les critères s’avèrent très  discutables,… que prospère la crise actuelle dont les rapports préliminaires à la loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR) ne sont que le détonateur.
          &#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
    
          Affichant une priorité de façade pour  la recherche, réduite d’ailleurs à  l’innovation, ce projet de loi divulgué par bribes depuis plus d’un an, reprend et aggrave les intentions du gouvernement en 2009 : réduire le service public universitaire (ses budgets, ses personnels statutaires), faciliter la place d’opérateurs privés  d’enseignement (Bachelor), concentrer des financements  recherche en se substituant aux services Recherche et Développement (R&amp;amp;D) des groupes économiques déjà largement bénéficiaires du Crédit Impôt Recherche (6,2Milliards de crédits d’impôts).  La coupe est pleine pour  les universitaires qui voient aujourd’hui mieux qu’hier les liens entre les difficultés locales de travail (amphis surchargés, activités chronophages de recherche de financement, d’évaluations diverses) et les options managériales des exécutifs universitaires et du ministère.
          &#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
    
          Un élément nouveau s’ajoute : les enjeux écologiques et sociétaux, en particulier le réchauffement climatique, mis au jour par les chercheurs (dont bon nombre sont des universitaires) appellent de profonds changements. Tous les secteurs de la recherche  sont sollicités (géosciences, énergie, biologie, urbanisme, sciences sociales,…) mais le modèle de concentration des financements est un frein aux initiatives locales et exacerbe en outre  les contradictions autour des formes les plus obsolètes des pratiques scientifiques : conférences internationales superflues, experts scientifiques  abonnés aux lignes aériennes… à l’heure où des données gigantesques s’échangent aisément  sur le net. Le monde universitaire est ainsi travaillé par des tensions qui comportent  un aspect générationnel mais surtout qui résonnent  avec les effets du projet LPPR qui ferait des seuls  et peu nombreux présidents d’université et professeurs-mandarins  les uniques détenteurs d’un pouvoir scientifique pérenne.
          &#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
    
          Ainsi à  côté des formes plus ou moins traditionnelles que prennent les actions contre le projet de LPPR adossées au mouvement contre la réforme des retraites qui pénaliserait particulièrement celles et ceux qui entrent tardivement après de longues études dans la Fonction Publique, se joue en ce début 2020 le 4ème round des élections universitaires. Après Paris-Saclay, Grenoble, Nantes, où les présidents  en exercice des universités se retrouvent  minoritaires, d’autres scrutins ces jours-ci pourraient sonner  enfin l’heure d’une refondation collégiale, largement soutenue par le budget national, valorisant tous les champs disciplinaires et tout le potentiel des établissements publics et de leurs enseignants-chercheurs en particulier les plus jeunes au bénéfice des étudiants et de la nation.
          &#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
    
          Jean Fabbri a été secrétaire général du SNESUP-FSU et doyen de la faculté des sciences et techniques de l’université de Tours.
          &#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
&lt;/div&gt;</content:encoded>
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      <pubDate>Mon, 02 Mar 2020 18:10:31 GMT</pubDate>
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      </media:content>
    </item>
    <item>
      <title>Retraites et LPPR : Lettre au président de l'université de Tours, 13 janvier 2020</title>
      <link>https://www.snesup-tours.fr/retraites-et-lppr-lettre-au-president-de-l-universite-de-tours</link>
      <description />
      <content:encoded>&lt;h3&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
&lt;/h3&gt;&#xD;
&lt;div data-rss-type="text"&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    &lt;font&gt;&#xD;
      
           Lettre ouverte
           &#xD;
      &lt;br/&gt;&#xD;
      
           Monsieur le président de l’université,
          &#xD;
    &lt;/font&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
    
          Sur de multiples sujets les personnels de l'université ont largement manifesté leurs inquiétudes, leur refus de solutions qui minent les services publics et singulièrement celui de l'enseignement supérieur et de la recherche, tant du côté des missions que des conditions et perspectives de travail.
          &#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
    
          La liste est longue ! Régressions en matière de retraite, régressions dans la formation des enseignants avec de plus un calendrier intenable, absence de moyens pour une alternative constructive à la PACES, capacités d'accueil fixées sans lien avec les emplois... ne sont qu'une partie des raisons de dire STOP. Le projet de loi de Programmation pluriannuelle de la recherche, pour ce qui en est connu aujourd'hui, ajoute à ces motifs de colère lucide, tant il est à l'opposé de ce que porte l'immense majorité de notre communauté.
          &#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
    
          Sous de multiples formes la contestation de ces choix s'exprime à l'université de Tours. C'est un très bon signe de vitalité scientifique et démocratique. Rien ne doit être fait pour entraver cette expression... au contraire. Le report du CA prévu aujourd'hui 13 janvier prive la communauté universitaire d'un moment de pluralisme et d'une prise de position forte qui compterait autant pour nos solidarités internes que face aux pouvoirs publics aujourd'hui sourds à nos revendications légitimes (la création d'emplois statutaires par exemple !). Il n'est pas possible d'attendre le 2 mars pour que la plus légitime des instances de l'université soit consultée et s'exprime sur de si brûlants sujets.
          &#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
    
          Au nom des élus "Ensemble à Tours pour une université pluridisciplinaire et collégiale", je vous demande de convoquer d'urgence une réunion exceptionnelle du Conseil d'Administration de l'université. Cette réunion ouverte à tous les personnels et étudiants qui souhaitent partager leurs analyses et leurs propositions devrait permettre cette expression forte, tant sur le fond que dans des initiatives communes fédérant celles qui s'organisent ici et là dans l'université.
          &#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
    
          Tours le 13 janvier 2020
          &#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
    
          Jean Fabbri
          &#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
&lt;/div&gt;</content:encoded>
      <pubDate>Mon, 13 Jan 2020 18:10:37 GMT</pubDate>
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    </item>
    <item>
      <title>Pour un syndicat universitaire engagé (texte collectif AGIR!) Mai 2019</title>
      <link>https://www.snesup-tours.fr/pour-un-syndicat-universitaire-engage-texte-collectif-agir</link>
      <description />
      <content:encoded>&lt;h3&gt;&#xD;
  
         Contribution collective avant le congrès du SNESUP de juin 2019
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
&lt;/h3&gt;&#xD;
&lt;div data-rss-type="text"&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    &lt;font&gt;&#xD;
      &lt;b&gt;&#xD;
        
            Une orientation pour gagner des avancées sociales et démocratiques :
            &#xD;
        &lt;br/&gt;&#xD;
        
             AGIR en renouvelant le fonctionnement syndical
           &#xD;
      &lt;/b&gt;&#xD;
    &lt;/font&gt;&#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Le rôle du SNESUP-FSU est de contribuer à la réflexion, à la mise en action du plus grand nombre de nos collègues tant sur des aspects spécifiques au monde de la recherche et de l’enseignement supérieur que sur des revendications sociales plus larges (salaires, protection sociale, statuts, services…) pour inverser la politique d’affaiblissement des services publics et le creusement des inégalités salariales et territoriales. Dans le monde universitaire, à ces motifs d’action s’ajoute l’élitisme concurrentiel qui fragilise nombre de collègues et d’établissements, en particulier avec les regroupements d’établissements, qui cassent le lien enseignement-recherche ( label EX ou pas via par exemple l’autonomisation des filières de licence). La volonté du pouvoir d’augmenter les droits d’inscription des étudiants étrangers (hors UE) est un prélude à l’instauration d’études supérieures payantes, comme dans de trop nombreux pays, avec des tarifs modulés selon le renom des universités. Contre cette logique désastreuse pour les étudiants, aux lourdes conséquences dans les labos scientifiques, pour la production de connaissances, pour le rayonnement de la France dans le monde notamment dans les pays d’Afrique, une grande part du monde universitaire et de ses organisations s’est déjà rassemblée et a obtenu un premier recul. Cette dynamique doit être renforcée pour l’abandon complet de ce projet et le refus de toute forme de sélection sociale, qu’elle relève de l’entrée dans le post bac (Parcoursup), de l’entrée en master (sélection explicite pour laquelle le SNESUP a donné scandaleusement son aval fin 2016, nous ne l’oublions pas !), ou d’une défiance vis-à-vis des étudiants des pays pauvres.
          &#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
    
          La brutalité du système économique capitaliste qui exerce son emprise dans les plus grandes parties du  monde semble sans limite : accroissement des inégalités, guerres,  exclusions sociales, fragilisation de la planète… Des millions de personnes survivent sous le seuil de pauvreté, la précarité grandit, le pouvoir d’achat est menacé par la soumission de tous les aspects de la vie économique et sociale à la « loi du profit ». Universitaires certes, mais pas dans une tour d’ivoire, et en particulier attentifs aux évolutions internationales contemporaines contrastées, ces dimensions font partie de nos combats.
          &#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
    
          En France, dans des périmètres et des formes renouvelées, les actions engagées par les « gilets jaunes », en portant des revendications sociales, fiscales, démocratiques convergeant avec nos combats syndicaux, ont souligné l’urgence de changements profonds. Le recours par le gouvernement à une stratégie de la tension fondée sur des violences policières est un grave danger démocratique. Les légitimes aspirations du plus grand nombre doivent être satisfaites : l’unité des forces sociales syndicales et associatives est indispensable. Le caractère Unitaire de notre fédération (le U de la FSU) devrait être porteur de plus d’espoir.
          &#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
    
          Défense de la Fonction Publique, essentielle pour l’égalité et la justice sociale, environnementale et territoriale, revalorisation des salaires et pensions, recrutement de titulaires et résorption de la précarité, refus de Parcoursup, maintien d’un cadre national pour les diplômes (au contraire de la loi ORE qui déstructure les licences), indispensable mission de formation des enseignants, refus des logiques hyper-sélectives de financement de la recherche, de concentration des laboratoires, des évaluations permanentes, des regroupements « contraints » d’établissements, etc : ces revendications syndicales inscrites de longue date dans l’identité du SNESUP ne doivent pas se limiter à des postures incantatoires.
          &#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
    
          Le SNESUP-FSU doit impulser bien davantage le combat pour gagner de réelles avancées en solidarisant largement les collègues et en favorisant les convergences avec les étudiants. C’est avant tout la fonction des sections syndicales locales qui doivent redevenir le centre de gravité de la construction du rapport de forces. Car la perte de voix aux élections professionnelles (-5 % au CTU en décembre 2018), la diminution du nombre de syndiqués (-16 % en dix ans), la démission de camarades du Secrétariat National, du Bureau National et la mise à l’écart de plusieurs autres dirigeants, témoignent malheureusement  du côté de la direction exécutive aujourd’hui du syndicat, d’une incapacité à mobiliser réellement, d’un déficit démocratique interne grave, bref de sérieuses carences auxquelles il faut d’urgence remédier.
          &#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
    
          Le collectif « Agir ! », né il y a 2 ans1 de ces constats et suite au dérapage de l’exécutif national du syndicat face à la sélection en master, appelle à renforcer le syndicat en donnant une forte priorité au fonctionnement des sections locales, à leur revitalisation, et à reconstruire l’unité pluraliste du syndicat au-delà des courants de pensée dont le caractère sclérosant est de plus en plus manifeste.
          &#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
    
          Nous proposons de travailler très vite à un rapprochement entre les syndicats de la FSU qui ont le même périmètre d’intervention (enseignement supérieur et recherche : SNESUP, SNCS, SNASUB) en se tournant en priorité vers les jeunes collègues doctorants, post-docs, précaires divers afin de gagner les recrutements de fonctionnaires indispensables à tout travail pérenne. Il faut obtenir le transfert des budgets alloués aux Programmes d’Investissement d’Avenir (PIA 2&amp;amp;3), dotés de plusieurs milliards d’euros, vers les budgets récurrents des établissements, et de même pour les milliards alloués au Crédit Impôt Recherche. Ces revendications lisibles par tous, en capacité de fédérer et de changer l’actuel rapport des forces, doivent être une priorité.
          &#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
    
          Il s’agit aussi de modifier les dynamiques internes à notre syndicat en baissant le tarif des cotisations afin que cet aspect soit le moins dissuasif possible, en élargissant les dispositifs de formation des militants pour faire face aux multiples difficultés rencontrées par les collègues et pour faire de tous les lieux de concertation et de décision (CTE, CTU, CTMESR, CAP, CaC, CA, CHSCT…) des lieux où sont portées avec force et constance les revendications des collègues. Le syndicalisme que nous portons a pour vocation de rassembler majoritairement les collègues et de contribuer à orienter les départements d’enseignement, laboratoires, UFR et établissements vers la satisfaction des besoins collectivement et démocratiquement exprimés. Le SNESUP doit être la force incontournable pour que jamais nos établissements ne deviennent les simples relais des choix politiques du gouvernement comme l’a exprimé en février la ministre Vidal.
          &#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
    
          Les propositions de modifications statutaires que nous portons par ailleurs s’inscrivent dans cet objectif : création d’un second collège à la Commission Administrative composé des représentants des sections ; limitation du cumul dans le temps des mandats électifs à la Commission Administrative ; publication en même temps que les motions d’orientation des listes de candidats proposés par les courants de pensée. Ces propositions seront débattues lors du congrès d’orientation en juin.
          &#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
    
          En phase avec la contestation citoyenne, le SNESUP doit redevenir irréprochable et l’outil efficace tant pour la défense des collègues que pour le développement d’un enseignement supérieur gratuit, ouvert à tous. Pour cela, il faut un sursaut des syndiqués. L’exécutif actuel, élu lors du dernier congrès avec 48% des voix et une participation inférieure à 25% des syndiqués, dont la gestion du personnel du siège a abouti à une lourde et récente condamnation aux prudhommes, doit être changé. Ensemble, reprenons en main notre destin et notre syndicat !
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Réactions et contacts : agir.snesup@free.fr
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Le collectif trans-tendances « AGIR ! »
          &#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
&lt;/div&gt;</content:encoded>
      <pubDate>Tue, 14 May 2019 16:08:07 GMT</pubDate>
      <guid>https://www.snesup-tours.fr/pour-un-syndicat-universitaire-engage-texte-collectif-agir</guid>
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    </item>
    <item>
      <title>Statuts : combat gagnant Humanité du 16 avril 2019</title>
      <link>https://www.snesup-tours.fr/statuts-combatsgagnant</link>
      <description />
      <content:encoded>&lt;h3&gt;&#xD;
  
          2019 : 10 ans après les grandes grèves universitaires
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
&lt;/h3&gt;&#xD;
&lt;div data-rss-type="text"&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    &lt;font&gt;&#xD;
      &lt;span&gt;&#xD;
        &lt;b&gt;&#xD;
          
             Universités et universitaires : 10 ans après, quoi de neuf ?
            &#xD;
        &lt;/b&gt;&#xD;
      &lt;/span&gt;&#xD;
    &lt;/font&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
    
          Il y a dix ans en avril 2009 prenait fin le  plus long des  conflits au sein des universités françaises. Débuté avant l’hiver 2008, par de premières grèves administratives, l’objet de la  contestation portait sur le statut et les obligations d’enseignement des 57000 enseignants-chercheurs des établissements publics (universités et Ecoles d’Ingénieurs). Il est apparu d’abord comme une réplique du  mouvement universitaire qui avait marqué l’élaboration tendue, puis le vote de la loi Libertés et Responsabilités des Universités (LRU) en août 2007 au début du quinquennat de N. Sarkozy.
          &#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
    
          Les résistances aux logiques économiques de professionnalisation immédiate et au rôle  renforcé des collectivités territoriales, avaient fédéré les plus engagés des personnels et étudiants, conduisant le président de la République à quelques concessions : des créations d’emplois obtenues en « contrepartie » – insuffisantes au regard des retards accumulés. Pour autant la loi était encore incomplète aux yeux du gouvernement : il lui manquait une plus grande « souplesse » dans l’emploi des enseignants-chercheurs tant les besoins étaient immenses (+30% d’étudiants entre 1990 et 2005) et l’augmentation  des emplois minime (2000 emplois promis sur les 5 ans soit – de 5% des effectifs). La révision du statut des enseignants-chercheurs afin d’augmenter leur présence devant les étudiants (de « moduler leur service » disait la ministre V. Pécresse) et de piloter davantage leurs thématiques de recherche, apparaissait comme un objectif politique et économique réaliste, consensuel et opportun idéologiquement.
          &#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
    
          Aux grèves administratives, se sont combinées,  en 2009, des universités bloquées, des milliers d’universitaires et d’étudiants dans les rues, des rétentions de notes, des reports d’examen,… conduisant à une dramatisation  médiatique du conflit. S’affrontaient là deux logiques, celle d’un gouvernement portant déjà l’ambition de réduire les « rigidités » des statuts de fonctionnaires,  celle des personnels attachés à une régulation  collégiale des missions de formation et de recherche. Dix ans après, au moment où  Parcoursup-pourtant conçu pour cet objectif- ne peut  masquer l’insuffisance des places pour accéder à une formation dans l’enseignement supérieur public, où les thématiques de recherche se réduisent et se concentrent par les effets cumulés de financements hyper sélectifs- très focalisés sur le transfert et l’innovation technologique- et des regroupements universitaires pilotés  par l’Etat et les Régions ; l’état des lieux donc, comme le sentiment de frustration qui habite beaucoup d’ universitaires  sont sans appel.  Rien à porter au crédit de ces   orientations  confirmées par les majorités parlementaires suivantes. Les actuelles tentatives  du premier ministre pour augmenter considérablement les droits d’inscription en licence et en master (2800 et  3800 euros au lieu de 170 et 230) pour les étudiants extra-communautaires suscitent la même et quasi-unanime réprobation (63 votes contre au CNESER, 3 pour et 2 abstentions).
          &#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
    
          A sa manière le gouvernement d’aujourd’hui, dans l’affaire des droits d’inscription, redéfinit le service public : il conviendrait d’appliquer un « coût réel »- notion très floue- des formations car les étudiants étrangers ne relèveraient pas d’une politique publique. Mais cette question de l’intérêt public n’est pas une seule fois invoquée lorsque le financement public de la recherche (soit direct, soit via le très discuté Crédit Impôt Recherche) vise avant tout à des innovations (technologie, pharmacie) dont les retombées sont avant tout privées.  Le déficit de débat public sur ces questions, n’est qu’un des aspects de la phase de crise que traverse la société française. Il n’y a pas de débat, mais les choix sont faits, toujours les mêmes : réduire les dépenses jugées non immédiatement efficaces, lequel critère est chaque fois d’ordre financier. Quant aux agents des politiques publiques, ils sont perçus uniquement comme des coûts.
          &#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
    
          C’est au nom de cette vision que V. Pecresse entendait modifier le statut des enseignants-chercheurs. Si le gouvernement d’alors a estimé avoir sauvé la face en promulguant un décret modifié, les universitaires ont réussi à préserver l’essentiel et à défendre, partout sur le territoire national le lien enseignement/recherche qui est leur spécificité et qui nourrit l’efficacité sociale des formations et des recherches qu’ils  et elles conduisent dans une unité maintenue de statut national et de  services d’enseignement.
          &#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
    
          L’heure en 2019 est à la réduction, ici comme ailleurs, du nombre de titulaires et, face aux besoins, à leur substitution par des précaires tant côté laboratoires de recherche (sur contrat court de 1 à 3 ans) que côté enseignement avec des personnels vacataires qui peinent à gagner un smic !
          &#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
    
          Les contradictions déjà à l’œuvre il y a dix ans s’aiguisent : le gouvernement, celui-ci ou son successeur, pourra-t-il à la fois prétendre augmenter (175 000, +50%) le nombre d’étudiants venus des pays éloignés d’Asie,  comme le nombre de touristes, et lutter contre le réchauffement  climatique induit par l’accroissement inconsidéré des vols aériens ? Pourra-t-il accélérer  encore la concentration universitaire vers moins de 10 de pôles alors que de partout  se fait entendre l’exigence d’une répartition équilibrée des services publics (transports, hôpitaux,…)  sur le territoire ?
          &#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
    
          Le socle statutaire  des universitaires maintenu il y a 10 ans par les luttes offre à notre pays des atouts que d’autres (Italie, Royaume-Uni,…) n’ont plus ; il reste un élément structurant porteur d’identités professionnelles fortes essentielles pour des activités qui s’inscrivent dans la durée. La défense des statuts est fédératrice de mobilisations : ce qui s’est produit il y a dix ans a valeur d’encouragements pour les actions  qui s’amplifient ces jours-ci dans le premier et le second degré, comme dans les autres secteurs de la Fonction Publique.
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Jean Fabbri, enseignant-chercheur, secrétaire général du SNESUP-FSU de 2005 à 2009, doyen de la faculté des sciences et techniques de Tours de 2012 à 2017.
          &#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
&lt;/div&gt;</content:encoded>
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      <pubDate>Wed, 17 Apr 2019 15:41:36 GMT</pubDate>
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    </item>
    <item>
      <title>Octobre 2018 :  crise universitaire durable et enjeux syndicaux</title>
      <link>https://www.snesup-tours.fr/octobre-2018-crise-universitaire-durable-et-enjeux-syndicaux</link>
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      <content:encoded>&lt;h3&gt;&#xD;
  
         Lucidité sur la crise universitaire et celle du syndicalisme
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
&lt;/h3&gt;&#xD;
&lt;div data-rss-type="text"&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Universités – Recherche : un rôle public irremplaçable
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
          
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         En cette rentrée, alors qu’une forme inédite de perte de repères envahit tout l’espace social, établissements d’enseignement supérieur inclus, le rôle des militants syndicaux est plus encore qu’hier indispensable. Catalyseurs  du décryptage des enjeux locaux et nationaux liés aux regroupements pilotés à grande vitesse par le gouvernement, acteurs des convergences locales avec les autres organisations syndicales et les étudiants, acteurs de la solidarité auprès des collègues –de plus en plus nombreux– victimes de formes diverses de déqualification, les responsables des sections SNESUP sont l’ancrage de nos engagements collectifs nationaux et fondent leur légitimité.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Le présent texte veut, en appui des instances du syndicat, nourrir réflexions et propositions, tant sur les revendications et actions immédiates que sur les perspectives que nous pouvons dessiner pour un service public d’enseignement supérieur et de recherche profondément démocratique dans ses visées et son fonctionnement. La mise en commun de nos expériences et de nos propositions est gage d’efficacité. C’est le sens de cette contribution Action Syndicale qui ne cerne, délibérément, qu’un nombre restreint d’aspects de cette rentrée.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Façonnés par une vingtaine d’années de précarisation de l’emploi scientifique, d’emprise accrue de l’idéologie de l’entreprise et des logiques marchandes, de démonétisation des diplômes, beaucoup de nos collègues ne mesurent plus la perversion de l’idéal universitaire qui est désormais presque partout la norme. La loi Fioraso y a apporté l’élément nouveau du démantèlement –remembrement dans le cadre des COMUEs.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Le SNESUP est légitime pour faire défendre par les universitaires et bien plus largement par nos concitoyens l’idée que l’enseignement supérieur doit permettre le lien étroit entre recherche et formation pour contribuer aux avancées scientifiques et préparer les nouvelles générations au monde à venir. Pour développer des coopérations librement choisies et mutuellement avantageuses, les universitaires n'ont pas attendu les injonctions de la loi. Avec le technocratique et rigide statut de COMUE, c'est une autre logique qui leur est imposée :
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         —découplage de la recherche et des formations en particulier dans le lien des niveaux L et M ;
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         —réduction des moyens propres de chaque établissement et à terme, menaces sur l'emploi ;
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         —mise au pas de la démocratie collégiale des universités ;
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         —renforcement de l'emprise des milieux économiques sur les choix scientifiques.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
          
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Les résistances locales se multiplient, qu’elles soient marquées par les spécificités géographiques, thématiques ou liées aux alea des histoires de nos établissements. C’est au syndicat d’en synthétiser et d’en amplifier la dynamique pour peser tant sur le gouvernement que sur les parlementaires afin de changer un cadre législatif justement contesté.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Plus encore, c’est à notre syndicat de porter sur ce plan, et sur d’autres qui en sont solidaires, de réelles propositions en termes de coopération, de services publics, de fiscalité…pour rompre avec les choix  délibérément libéraux du gouvernement.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         En liaison avec ce mouvement, doit se reconstruire la légitimité représentative pour laquelle le SNESUP a toujours vaillamment défendu des plateformes revendicatives dans les scrutins professionnels. Les scrutins de décembre  pour les CAPN, le CTU les CTE,…ne sont pas avant tout un test de représentativité comme voudraient le faire croire certains. Ce qui est en cause ce sont nos statuts : maintenir des statuts nationaux et en améliorer le cadre ou les voir disparaître en une atomisation de « statuts » d’établissement qui rendraient impossible le maintien de règles communes  en termes de recrutements, de salaires, de mobilité…
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
          Ces enjeux sont accrus aujourd’hui par la crise profonde de la démocratie représentative, de toutes les instances et conseils élus, par la perte de crédibilité qui affecte les organisations comme les élus. Inscrire la démarche syndicale dans une reconquête fondée sur une éthique syndicale et universitaire exemplaire est vital. Cet aspect lie absolument les dimensions nationales et locales de la vie syndicale. Celle du SNESUP est marquée par un fléchissement  du nombre de ses adhérents, par la proportion croissante qu’y occupent les retraités du fait d’un nombre trop faible de jeunes collègues dans la syndicalisation récente.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Il y a là aussi une inflexion à donner à nos pratiques, à la presse syndicale, aux services rendus aux adhérents. C’est avec confiance qu’il convient d’aborder toutes ces questions qui mêlent tous les enjeux syndicaux.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Jean Fabbri © 2011
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
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        &#xD;
&lt;/div&gt;</content:encoded>
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      <pubDate>Mon, 08 Oct 2018 11:19:28 GMT</pubDate>
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    </item>
    <item>
      <title>Après le bac la sélection? paru dans l'Humanité octobre 2017</title>
      <link>https://www.snesup-tours.fr/apres-le-bac-la-selection-paru-dans-l-humanite-octobre-2017</link>
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      <content:encoded>&lt;h3&gt;&#xD;
  
         Dans le quotidien l'Humanité du 13 octobre 2017
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
&lt;/h3&gt;&#xD;
&lt;div data-rss-type="text"&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
           
          &#xD;
    &lt;b&gt;&#xD;
      &lt;font&gt;&#xD;
        
            Après le bac, la sélection?
           &#xD;
      &lt;/font&gt;&#xD;
    &lt;/b&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
    
          Au moment où le gouvernement s’apprête à modifier en profondeur les conditions d’accès aux études post-baccalauréat en formalisant un dispositif de type « pré-requis contraignants » pour entrer dans toutes les filières, cette  double question  s’impose. A quoi, à qui,  cela sert-il ?
          &#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
    
          Le bouleversement prévu(*) va bien au-delà de la correction des dysfonctionnements du dispositif APB pour l’inscription essentiellement des nouveaux bacheliers et pour éviter le désastreux recours au tirage au sort. Dans l’air du temps, avec  d’autres remises en cause de « tabous » sociaux, cette sélection   -osons le mot-  est-elle dans  l’intérêt des étudiants  et insufflerait-elle un plus grand dynamisme et une meilleure efficience au système universitaire dans son ensemble ? Examinons ces deux aspects.
          &#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
    
          Quels sont les étudiants d’aujourd’hui ? Ils sont bien plus nombreux qu’il y a 20 ans (début du processus dit de Bologne), environ 2/3 d’une classe d’âge atteint le niveau du bac (des 3 bacs  en fait  dans les voies  générale, technologique et professionnelle) ; le plus grand nombre est amené à poursuivre des études. S’ajoutent  à ces néo bacheliers  un nombre croissant lui aussi de « moins jeunes » qui , en formation continue, en reprise d’étude,  avec dans ces cas une motivation exemplaire, viennent acquérir des savoirs théoriques et pratiques que les établissements d’enseignement supérieur savent dispenser avec bien plus de liberté et de respect des motivations individuelles que les structures de formations dites spécialisées adossées aux organisations patronales ou consulaires (CCI, Chambres  des métiers, officines privées à but lucratif). Ainsi aujourd’hui  à l’entrée dans l’enseignement supérieur public non sélectif -la première année de licence- le public étudiant est-il très divers.  Est-il pour autant incapable de réussir  et de tirer bénéfice de son année d’étude? Les chiffres et le vécu des universitaires montrent que non.  Ce qui se passe à  l’UFR sciences et techniques de l’université de Tours est très significatif : pour un flux d’entrée moyen ces dernières années de 1000 étudiants en première année, on décompte moins de 500 bacheliers  S (scientifiques) du mois de juin précédent : les situations de redoublements, réorientations sont donc très nombreuses.  Elles ne traduisent  ni ne préparent toutefois pas des échecs.  Le parcours d’un étudiant n’a pas obligatoirement  à  se conformer à  la succes story d’un startuper ! Avec des dispositifs d’accompagnement qui demandent du temps et de la disponibilité de la part des enseignants-chercheurs et enseignants, c’est moins de 10% des étudiants qui abandonnent ; c’est donc pour la grande majorité des inscrits un cheminement positif nourri de savoirs nouveaux  et d’expériences vers  une diplomation ultérieure. Le présupposé de l’échec  massif est faux ; cela ne signifie pas qu’il n’y ait rien à changer. Car côté étudiant toujours, le chômage de masse, la précarisation dans l’entrée dans la vie active est largement intégrée dans les consciences et les modalités de vie qui modifient la temporalité des études. Au-delà des statistiques qui établissent le net glissement de l’âge d’une insertion professionnelle stable pour les diplômés du supérieur  bien au-delà de 25 ans ; la réalité du brassage de la formation initiale et de la formation  continue appelle des contenus et des outils pédagogiques d’une très grande variété. Le choix que le gouvernement se prépare à annoncer est tout autre : des parcours types fortement liés à l’identification précoce d’une visée professionnelle et à des enseignements spécifiques suivis  avant le bac -ce qu’il appelle  les prérequis- afin de produire une orientation dirigée c'est-à-dire sélective. Ce choix ne correspond pas au mode de construction individuel des étudiants du XXIeme siècle.
          &#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
    
          L’enseignement coûte cher  à la collectivité : c’est un choix de nos sociétés démocratiques où l’accès aux  connaissances fondamentales ou appliquées, théoriques et pratiques  en primaire et secondaire ne relève  pas dispositions familiales liées aux ressources financières des familles.  C’est aujourd’hui déjà beaucoup moins vrai pour l’enseignement supérieur en France (voir les Ecoles de commerce, une large part du secteur paramédical et informatique) et nombre de modèles étrangers sont fondés sur un financement individuel important  cause d’endettements durables. La question de l’efficacité  globale des  dépenses  publiques n’en est pas moins légitime.
          &#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
    
          Le  financement public pour l’enseignement supérieur décroit en France après une éphémère et timide augmentation il y a une dizaine d’années. Se créent ainsi des goulots d’étranglement par manque de place dans certaines filières de formation.  A côté de l’université qui n’offre  pas assez de place dans les IUT, puisque les ouvertures sont liées à autorisation ministérielle –très chichement accordée ces dernières années – les autres structures publiques STS et CPGE ne répondent qu’imparfaitement aux aspirations et besoins. Quant  au  coût budgétaire et social des « classes préparatoires » il est  un marqueur lourd du post-bac  français qu’il conviendrait enfin de mettre en débat.
          &#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
    
          Cette  rentrée universitaire qui  laisse encore des bacheliers sans affectation dans le post bac,  voit  surtout se prolonger la dégradation généralisée des conditions d'études des étudiants et des conditions de travail des personnels (dont le nombre, le sait-on, diminue). En matière de recherche, la concentration des financements sur un nombre de plus en plus restreint d'UMR-CNRS et sur les lauréats institutionnels ou individuels d'appels à projet, étouffe beaucoup de thématiques et décourage des universitaires qui accomplissent pourtant honnêtement leur métier.
          &#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
    
          Une partie des universitaires  pourrait croire  retrouver de meilleures conditions de travail avec des étudiants triés et moins nombreux. Ce serait s’aveugler car la sélection signifie concurrence entre établissements dès le premier jour du post bac ; à ce jeu, une grosse poignée d'universités resteront concernées par les 3 cycles Licence-Master-Doctorat, les autres en seconde ou troisième division seront réduits à des collèges universitaires limités au niveau L. Ainsi s’effondrerait la richesse thématique, l’enracinement national de nos connaissances et de leurs interactions culturelles et économiques avec la société tout entière.
          &#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
    
          Contrôler ( ?)  des prérequis revient  à remettre en cause le bac et  à dévaloriser en cascade tous les diplômes garants, au travers des conventions collectives, d'un niveau  d’emploi et de salaire. L’obtention du  bac seul  doit servir à la poursuite d'études en licence comme ailleurs et  à ouvrir aux jeunes de 18 ans un nouveau tremplin, de nouveaux horizons dont comme jeunes adultes ils doivent assurer par leur travail le succès. Le droit de tout  bachelier à choisir son champ d'études est structurant et essentiel. Les financements de dispositifs variés d'accompagnement, d'aides financières aux étudiants, aux réorientations, incluant l'amélioration de l'encadrement par un plan pluriannuel de recrutement de titulaires, devraient être inscrits au budget. Les universitaires sauront en faire le meilleur des usages.
          &#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
    
          En 2007, N. Sarkozy et V. Pecresse avaient voulu jeter les bases d’un alignement du système universitaire  français sur celui d’outre-Atlantique : autonomie/ absence de statut national pour les personnel/sélection des étudiants. La résistance des universitaires y a mis un frein. Aujourd’hui avec les mêmes enjeux, l’issue n’est pas écrite !
          &#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
    
          (*)Ce qui se prépare en matière de sélection à l'entrée dans les études post bac est brutal : le premier ministre a été sans ambiguïté en ouvrant pour 2 mois  depuis septembre des "discussions" entre le gouvernement et les syndicats  et  associations, dans 11 groupes de travail.
          &#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
&lt;/div&gt;</content:encoded>
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      <pubDate>Fri, 13 Oct 2017 11:36:25 GMT</pubDate>
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    </item>
    <item>
      <title>universités et universitaires sous tutelle - Janvier 2014  Médiapart</title>
      <link>https://www.snesup-tours.fr/universites-et-universitaires-sous-tutelle</link>
      <description />
      <content:encoded>&lt;h3&gt;&#xD;
  
         Sur Médiapart -les invités- 15 janvier 2014
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;a href="http://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/150114/universites-et-universitaires-sous-tutelle"&gt;&#xD;
    
          http://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/150114/universites-et-universitaires-sous-tutelle
         &#xD;
  &lt;/a&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
&lt;/h3&gt;&#xD;
&lt;div data-rss-type="text"&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Le gouvernement vient de franchir un pas  bien plus que symbolique dans la prise de contrôle technocratique de l’enseignement supérieur.
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Première étape en 2004: le pilotage direct de la recherche par le biais d’appels d’offres ciblés sur des thématiques – appelées aujourd’hui  innovantes – qui visent exclusivement à combler par l’effort public de recherche les défaillances et le désengagement des entreprises privées.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Ultime étape ces jours-ci: la refonte du statut des enseignants-chercheurs (professeurs et maîtres de conférences) caporalise un peu plus encore des métiers qui n’ont de sens que dans ce que la loi appelle « la liberté académique ». Le Comité technique universitaire réuni le 9 janvier, qui avait pour objet une modification du décret statutaire de ces personnels, en est la sombre illustration.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         On s’en souvient peut-être, la précédente modification de ce statut avait mis dans la rue, durant l’hiver 2009, plusieurs dizaines de milliers d’universitaires. Valérie Pécresse, placée à la manœuvre par le président Sarkozy, entendait parachever par ce moyen la recomposition de la recherche et de l’enseignement supérieur français, baptisée loi Libertés et responsabilités des universités (LRU). Pour autant, le pouvoir politique et les quelques universitaires de son cortège ont tenu alors à assumer leur rôle en se confrontant aux grévistes et à des instances de discussion liées à une représentation syndicale largement hostile, qui a obtenu ainsi quelques concessions.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Changement de cadre ce 9 janvier – vécu avec stupéfaction: la prise de pouvoir de la technostructure. Ni la ministre ni aucun membre de son cabinet, ni le moindre universitaire des directions centrales, mais une phalange d’énarques pour décider des plus hauts enjeux en matière d’avancées scientifiques, de perspectives d’organisation et de cohérence des enseignements, de l’unité des missions et de la diversité des modes de production et de diffusion des savoirs selon les champs disciplinaires.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Au-delà du mépris ainsi affichée par Geneviève Fioraso et son entourage à l’égard des 60 000 enseignants-chercheurs (des plus jeunes débordant d’enthousiasme aux plus chevronnés, prix Nobel et médailles Fields) dont les conditions de recrutement, de carrière, de travail vont se trouver modifiées, cela signe un sérieux recul dans les valeurs de notre système politique dont nombre d’entre elles sont directement issues du siècle des Lumières et de la Révolution française. Le respect de la démarche scientifique et de ceux qui s’y plient avec abnégation figurait jusqu’ici avec continuité dans notre histoire.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Ce qui est en jeu est considérable. Les lois LRU et Fioraso (juillet 2013) ont ajouté au rôle des établissements d’enseignement supérieur une multitude de « responsabilités » (à la fois sans leviers et sans transferts de moyens) allant de l’insertion professionnelle à l’aménagement du territoire en passant par l’innovation technologique et le transfert vers le monde économique privé ou de service public.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Il est donc essentiel – c’est l’objet du décret – de caractériser au plus juste le travail qui incombe spécifiquement aux enseignants-chercheurs au sein des établissements (universités, écoles..) où coexistent aussi des milliers d’autres salariés. La  formulation arrachée en 2009 – comme en attestent les minutes des discussions statutaires tenues dans le contexte que l’on sait – est claire: « Les enseignants-chercheurs ont la double mission de recherche et d’enseignement, ils concourent à l’accomplissement des missions du service public de l’enseignement supérieur. »
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Aujourd’hui, accompagnant les difficultés budgétaires, s’exercent de lourdes contraintes et pressions sur les personnels : faire plus avec moins. Moins d’heures pour assurer les cours, TD, TP ; moins de temps à consacrer à la maturation des idées nouvelles en recherche… mais course effrénée aux publications. Moins de techniciens pour les appareils sophistiqués, moins de moyens pour encadrer les étudiants et leurs stages. Se met donc en place une gestion purement managériale, bardée d’indicateurs statistiques ou qualitatifs, tendant à contrôler au plus près les universitaires avec l’objectif d’alourdir leur charge de travail tout en la déqualifiant et en ayant de plus en plus recours aux personnels précaires.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         C’est cette logique que le gouvernement entend traduire dans le nouveau décret. Une fois de plus, il n’a trouvé aucun soutien (9 voix contre, 4 abstentions) mais il passe en force. Science ou logique libérale : le gouvernement a choisi.  Ici comme ailleurs nous savons qu’il fait fausse route et qu’il nous  faut résister … pour la science, pour les étudiants !
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
&lt;/div&gt;</content:encoded>
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      <pubDate>Wed, 15 Jan 2014 13:31:42 GMT</pubDate>
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      </media:content>
    </item>
    <item>
      <title>Rentrée 2013 : la loi Fioraso amplifie les dysfonctionnements.  libération.fr  - 20septembre 2013</title>
      <link>https://www.snesup-tours.fr/rentree-2013-la-loi-fioraso-amplifie-les-dysfonctionnements-liberation-fr-20septembre-2013</link>
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      <content:encoded>&lt;h3&gt;&#xD;
  
          TRIBUNE :Impasses pour l’enseignement supérieur
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Jean Fabbri, Directeur de la faculté des sciences et techniques de l’université de Tours
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
          
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Trop de jeunes diplômés se retrouvent sans emploi à la fin de leur étude.
          &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         La loi Fioraso n'y a rien changé. A quand une réforme audacieuse limitant la durée des stages et leur nombre en entreprise ?
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
&lt;/h3&gt;&#xD;
&lt;div data-rss-type="text"&gt;&#xD;
  
          En cette rentrée de septembre, des centaines de milliers de nouveaux bacheliers s’orientent vers les multiples voies du post-bac. Mais le supérieur est aussi en première ligne sur le front de la transition études/emploi pour les 2,3 millions d’étudiants, avec aujourd’hui un taux de chômage des jeunes de 26% (source OCDE pour les - de 25 ans).
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Les universitaires peuvent témoigner de la souffrance de ces milliers de jeunes tout juste diplômés qui se réinscrivent à d’autres cursus en espérant au mieux une insertion professionnelle, la possibilité d’un stage ou bien seulement le bénéfice d’une couverture sociale minimale. Ces réalités minent l’enseignement supérieur, tout autant que l’échec dans leurs études, souvent au début, de milliers d’étudiants. S’il y a pour ces derniers le déphasage entre leur projection personnelle et la réalité des exigences des apprentissages, la situation des premiers démontre une incapacité des employeurs privés comme publics à mettre au travail durablement les nouvelles générations qualifiées.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
          Il est légitime d’interroger alors les choix politiques faits depuis quinze ans au nom de la professionnalisation des études alors que des centaines de milliers de postes de travail (dans toutes les sphères d’activité) sont gelés et accueillent à tour de rôle des stagiaires, au mieux des CDD. La recherche publique n’est pas en reste malheureusement dans ces pratiques!
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         La loi Fioraso, adoptée cet été, a ignoré cette réalité. À quand une audacieuse et drastique double limitation : pas plus de 5 mois de stage (mais du sérieux) au cours du cycle initial d’études et pas plus de 5% de stagiaires dans une entreprise?
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         La démocratisation de l’enseignement supérieur, objectif affiché par tous, devrait comprendre à la fois ouverture sociale et attention aux réalités du monde du travail. Cette dernière dimension est absente des choix des gouvernements qui n’entendent que les arguments du patronat en matière de dérégulation (déconnexion des diplômes et des emplois), sa faveur pour les filières sélectives (Ecoles d’ingénieurs et de commerce) et leur souhait de façonner des salariés conformes. Aujourd’hui la démocratisation recule.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         On mesure déjà les dégâts dans la formation des enseignants du premier degré qui globalement maîtrisent peu les enjeux et les concepts des sciences. Car la loi Fioraso affaiblit - au sein du post-bac - les universités d’une manière inédite. Moins d’universités tel est l’objectif. Mais aussi des établissements désormais tenus en laissepar les exécutifs politiques régionaux qui fixeront les priorités scientifiques (avec horizon très court) et pèseront sur les regroupements pédagogiques et leur implantation géographique. Ce moins d’universités ne porte pas tant sur les structures universitaires qui, chacun l’accorde, peuvent évoluer, que sur la logique collégiale et cohérente de l’enseignement supérieur, sa temporalité longue que les nouvelles règles entendent dissoudre.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Le maintien, l’amplification même, dans la nouvelle loi Fioraso, d’inégalités considérables dans la reconnaissance par l’Etat des formations post-bac est un très mauvais signal d’autant que les classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) et les sections de techniciens supérieurs (STS) restent en dehors des compétences du ministère de l’Enseignement supérieur. Est ainsi créé un système illisible qui confie tantôt à la puissance publique tantôt à des agences d’accréditation, le rôle essentiel d’évaluation des formations. Un tel dispositif fige des hiérarchies aux critères opaques et affaiblit les formations publiques. C’est la même logique qui tend à multiplier les enseignements dits internationaux dont la spécificité est plus dans les coûts d’inscription élevés que dans l’usage d’une langue étrangère lors de certains cours.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Du long mouvement de grève universitaire de 2009 qui a soudé une très grande part de la communauté des enseignants-chercheurs autour de ses missions et son statut national qu’elle a réussi pour l’essentiel à préserver, le PS n’a voulu voir que du corporatisme. Il vient donc d’échouer à prendre appui sur une dynamique qui ne demandait qu’une impulsion limitée, ignorant les précédents historiques de la Libération (pour la France) ou de pays comme la Chine, l’Inde où les communautés scientifiques ont assumé une fonction citoyenne majeure. Aveugle aux exigences critiques de la recherche et des savoirs qui lui sont liés le pouvoir actuel fait le choix du court terme avec le dérisoire leitmotiv "innovation transfert".
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
          
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         C'est en portant haut les attentes individuelles et, par leur somme collective, des exigences citoyennes mêlant les générations que peut se reconstruire un fort système public de recherche et de formation. Ce que la loi n'a pas fait...ne doit pas être hors d'atteinte.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
&lt;/div&gt;</content:encoded>
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      <pubDate>Sat, 21 Sep 2013 08:55:32 GMT</pubDate>
      <guid>https://www.snesup-tours.fr/rentree-2013-la-loi-fioraso-amplifie-les-dysfonctionnements-liberation-fr-20septembre-2013</guid>
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      </media:content>
    </item>
    <item>
      <title>Non à la loi Fioraso : analyse du projet de loi</title>
      <link>https://www.snesup-tours.fr/non-a-la-loi-fioraso-analyse-du-projet-de-loi</link>
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      <content:encoded>&lt;h3&gt;&#xD;
  
         Février 2013 : un projet de loi qui contourne les exigences du service public. Analyse
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
&lt;/h3&gt;&#xD;
&lt;div data-rss-type="text"&gt;&#xD;
  
         Pas cette politique...pas cette loi
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         La discussion à l’Assemblée Nationale  s’achève  autour du projet de loi Fioraso qui modifie les missions d’enseignement et de recherche et l’organisation des établissements d’enseignement supérieur.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Avec  la crise économique et le chômage qui malmènent notre pays, la fonction des établissements d’enseignement (et pas seulement dans le supérieur) face aux questions d’emploi  est une préoccupation. Toutefois cette « entrée » repeinte sous les traits de l’innovation par la ministre est bien trop réductrice et prend le risque d’une vision utilitariste de l’enseignement supérieur et de la recherche. Si cette conception sort malheureusement renforcée –plus encore qu’avec la loi LRU présentée par V. Pécresse – le réel a forcé la porte par le biais de quelques amendements pour limiter l’abus dans le champ des stages et pour la reconnaissance   du doctorat.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Le gouvernement n’a pas voulu rompre avec les travers majeurs des choix politiques de ses prédécesseurs.  La gestion de la masse salariale des emplois statutaires reste confiée aux établissements et contribue  à les appauvrir sans que des engagements pluriannuels de budgets, de recrutements et de titularisations, pourtant jugés par tous incontournables, soient pris.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Avançant la fonction stratégique de l’Etat dans les discours, on peine à en trouver la trace, voire même celle d’un engagement international   dans le texte de loi. Au contraire  de donner dans cette perspective de réels pouvoirs à des instances de régulation nationale légitimées par un mode largement électif de désignation (le CNESER par exemple) la loi conforte et amplifie la régionalisation. Que les Régions se voient confier une possibilité d'arbitrage entre les composantes universitaires – plus généralement post bac publiques ou privées - sur le plan des filières de formation (et de leur localisation) comme sur les thématiques de recherche est le contraire des convergences peu nombreuses manifestées lors des Assises.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         La dualité  de notre système d’enseignement supérieur devenu bien plus symptomatique en matière de réseaux d’accès à l’emploi qu’en matière de contenus de formation est renforcée par un dispositif qui dévalorise comme jamais les filières universitaires. L’occasion est ratée d’un réel rapprochement des voies du post-bac par exemple via le rattachement budgétaire des crédits des CPGE et STS au MESR. Cette  évolution aurait donné à ce texte de loi une portée de long terme très significative.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         La loi  de 2007 (LRU) a bouleversé la dimension pluraliste collégiale du fonctionnement des établissements au profit d’une logique de management entrepreneurial. L’immense majorité des personnels universitaires – réduits à des rouages du système – n’est plus en capacité de jouer son rôle dans le processus intellectuel qu’est la démarche universitaire. Le rôle d’échelon démocratique et collégial de base assumé par les « facultés » ou « UFR » ne sort malheureusement pas renforcé alors qu’il permettrait de traiter au plus près des personnels et des étudiants les questions pédagogiques et scientifiques qui les concernent. Pire la logique de concentration-fusion qui vise à la formation de mastodontes universitaires est présentée comme inéluctable. Si le classement de Shanghai, cher à la droite, est abandonné à son  ridicule, le « big is beautiful »  est  doublement asséné en v.o. et dans la loi !
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         En 2007, peu avant le vote par l’assemblée de la loi LRU, François Hollande,1er secrétaire du PS attentif aux arguments du SNESUP, avait indiqué que son parti e tles élus PS pourraient "glisser d'une position d'abstention critique -initialement envisagée- à un vote négatif". (11/07/2007).
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Et maintenant ?
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
&lt;/div&gt;</content:encoded>
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      <pubDate>Wed, 20 Feb 2013 10:06:06 GMT</pubDate>
      <guid>https://www.snesup-tours.fr/non-a-la-loi-fioraso-analyse-du-projet-de-loi</guid>
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      </media:content>
    </item>
    <item>
      <title>Renover et unifier l'enseignement supérieur. Dans l'Humanité du 7 septembre 2012</title>
      <link>https://www.snesup-tours.fr/renover-et-unifier-l-enseignement-superieur-dans-l-humanite-du-7-septembre-2012</link>
      <description />
      <content:encoded>&lt;h3&gt;&#xD;
  
         TRIBUNE :Comment redonner confiance aux étudiants ?
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Par le  DIRECTEUR DE LA FACULTÉ DES SCIENCES ET TECHNIQUES DE TOURS, ANCIEN SECRÉTAIRE GéNéRAL DU SNESUP-FSU.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
&lt;/h3&gt;&#xD;
&lt;div data-rss-type="text"&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Dans l'Humanité
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Après le bac, il faut rénover et unifier l’enseignement supérieur
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         7 Septembre, 2012
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         La rentrée scolaire précède de moins en moins la rentrée universitaire : étudiants des IUT, des BTS, des classes préparatoires, mais aussi l’essentiel des cursus de licence, dans la quasi-totalité des universités, comme les écoles d’ingénieurs reprennent dès le début septembre le chemin des cours. On peut y voir un double signe : d’une part, la distinction entre le secondaire et le supérieur s’estompe et, au sein de l’ensemble du post-bac, les différences entre les filières tendent à se réduire.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         À y regarder de près, cela interroge sérieusement.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Si l’idée d’une continuité entre les cycles d’études qui adosse les enseignements nouveaux sur les connaissances antérieures stabilisées est partagée, il est moins sûr qu’il en soit de même quant aux objectifs, aux contenus, aux méthodes… et donc aux rythmes. Avec des universitaires formés à des pratiques pédagogiques diversifiées et pertinentes – ce qui devrait être de plus en plus le cas –, il est pourtant bien plus stimulant pour les jeunes adultes, titulaires du sésame qu’est le baccalauréat, d’aborder leur poursuite d’études dans un contexte réellement nouveau. La nouveauté objective des études et la conscience de celle-ci fondent largement l’engouement pour celles-là et sont un aspect décisif du succès. Cet aspect plaide, puisque le nouveau gouvernement organise des assises sur les universités et la recherche, pour une prise en compte globale du post-bac.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Toutefois, au lieu de ne prendre en compte que la dimension des rythmes (voire des modalités de validation et de cumul de crédits ECTS dans les cursus), il serait judicieux de prendre à bras-le-corps la question des structures. Le système d’enseignement supérieur français ne peut progresser dans le domaine de son efficacité globale qu’en faisant un sort aux inégalités sociales qui le minent et qui, pour beaucoup, recoupent les différences de filières. Sur ce plan, l’intégration progressive, au sein du seul ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, de l’ensemble des cursus serait un pas significatif et contribuerait paradoxalement à la reconnaissance de la diversité des voies, des objectifs de connaissances et de professionnalisation.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Sur ce dernier plan, les multiples voix des étudiants entendues le disent toutes (et on les comprend !) : ce qui pèse le plus sur l’engagement dans les études, c’est la crainte de la vanité des efforts fournis, crainte d’un diplôme sans effet sur le marché du travail (même s’il est vrai que les menaces de chômage affectent moins les diplômés que les autres). Ainsi, il n’est pas possible d’atteindre une significative évolution de notre système d’enseignement supérieur sans remédier aux délocalisations industrielles et à l’arbitraire dans les rémunérations des salariés, et à la non-reconnaissance objective des diplômes.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         D’autant que ce contexte engage des évolutions qui portent sur des temps moyens ou longs. La désaffection des lycéens, puis plus encore des étudiants en France (c’est assez différent dans de nombreux autres pays) dans leur choix d’études scientifiques et techniques (aggravée encore par les déséquilibres garçons-filles), ne se corrigera que lentement. Il s’agit donc de s’engager au plus vite dans cette voie qui rapproche au sein du monde universitaire, en favorisant toutes les passerelles, toutes les filières scientifiques et techniques. En la matière, le quasi-monopole qu’a exercé, depuis les années 1930, le patronat, via la Commission des titres d’ingénieur (CTI), sur la définition des formations d’ingénieurs n’a plus lieu d’être ; il est un frein au renouveau par son conformisme aux logiques économiques dominantes. La suppression de la CTI réaliserait une économie substantielle et alignerait, comme dans la plupart des pays, ces formations sur un monde universitaire renouvelé, fortement associé aux recherches des laboratoires.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Ce qui devrait fonder toutes les formations de l’enseignement supérieur est bien dans l’articulation forte entre recherche et enseignement dans toutes les structures et partout en France, rompant ainsi avec les choix sarkozystes privilégiant un tout petit nombre de sites dits d’excellence. Un tel lien qui se cristallise en premier lieu dans les pratiques des enseignants-chercheurs, dont le travail doit être facilité, reconnu sans suspicion, est l’une des clefs les plus stimulantes pour les étudiants. En outre, la dynamique de consolidation de l’emploi scientifique de haut niveau qu’il appelle (chercheurs, enseignants-chercheurs sur postes stables), concourt à tous ces objectifs.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         À tous ceux qui vont arriver ces jours-ci dans les amphithéâtres un peu fragilisés par la nouveauté, il nous revient d’envoyer un clair message de confiance : les universitaires s’y emploient, le ministère doit se défaire de son immobilisme.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Comment redonner confiance aux étudiants ?
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Après le bac, il faut rénover et unifier l’enseignement supérieur
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         JEAN FABBRI,
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;a href="http://www.humanite.fr/tribunes/apres-le-bac-il-faut-renover-et-unifier-l%E2%80%99enseignement-superieur-503456"&gt;&#xD;
    
          http://www.humanite.fr/tribunes/apres-le-bac-il-faut-renover-et-unifier-l%E2%80%99enseignement-superieur-503456
          &#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;/a&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
&lt;/div&gt;</content:encoded>
      <enclosure url="https://cdn.website-editor.net/f564cb2f032c41d2aea31673308e4e21/dms3rep/multi/l-huanit%C3%A9.png" length="3410" type="image/png" />
      <pubDate>Fri, 07 Sep 2012 09:15:30 GMT</pubDate>
      <guid>https://www.snesup-tours.fr/renover-et-unifier-l-enseignement-superieur-dans-l-humanite-du-7-septembre-2012</guid>
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      </media:content>
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        <media:description>main image</media:description>
      </media:content>
    </item>
    <item>
      <title>Analyse des élections universitaires de 2012</title>
      <link>https://www.snesup-tours.fr/analyse-des-elections-universitaires-de-2012</link>
      <description />
      <content:encoded>&lt;h3&gt;&#xD;
  
         Bilan du renouvellement 2012 des conseils centraux des universités en France (paru dan le mensuel du SNESUP)
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
&lt;/h3&gt;&#xD;
&lt;div data-rss-type="text"&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Bilan des élections universitaires 2012
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Profondément modifiés dans leurs fonctions, et dans son mode d’élection et sa composition pour le Conseil d’Administration, les conseils centraux des universités ont tous (ou presque) été renouvelés dans les 5 derniers mois.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         L’examen attentif des premiers scrutins de ce type[i], après les exceptionnelles mobilisations du printemps 2009, montre un paysage beaucoup plus contrasté que ne laissaient entrevoir les AG et cortèges de ce fort moment revendicatif. Les enseignants-chercheurs seuls, ou mêlés à d’autres universitaires, ont depuis 2009 été consultés à plusieurs reprises, mais les taux de participation (28% au CTPU en 2010, 50% pour le CNU[ii] en 2011) pèsent moins que les plus de 70%  (en moyenne) dans les élections « locales » récentes. Le caractère représentatif des votes fournit donc un état des lieux  incontestable.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Mettant de côté l’élection du président de l’université par le CA dans un cadre de très forte distorsion de sa composition du fait de la loi LRU, nous examinerons le nombre, la composition et les scores des listes construites autour d’une plateforme globale[iii] pour l’établissement.
          &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Les résultats des listes construites avec ou sans étiquettes syndicales en portant la critique radicale de la loi LRU et de ses déclinaisons statutaires et budgétaires sont, sauf exceptions (Le Mans, Poitiers, Toulouse, Reims, Grenoble, Montpellier 3, Paris 1, Paris 8 et Paris 10), stables ou en retrait sur 2008.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Dans plusieurs universités, la dichotomie des résultats entre les collèges A et B du CA, qui existait en 2008 et avait conduit le SNESUP et ses colistiers à une présence conséquente dans les instances a cessé : ainsi à Dijon, Créteil, Orléans, Paris 6, Marseille (dans un contexte post fusion), le nombre d’élus syndicaux régresse brutalement (effet de la prime majoritaire).
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Comme il y a 4 ans, mais dans une moindre mesure, les syndiqués SNESUP ne se retrouvent  malheureusement pas tous sur les mêmes listes. Paris 4, Paris 13, Angers, Rouen, La Réunion, d’autres, témoignent des difficultés à faire vivre, discuter et adopter des positions communes et fortes au sein des sections syndicales. Les périmètres des listes de rassemblement auxquelles participent (le plus souvent en étant à l’initiative) les militants de notre syndicat, sont là aussi très variés. D’un arc syndical très large (Poitiers), à des oppositions où le SGEN (Rennes 2), l’UNSA (Paris 11, Orléans) jouent contre les candidats SNESUP, les configurations sont des plus variées et tendent à obscurcir les enjeux en les déconnectant des analyses sur les dimensions nationales des difficultés de l’enseignement supérieur et de la recherche. Le SNESUP est la seule organisation syndicale à afficher sa présence dans tous les scrutins et à obtenir presque partout au moins un élu.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Les conseils centraux où sont représentés toutes les catégories de personnels et les étudiants font apparaître d’autres lignes de clivages. Les combinaisons  d’alliances syndicales chez les BIATSS sont très variées. La présence FSU (SNASUB et UNATOS) dans ces scrutins est assez faible. Si l’UNEF est, comme le SNESUP, présente partout, ses résultats sont très inégaux, largement devancés par ceux des listes corpo. Cet aspect contribue parfois à l’inversion des majorités relatives obtenues par des listes des deux collèges enseignants (Orsay). Comme nous l’avions souligné dès le projet de loi en 2007, l’obligation de représenter chacun des secteurs de formation pour les listes au CA, conduit à accorder un rôle d’arbitre a priori aux corporations médicales et juridiques. Les difficultés pour composer les listes syndicales en particulier dans le collège des professeurs d’université, là où existe un secteur santé, ont été considérables (Paris 12, Tours, Nantes, Dijon …)  et cette surreprésentation des milieux de la santé conduit à une augmentation du nombre de présidents PU-PH passés de 7 à 21 à la tête des universités en 4 ans, ce qui se retrouve au plus haut niveau : L Collet, de la CPU à la direction du cabinet de la ministre par exemple.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Il ne sert à rien de travestir la réalité du moment même si nous travaillons pour la modifier en profondeur. Un certain nombre d’universitaires pris dans une cascade de bouleversements qui affectent, et pour l’essentiel dégradent, la recherche, les contenus pédagogiques et les structures même de l’enseignement supérieur, se sont réfugiés dans une forme d’attentisme en confortant le plus souvent les présidents qui se représentaient. Faire revivre la collégialité démocratique et insuffler un profond renouveau n’attend pas !
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
          
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         [i] La première vague de ces scrutins dans le cadre de la loi LRU s’est tenue entre décembre 2007 et juin 2008
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         [ii] Au CNU les listes « non syndicales » sont données à  40% par le ministère dans un décompte savamment biaisé, une étude plus fine et moins à charge, les crédite de 35% soit légèrement plus que les listes SNESUP et d’union syndicale incluant le SNESUP.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         [iii] Le plus souvent pour les 3 conseils ou au moins deux d’entre eux CA et CEVU
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
&lt;/div&gt;</content:encoded>
      <pubDate>Thu, 05 Jul 2012 09:24:59 GMT</pubDate>
      <guid>https://www.snesup-tours.fr/analyse-des-elections-universitaires-de-2012</guid>
      <g-custom:tags type="string" />
    </item>
    <item>
      <title>Universités : une politique alternative est vitale  - Médiapart 7octobre 2011</title>
      <link>https://www.snesup-tours.fr/universites-une-politique-alternative-est-vitale</link>
      <description />
      <content:encoded>&lt;div data-rss-type="text"&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    &lt;a href="https://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/071011/universites-une-politique-alternative-est-vital"&gt;&#xD;
      
           https://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/071011/universites-une-politique-alternative-est-vital
          &#xD;
    &lt;/a&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          Jean Fabbri, ancien secrétaire général du Syndicat national de l'enseignement supérieur (2005-2009), mathématicien, dresse le bilan –mauvais– de la loi LRU, votée en 2007. Il expose ici cinq propositions «pour un changement».
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         «Effacer Mai 68», tel fut le leitmotiv de Jacques Attali, Alain Finkielkraut et Luc Ferry, inspirateurs du candidat Nicolas Sarkozy dès 2005 (1) et des lignes de force de la loi Libertés et Responsabilités des Universités (LRU) votée en août 2007, en même temps que le paquet fiscal (loi Tepa). Il y a bien en effet une spécificité française à des évolutions mondiales qui concernent l'enseignement supérieur et la recherche.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Pour ceux qui sont arrivés au pouvoir en 2007, les enjeux idéologiques se mêlaient étroitement aux affichages économiques, dessinant une vision utilitaire des savoirs comme de la culture. Recherche et enseignement supérieur ont donc été sommés de se conformer davantage encore à une exigence de rentabilité rapide, tant côté des découvertes, qui ne deviennent profits que lorsqu'elles passent en innovations, que du côté de la formation, censée ne viser qu'à une insertion professionnelle rapide. Pour comprendre ce qui se produit en France dans l'ensemble de l'enseignement supérieur, il faut élargir la focale hors du monde académique et hors de nos frontières.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Les mondes universitaires sous l'angle international
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Chaque phase d'émancipation politique ou de bond économique s'est accompagnée d'un élan universitaire: édification des universités en Afrique de l'Ouest lors des indépendances des années 60, formidable accroissement des activités scientifiques en Chine dans les quinze dernières années, accès élargi aux savoirs dans tous les pays du Maghreb dont la jeunesse étonne par sa détermination.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Moins connus que les palmarès et classements universitaires mondiaux, le plus souvent d'initiative privée, qui se sont multipliés ces dernières années, un aperçu politique de l'enseignement supérieur mondial apparaît dans les travaux coordonnés par des institutions internationales. Ceux-ci explicitent d'intéressants principes (2) et donnent de bonnes nouvelles, telles l'augmentation de la part d'une génération poursuivant des études supérieures: monde entier de 19 à 25%, Europe de l'ouest et USA de 63 à 71%, Europe centrale et orientale de 41 à 62%, Asie orientale et Pacifique de 15 à 25% (entre 1998 et 2007). Les formations privées –et payantes– qui étendent leur place partout (Afrique, Amérique latine, pays d'Europe de l'Est...) avec des contenus allégés tempèrent certes cet optimisme. La question universitaire croise donc tous les aspects de la mondialisation. Celle de la science avec laquelle elle est liée n'est pas contestable, c'est le quotidien de l'activité des chercheurs connectés (via Internet en particulier) à leur communauté au cœur des disciplines, indifférents aux frontières nationales. Mais la logique libérale de la mondialisation –«économie d'échelle», concentration de capitaux (qui porte ici le nom de masse critique de chercheurs)– est-elle vraiment la plus pertinente dans le domaine de la formation comme de la recherche (4)?
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         En Europe, en matière de formations supérieures, le processus de Bologne des années 90, désormais intégré aux orientations de l'Union européenne, est encore présenté comme une logique d'harmonisation des diplômes. Pourtant, partout les traditions nationales prévalent et s'est juste superposée une logique administrative simplifiée pour les étudiants bénéficiaires d'échanges internationaux dans un paysage contrasté : l'Allemagne ouvrant largement ses frontières aux étudiants d'Europe de l'Est, en France le durcissement des critères de visa étant un frein. Mais c'est côté enseignants-chercheurs que le constat européen est le plus homogène: précarité des débuts de carrières.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Le prétendu modèle des «universités d'excellence» propagé par les classements internationaux, le battage médiatique autour de ces hiérarchies qui drainent des financements importants et des flux d'étudiants perturbent les pays émergents (5) et dans une moindre mesure des pays d'Europe de l'Est. Ces procédés classant contestés ont des effets aussi délétères en France où, pour se hisser dans le classement, des regroupements à marche forcée du type Aix-Marseille université, Bordeaux université... s'opèrent sous les yeux, en juillet 2011, à la demande du ministère (6) d'une délégation d'«experts de Shanghai» (7).
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         En France
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Quand le gouvernement met en œuvre successivement une loi (2007), un «plan campus» (2008), puis les «initiatives d'excellence» (Idex, 2010) concentrant sur quelques sites universitaires des financements annoncés comme conséquents (même si le dispositif Partenariat Public Privé, au lieu d'être un financement réel, est une rente pour les groupes du BTP), on croit discerner un volontarisme au service d'une ambition collective, mais se lit en creux le sacrifice de toutes les universités qui n'en bénéficient pas (8). Le campus de Saclay est emblématique de cette démarche. L'opération, décidée à l'Elysée, qui vise à déplacer et à regrouper en banlieue parisienne un ensemble de laboratoires publics et privés et de formations et écoles, s'inscrit dans l'aménagement du Grand Paris et la relance du BTP. Au niveau des régions –et c'est nouveau–, les préfets apportent leur concours zélé aux recteurs pour contraindre les universités aux concentrations et fusions rapides.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         L'absence de régulation scientifique dans ces dispositifs technocratiques (9) et discrétionnaires fait peser le plus lourd des dangers: le conformisme scientifique. L'éventail des thématiques de recherche s'est réduit depuis que les laboratoires passent leur temps à concourir pour des financements des régions, de l'Agence nationale de la recherche, des projets européens. La loi LRU conduit à fabriquer une pseudo identité pour chaque université, d'une couleur scientifique réputée la faire briller au détriment des autres: à côté, ce choix de créneaux scientifiques produit des pôles thématiques flous, dans lesquels tout ce qui reste de la recherche est réputé entrer ou bien est sacrifié, et l'équilibre recherche collective/individuelle (cette dimension étant importante en sciences humaines et sociales) est rompu.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Les implantations d'équipements scientifiques, celles de campus universitaires, avaient contribué jusqu'ici tant à la mobilisation sur de très larges champs thématiques d'une communauté de chercheurs qui s'agrandissait qu'à des avancées de démocratisation puis de massification de l'enseignement supérieur dans une forme d'équité géographique. Changement de cap en 2006: sous l'acronyme PRES (Pôle de recherche et d'enseignement supérieur), une loi (10) a engagé un processus conditionnant le soutien budgétaire de l'Etat et le maintien des structures de recherche et de formations les plus élevées (masters, thèses) à la constitution de regroupements dans lesquels les régions se sont trouvées impliquées bien au-delà des compétences dévolues par les lois de décentralisation et d'une réelle capacité d'expertise. L'opération Idex est venue accélérer une recomposition dont le rythme était jugé trop lent par les intérêts économiques qui fixent aujourd'hui les priorités de l'action publique (voir la RGPP). La logique d'hyperconcentration des financements sur un petit nombre de thématiques scientifiques et de sites universitaires qui ressort au début de l'été 2011 dessine ainsi un paysage bouleversé: 5 grands campus au mieux, une dizaine de sites secondaires… et une très large partie du pays où l'Etat n'apporte plus qu'un soutien limité. Ainsi, dans le même mouvement où le pouvoir politique a mis en avant le terme d'autonomie dans l'argumentaire de la loi LRU, sa pratique relève d'un pilotage de plus en plus direct, cassant le rôle régulateur de l'Etat. Qui va financer la recherche fondamentale et les disciplines sans valorisation technologique? L'élaboration d'une politique alternative est vitale
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Les missions de formation
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         La durée et le coût des études, mis en regard du moment d'entrée dans la vie active et du salaire, tendent à faire oublier tous les autres enjeux de la formation des nouvelles générations. La multiplication imposée des stages (voire de l'apprentissage), dans des conditions où ceux-ci sont trop peu intégrés et cohérents avec les cursus, aggrave la vision utilitariste. La primauté accordée aux «compétences» sur les savoirs, dans la réécriture à l'été 2011 des arrêtés organisant les trois premières années universitaires (le cycle licence), est une régression inédite. S'ajoute à celle-ci le refus de donner un cadre strict à la répartition des formes d'enseignement (cours/TD/TP) lorsqu'on sait que les effectifs réduits favorisent les échanges et les questionnements. Quant au lien structurel entre recherche et enseignement, qui est la singularité de l'enseignement universitaire, il tend à être gommé au sein de parcours étudiants de plus en plus individualisés et atomisés. Cette fragilisation de la cohérence des cursus a des effets sur certaines disciplines (philosophie, allemand, italien…) dont l'existence est menacée dans nombre d'universités, comme sur la dimension égalitaire du traitement sur le territoire national de l'ensemble des étudiants. Cela altère la valeur nationale des diplômes.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Direction des universités: une conception féodale?
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         La loi LRU a marqué un coup d'arrêt d'une évolution actée par les lois Faure (post-68) et Savary (post-81) dans la démocratisation universitaire. Elle réactive des pratiques mandarinales vivaces, sclérosant tant les champs scientifiques que la vie collective. Les thèmes idéologiques de l'efficacité, du volontarisme managérial –à l'image de la figure «présidentielle» tant rebattue (bien au-delà des partis de droite)– ont préparé le terrain. Certes, les présidents sont élus par les conseils d'administration (CA), mais ceux-ci sont des chambres d'enregistrement (11), une fois l'élection du président effectuée, tant les déséquilibres (en particulier en faveur du patronat) sont considérables, loin d'«ouvrir l'enseignement supérieur sur le monde réel» (11). Même si des représentants des collectivités locales siègent dans les CA, tout se joue ailleurs et sans débat. Les exécutifs régionaux (Centre, Paca, Languedoc…) imposent leurs vues: modalités, rythme et contours des fusions et des priorités scientifiques. On aurait pu croire que les élus des collectivités territoriales, pour l'essentiel issus du PS, expriment au sein des universités des positions globales et locales cohérentes avec le vote d'opposition des parlementaires de toute la gauche (PC-PS-Verts) sur la loi LRU. Il n'en a rien été: questionnés par nos soins, les responsables au PS des questions universitaires ont reconnu n'avoir jamais été en capacité de rendre cohérentes (13) et solidaires des personnels les prises de position sur ces enjeux.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Avec le transfert de la masse salariale et de la gestion des personnels par l'adoption des Responsabilités et compétences élargies (RCE), les dirigeants des établissements d'enseignement supérieur ont acquis un statut patronal, voire plus: un président, Jean-Claude Colliard, le dit sans mystère: «Ici à Paris 1, les personnels n'étaient pas très favorables à la loi LRU. Elle existe, il faut vivre avec, et nous avons adopté une charte destinée à prémunir l'université des dérives possibles que contiennent cette loi, notamment concernant le pouvoir féodal du président.» (4). Dans le contexte actuel, ce pouvoir se calque sur le modèle dominant: augmentation considérable des emplois non statutaires (+30% en 3 ans), logique de salaire dit «au mérite» et de primes, extrêmement discriminatoires, qui sert avant tout à asseoir le pouvoir local. Par-delà les tempéraments individuels, la figure de président d'université se mue en président-manager. Comme ailleurs, un dirigisme tatillon appuyé sur des «indicateurs» abscons (15) nourrit au sein des universités une envahissante technostructure interne ou externalisée vers des sociétés d'audit, de conseils et de service (16).
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Pour un changement
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Quelques balises devraient guider ceux qui souhaitent, en rupture avec la situation actuelle, œuvrer pour un enseignement supérieur français apportant sa contribution aux évolutions démocratiques de la société dans un cadre international ouvert.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         1) Différence assumée avec l'enseignement secondaire
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         C'est une des clefs pour motiver les nouveaux étudiants dans une transition progressive qui s'appuie sur leurs acquis et stimule leur curiosité. Le lien recherche-formation ne doit-il pas être affirmé comme une spécificité incontournable du post-bac? L'enjeu n'est pas mince: recrutement d'enseignants-chercheurs, refus de sélection pour l'accès au master, il interroge aussi les modalités construites en marge du monde académique: université de tous les savoirs, comme universités populaires, brassage des générations… C'est sous l'angle de cette différence que la convergence des filières «prépas-Ecoles» et universitaires prend sens.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         2) Indépendance de l'expertise
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         La question vient en force après les drames des industries du médicament, ceux liés aux OGM, au nucléaire comme les impasses économiques et financières largement imprévues par le monde académique. Il est bien de la responsabilité de l'Etat d'assurer l'existence de pharmaciens, médecins, chimistes, spécialistes de la physique nucléaire et des matériaux… indépendants des industries et lobbies économiques qui parasitent ces secteurs. La clef est le financement d'une recherche scientifique publique puissante et d'enseignements lucides sur les enjeux sociaux, environnementaux et éthiques que porte seul le service public.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         3) Reconnaissance sociale et culturelle
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Les qualifications et les diplômes universitaires nationaux du service public doivent peser dans l'accès à l'emploi, dans les salaires comme sur la nature du travail et déborder aussi sur la vie sociale et culturelle.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         4) Coopération et émulation
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Ces deux principes de l'élaboration des savoirs doivent prévaloir dans l'organisation du supérieur et la répartition équitable des moyens qui implique le soutien au pluralisme scientifique, aux régions excentrées et aux étudiants. La collégialité fondée sur l'élection de conseils représentatifs pluralistes ouverts sur l'ensemble de la société est la clef tant de la direction des universités que de leur régulation nationale et internationale.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         5) Nouvelles technologies maîtrisées
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Si l'Internet a rendu possibles (et nombreuses!) des formations entièrement «à distance», en France comme à l'étranger, dans lesquelles Etats comme étudiants y voient avantages (pour les uns les coûts réduits en locaux et personnels, pour les autres une temporalité choisie), il faut limiter ces dévoiements et mettre ces moyens technologiques au service de la vitalité et de la richesse des échanges humains collectifs.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
          
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         (1) Article de N. Sarkozy sur la recherche et les universités dans le journal Le Monde en date du 21 septembre 2005.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         (2) 2009 World Conference on Higher Education, 5 - 8 July 2009 Paris : Higher Education as a public good is the responsibility of all stakeholders, especially governments. Faced with the complexity of current and future global challenges, higher education has the social responsibility to advance our understanding of multifaceted issues, which involve social, economic, scientific and cultural dimensions and our ability to respond to them.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         (3) Voir le triplement des frais d'inscription en Grande-Bretagne décidé pour la rentrée 2011.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         (4) Pour la recherche c'est vrai pour de gros équipements, télescopes, accélérateurs de particules, réalisés en coopération.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         (5)Souligné par nombre de représentants lors du sommet de l'UNESCO de 2009.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         (6) Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         (7) Le classement dit de Shanghai est le plus connu des palmarès universitaires depuis 2003.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         (8) Dans le jargon du MESR, « qui n'ont pas été sélectionné après les appels d'offres ».
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         (9) Le jury des Idex mis en place par Valérie Pécresse et son successeur Laurent Wauquiez en est une caricature.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         (10) Loi appelée « pacte recherche » qui prétend s'inspirer des Etats Généraux organisés par la communauté scientifique dans un cadre de lutte à Grenoble en octobre 2005.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         (11) Une large prime majoritaire (analogue au scrutin municipal) marginalise les listes minoritaires d'enseignants.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         (12) Argument de Valérie Pécresse lors de la discussion parlementaire en juillet 2007.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         (13) Absence de cohérence qui ne tient pas qu'à des problèmes d'organisation entre la périphérie et les instances nationales du PS comme on s'en doute.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         (14) Septembre 2010, dans le mensuel du Snesup, c'est nous qui soulignons.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         (15) Au niveau parlementaire avec la Lolf, à celui du MESR, ces indicateurs n'ont fait l'objet d'aucune concertation et le biais qu'ils induisent n'est jamais pris en compte. Ainsi le taux de réussite à un examen, s'il doit permettre d'augmenter une dotation budgétaire, peut aisément être amélioré par une politique sélective.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         (16) La certification des comptes est une opération rendue obligatoire par la loi et passe par ce type de société.
          &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
&lt;/div&gt;</content:encoded>
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      <pubDate>Fri, 07 Oct 2011 09:33:51 GMT</pubDate>
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    <item>
      <title>Seminaire de l'EHESS "Politique des  Sciences"  juin 2010</title>
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      <description />
      <content:encoded>&lt;h3&gt;&#xD;
  
         Séminaire de l'EHESS consacré au Service public
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
&lt;/h3&gt;&#xD;
&lt;div data-rss-type="text"&gt;&#xD;
  
          Intervention au séminaire "Politique des Sciences" de l'EHESS en juin 2010
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         J’aimerais rebondir sur la question du service public et sur un certain nombre de points pour dépasser la situation et les constats. Je ferai une très courte analyse et des propositions en six points.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Analyse brève d’abord car ce qui nous réunit a été dit dans quasiment toutes les séances : c’est évidemment la contestation de la loi LRU, de ses décrets, du Pacte Recherche et de la logique du Grand emprunt qui déstabilise considérablement l’enseignement supérieur et la recherche. Lorsqu'on s’interroge pour savoir où sont les aspects positifs des choix du gouvernement -c’est une interrogation légitime-  on observe que du côté des enseignants-chercheurs et des chercheurs, le bilan est nul, du côté des étudiants aussi, ou si peu, et de même du côté de la société. Il s’impose donc de dénoncer avec force la logique de concurrence, de concentration, d’élitisme et de recul du service public. Mais évidemment, tout cela n’est pas suffisant. Et je crois qu’il nous faut essayer de dessiner, et chacun a essayé plus ou moins de le faire dans ses interventions au sein de ce séminaire, des lignes de résistance et des projets dans le cadre inédit d’une société plus lourdement ébranlée par la crise que jamais. C’est une donnée qui nous interdit tout retour en arrière. De ce point de vue, les luttes doivent être offensives et solidaires. Et je crois que ce qui nous réunit ici,  nous les acteurs de ce type de forum, de rencontres, de manifestations, qui nous croisons un certain nombre de fois (et il n’y a pas si longtemps encore c’était sur la défense des retraites), il nous faut solidifier. Elargir et revoir sans doute le périmètre des convergences entre les forces et les individus qui sont les plus lucides sur la cohérence des attaques dans l’enseignement  supérieur et la recherche et plus largement dans les services publics est de plus en plus une exigeante priorité. Il est indispensable d’aller beaucoup plus loin que la simple juxtaposition de prises de position,  de forums, voire de sites internet. Ce que j’avais lancé il y a un peu plus d’un an, au congrès du SNESUP au moment de quitter mes fonctions de secrétaire général, pour aller vers plus de convergence entre les  deux syndicats importants de la FSU,  SNESUP et SNCS, avec les collectifs qui se sont exprimés sont nés ces derniers  temps, SLR et SLU, doit nous aider à repenser les termes de l’engagement collectif et en même temps à être plus efficaces. Sur ce plan le panorama de cette année universitaire est quelque peu décevant. D’autant que de très lourdes échéances s’annoncent.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Le renouvellement un peu partout des équipes présidentielles dans les directions des établissements d’enseignement supérieur va venir. Leur mandat est de quatre ans ; il est quasiment partout au-delà de sa moitié et il faut construire des équipes en capacité  à la fois de résister à la logique technicienne des « Responsabilités et Compétences Elargies » et de manifester la possibilité d’emprunter d’autres voies que la concurrence, de changer de cap pour les établissements en lien avec des perspectives d’un changement  plus global mais pas nécessairement de manière solidaire, parce que sinon, c’est renoncer à tout objectif de peser sur les choix.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         L’autre élément important, et les campagnes actuelles de recrutement  d’enseignants-chercheurs et de chercheurs le montrent, est d’être présent de manière solidaire dans la défense des disciplines et des  statuts. Le contexte  modifié des élections dans les sections du futur conseil national des universités (CNU) qui s’annoncent pour 2011 est un véritable enjeu. La question : service public, oui mais quels acteurs pour le service public est considérable? Elle croise la question de l’évaluation parce que les sections du CNU, pour les enseignants-chercheurs, ont maintenant pour triple  vocation, outre les qualifications, l’évaluation – ce qui est nouveau - et toujours les promotions. Il me semble qu’il nous faut expliquer les menaces que cela comporte sur le pluralisme scientifique et les disciplines. J’insiste donc sur l’enjeu du CNU.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Je pense qu’il nous faut aussi casser le discours simpliste de « l’excellence ». C’est un terme qui revient en permanence dans les discours de V. Pécresse, y compris lorsqu'elle présente le Grand emprunt et la façon dont chacun pourrait y aller chercher les moyens de son propre rayonnement. C’est une vision extrêmement réductrice de l’activité scientifique, qui soumet l’activité de recherche à la seule logique d’une hiérarchisation. Nous savons que c’est totalement contraire au pluralisme scientifique et vraiment inquiétant. Je crois que nous avons beaucoup à faire contre la caricature de l’activité scientifique. Il est significatif que cette bataille,  même si le terrain revendicatif est quelque peu affaibli,  se déplace vers le terrain juridique sur lequel un certain nombre d’organisations, comme le SNESUP, se sont  aussi  engagées.  Sont visés les comités de sélection, avec leur logique d’écran de fumée, puisque ces comités de sélection pour le recrutement des enseignants-chercheurs ne sont que les alibis les conseils d’administration restreints qui sont les véritables jurys de recrutement, sans représentation disciplinaire garantie. Cette existence  des comités de sélection peut être mise en difficulté par les recours.  C’est une très bonne chose.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Je crois qu’il faut aussi bien voir qu’à côté des enjeux disciplinaires, les aspects PRES (Pôles de Recherche et d’Enseignement Supérieur), avec l’élargissement de ces PRES à tout un tas d’institutions non publiques, en particulier des écoles de management et bien d’autres écoles privées, se dessine l’accroissement de la mainmise d’intérêts privés, pas seulement sur les formations, mais aussi sur le pilotage de champs scientifiques. Je pense p.e. au domaine la gestion, extrêmement menacé dans son pluralisme. De la même façon il faut être attentif à la transformation du Cnrs, menacé d’éclatement en agences de moyens, en se saisissant de tous les moyens ; c’est  ouvert aujourd'hui, par le vote syndical massif dans les conseils scientifiques des instituts de manière à ce que le Cnrs ne soit pas complètement vidé de son sens.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         De la même manière, et cela va dans le sens de l’appel de Robert Descimon à s’élargir, je crois qu’il nous faut  renouveler l’approche « formation », en particulier du niveau L (Licence) qui concerne plus d’un million d’étudiants en formation initiale ou continue. L’appel à dépasser ce qui est mis en avant comme singularité française, c'est à dire le dualisme filières sélectives (grandes écoles) et monde universitaire, doit nous interpeler. Je pense que nous ne devons pas laisser le monopole de ce prétendu dépassement au gouvernement et singulièrement à la ministre ou à ceux qui sont autour d’elle. La question de l’unification, sans uniformisation, de l’ensemble des filières post-bac est une vraie question dont on ne peut se dessaisir en s’intéressant seulement aux questions de statuts et de recherche. De  même, il faut certainement favoriser la mixité sociale, ce que tout le monde dit, mais sans doute aussi générationnelle, tant les nouvelles générations sont bouleversées par la crise, la difficulté à accéder à l’emploi, la difficulté à parcourir les différents obstacles des formations initiales et de la reprise d’études, des stages divers. C’est, il me semble, un enjeu considérable, de manière à faire mieux prendre en compte la formation continuée, la formation continue, les reprises d’études dans l’enseignement supérieur public et ne pas laisser le quasi monopole de ces reprises d’études, qui doivent être diplômantes et pas seulement professionnalisantes (en un seul sens patronal), à des officines privées. Cela nous invite à travailler la lisibilité des parcours et revoir aussi les modes d’habilitation des formations, tant au niveau national qu’à celui des académies. Là aussi il faut faire obstacle au développement de l’enseignement supérieur privé, qui n’est plus marginal. Cela a été signalé déjà pour la formation des enseignants des premier et second degrés où la place des officines privées devient de plus en plus importante.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Il nous faut aussi, à mon sens, être légitimement et lucidement à contre-courant de l’idée simpliste que l’entrée dans la vie active passe par la multiplication des stages à tous les niveaux : stages en collège, stages en lycée, stages en première année, de L1, de L2, de L3, un peu partout, stages sans contenu pour lesquels il n’y a aucun moyen. Cela rejoint une autre question où le monde universitaire doit, sans être donneur de leçons, disputer au  patronat, public et privé (le faire d’une manière responsable avec les organisations syndicales de salariés), la reconnaissance réelle des qualifications et des diplômes requis par les postes de travail. C’est une question fondamentale aujourd'hui : celle de l’emploi, en liaison avec la question de savoir où mènent les diplômes universitaires, à quoi correspondent les qualifications.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         L’enjeu budgétaire ne saurait être oublié. Il nous faut obtenir le redéploiement du budget de l’Etat, en particulier refuser une régionalisation du financement de la recherche et de l’enseignement supérieur, dont l’effet sur le pluralisme scientifique serait terrible, et revoir l’utilisation des sommes prévues pour le Grand Emprunt, à la fois pour un plan pluriannuel de recrutements de chercheurs, enseignants-chercheurs et personnels BIATOSS et ITRF  titulaires, par une révision à la hausse des soutiens financiers aux étudiants, et par un élargissement et un suivi bien plus cohérent des échanges internationaux. On ne peut se satisfaire d’échanges internationaux, certes où la France est redevenue « première exportatrice » d’étudiants, en quelque sorte, en Europe, mais où l’intégration des cursus et des étudiants pose problème.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Enfin, dernier point, je crois qu’il nous faut absolument revitaliser la démocratie et la collégialité. Il y a beaucoup à dire sur ce sujet et j’ai été interpelé plusieurs fois là la suite de mon intervention  précédente dans ce séminaire, sur l’individualisation forcenée à laquelle un certain nombre de présidents d’université, de directeurs de composantes poussent les collègues. Méthode qui conduit quasiment une tarification à l’acte des activités des collègues, que ce soit le suivi de stages, l’encadrement de projet… Cette logique vide complètement de sens la collégialité. Il me semble que c’est une donnée sur laquelle on ne peut rester sans agir, elle tient aussi à la question de la démocratie dans les instances nouvelles qui se dessinent autour des PRES et des instances universitaires.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
          
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
&lt;/div&gt;</content:encoded>
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      <pubDate>Wed, 16 Jun 2010 13:20:20 GMT</pubDate>
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    </item>
    <item>
      <title>"Parlons argent" mars 2010  Intervention  à l'EHESS au séminaire  PdS</title>
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      <content:encoded>&lt;h3&gt;&#xD;
  
         Séminaire "Politique des sciences" mars 2010
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
&lt;/h3&gt;&#xD;
&lt;div data-rss-type="text"&gt;&#xD;
  
          Séminaire "Politique des Sciences" à l'EHESS en mars 2010
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
          
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Dans le bref temps de cet exposé, je ne vais pas contextualiser exagérément la problématique « Parlons argent », et je renvoie bien évidemment aux séances précédentes (voir le site du séminaire), à quelques articles que j’ai publiés sur des sujets complètement au cœur de cet exposé ou sur des sujets connexes, sur le site du SNESUP (www.snesup.fr), dans L’Humanité en janvier dernier[1], dans Le Monde en avril 2009, en particulier sur la question essentielle de la création d’emplois statutaires dans l’enseignement supérieur et la recherche[2]. Sur les enjeux de la loi « Libertés et Responsabilités des Universités » de 2007 et en particulier des sciences humaines, on pourra lire ma contribution dans la Revue Européenne « Histoire &amp;amp; Société », novembre 2008.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Mon point de vue est bien sûr  celui d’un dirigeant syndical, ancien secrétaire général du SNESUP,  de 2005 jusqu’en avril dernier (par choix politique de ne pas m’installer dans ces fonctions). Au-delà, il est clair et sain de dire d’où je parle : je suis avant tout universitaire, mathématicien, maître de conférences, je suis encore le chef de file des élus SNESUP à la fois au CNESER (Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche) et au CTPU (Comité technique paritaire des personnels de statut universitaire). Je rappellerai que le CTPU a été pour partie un élément majeur de résistance au passage en force de la ministre l’année dernière lorsque le gouvernement voulait démanteler le statut des enseignants-chercheurs. Je suis en poste à Tours et j’illustrerai mon propos avec cette université, en ce qui concerne un certain nombre d’enjeux financiers, Tours étant une université pluridisciplinaire de taille moyenne.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Je vais présenter mon exposé introductif en trois parties : Les faits récents et les chiffres[3] ; une tentative d’analyse et, enfin, l’énoncé d’autres choix possibles.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Les faits récents et les chiffres
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Mieux vaut avoir en tête un certain nombre de chiffres, d’ordres de grandeur. Il importe de voir l’ensemble des chiffres et pas seulement ceux distillés par le pouvoir, qui par leur imbrication, servent à la communication du gouvernement, de la ministre en particulier et, quand il le faut, du président de la République. Pour le pouvoir actuel, il s’agit d’annoncer, d’illustrer avec des diagrammes dont les échelles ne sont jamais les mêmes, des augmentations phénoménales.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Le budget de l’enseignement supérieur et de la recherche pour 2010, c’est 29,1 milliards d’euros. Comme tous les budgets, cette somme se répartit en fonctionnement, investissement, salaires, en autorisations de programmes et crédits de paiement. Ces derniers sont, pourrait-on dire, du consistant, du solide. Ce sont nos salaires, notamment. Les autorisations d’engagement, quelquefois, sont plus floues. En particulier, depuis plusieurs années, on assiste à des annulations de crédits qui sont tout sauf négligeables (270 millions en 2008, 420 en 2009).
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Un autre chiffre : la part de la recherche et de l’enseignement supérieur dans le PIB est de 2,32% en 2008. Cela fait maintenant plus de dix ans que l’objectif de 3% est assigné aux pays d’Europe et la France l’a fait sien. Elle en est très loin, puisque de 2,40% notre pays est descendu à 2,16 avant de remonter un tout petit peu. L’objectif de 3% a été encore réaffirmé la semaine dernière, lors de la rencontre des ministres européens de l’enseignement supérieur et de la recherche[4]. Mais il s’agit plus d’une annonce que de moyens véritablement mis en œuvre pour atteindre cet objectif.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Le plan campus lancé après la loi LRU, avant le Grand emprunt, mais avec le plan de relance, représente 3,5 milliards d’euros sur plusieurs années. Cet argent est essentiellement disponible sous la forme de partenariats-public-privé (PPP). Le « Grand emprunt » pour l’enseignement supérieur, et aussi pour une toute petite partie de l’Education, c’est 11 milliards d’euros. Ce ne sont pas des crédits consommables, mais des montants placés sur les marchés financiers. Seuls les intérêts de ces placements sont censés alimenter un certain nombre d’interventions, en particulier sur le domaine immobilier, universitaire. En matière de recherche, le montant est de 8 milliards.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         En espérant un rendement de 3,5% de ces 11 milliards, cela rapporterait en gros 300 millions d’euros par an : c’est à peine la dérive annuelle d’inflation sur un budget de 29 ,1 milliards d’euros. Mais il s’agit d’un emprunt. A un moment donné, assez vite, viendra le coût de son remboursement.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Enfin, qu’est-ce que le budget des universités ? J’ai pris l’exemple de Tours. C’est une université de taille moyenne, environ 22 000 étudiants, 1000 enseignants-chercheurs, 300 enseignants, 500 personnels BIATOSS, côté personnels statutaires. Il y a aussi 400 personnels vacataires. Le budget 2009, c’est à dire avant le passage aux Responsabilités et Compétences Elargies (RCE) que la majorité du CA a voté début janvier 2010, s’élevait à 57 millions d’euros. Avec les compétences élargies, donc en intégrant la masse salariale des personnels de statut fonctionnaire, le budget passe à 206 millions d’euros. A côté, Lyon-I,  université de taille plus importante, et essentiellement scientifique, dont les engagements ne sont pas de même nature, a un budget de 357 millions d’euros.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Autre élément de débat quand il est « question d’argent », les salaires pour les enseignants-chercheurs. Le salaire net d’embauche, est de l’ordre de 1700 euros ; en fin de carrière pour un maître de conférences hors classe, il s’élève à 3550 euros ; et fin de la classe exceptionnelle d’un professeur, c’est 5000 euros (mais c’est très loin d’être le salaire de fin de carrière de la majorité des collègues eu égard, notamment, à la relative rareté de ces postes).
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Maintenant, quelques remarques.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         1°) Sur un budget d’à peu près 30 milliards d’euros, pour maintenir le « pouvoir d’achat » de ce budget, avec une inflation de l’ordre de 3%, il faut ajouter quasiment un milliard. Donc, chaque année où les ministres nous annoncent 1 milliard de plus par an, comme il y a 3% d’inflation, c’est en gros un pouvoir d’achat maintenu. Encore qu’il faille regarder de plus près car le gouvernement consacre une part croissante au Crédit Impôt Recherche.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         2°) Pour apprécier les chiffres que je viens d’évoquer, il convient d’avoir des éléments de comparaison, des ordres de grandeur. Ainsi, un porte-avion nucléaire coûte 15 milliards d’euros, un avion Rafale : 140 millions d’euros ; le « paquet fiscal 2007 », dont on parle encore, revient à 14 milliards d’euros, la réduction de la tva sur l’hôtellerie-restauration, représente 4 milliards d’euros…les profits semestriels du groupe pétrolier Total, en 2008, c’étaient 5,9 milliards au premier semestre et 6,2 au second. Les profits annuels en 2009 du groupe Sanofi-Aventis s’élèvent à 8,5 milliards d’euros, pendant que ceux de BNP-Paribas atteignent 4,7 milliards. Globalement, pour les entreprises du Cac 40, pour 2009, les profits sont de 49 milliards d’euros. Un autre élément : les bonus des traders sur la place de Paris s’élèvent en moyenne à 250 000 euros par tête.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Pour comparer les salaires de l’enseignement supérieur et de la recherche, j’ai pris pour  comparaison les salaires dans la chimie. L’éventail des salaires n’est pas très loin du nôtre : entre 30 000 et 60 000 euros en gros pour 95% des salariés de type ingénieurs/cadres. Si l’on regarde par rapport au salaire terminal annuel pour un professeur de classe exceptionnelle, j’ai déjà cité 5000 euros par mois, en multipliant par douze, vous retombez sur ce chiffre. C’est donc comparable. Quant aux revenus annuels moyens d’un médecin libéral, ils s’élèvent à 81 000 euros. De l’autre côté, le salaire mensuel moyen d’un médecin salarié, est de 3200 euros. Dans le secteur « éducatif » le salaire moyen d’un enseignant du premier et du second degré est de 2050 euros. Enfin le Smic mensuel 35 heures, c’est 1056 euros. Un autre élément d’appréciation est apporté par l’indicateur du rapport entre le salaire d’embauche d’un maître de conférences et le smic, le rapport entre ces deux salaires a décru de 2 à 1,6 et s’est stabilisé à 1,6 entre 1990 et 2010. Il y a eu une très légère reprise après les évolutions indiciaires que je mentionnerai tout à l’heure. Donc voilà pour les comparaisons nationales.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Je n’évoquerai que brièvement les comparaisons internationales pour souligner les écarts sur la part de PIB consacrée à la recherche et aux formations supérieures. D’autres pays, Chine, Inde, Corée du sud, Israël et des pays nordiques voient augmenter de manière continue et même au-delà des 3% leurs dépenses en matière de recherche et d’enseignement supérieur.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Quelques éléments d’analyse
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Les chiffres  disent le bouleversement considérable des enjeux de financement, mais interrogent plus fondamentalement sur les missions, la nature du travail universitaire et son organisation, sur la nature des rémunérations dans le supérieur et la recherche. On peut analyser qu’il y a de fait une tentative de faire sortir l’enseignement supérieur et la recherche du service public historique, tel qu’il a émergé de l’après-guerre en France ; c’est à dire avec une logique d’intérêt général, de liberté scientifique et à ces fins de statut protecteur des personnels, de cohérence et de dimension démocratique dans l’organisation, dans la gestion des institutions, dans la définition des projets de recherche, comme dans l’attention, collective et non pas individuelle, portée aux carrières des personnels. Les chiffres éclairent le transfert massif des coûts de la recherche, du privé vers le public. Cela  comprend plusieurs aspects : d’abord, l’affaiblissement en volume des dépenses -et aussi donc du nombre de salariés- que les entreprises du secteur public ou proches de celui-ci et les entreprises privées effectuent. Le secteur R&amp;amp;D des entreprises a singulièrement fondu sous plusieurs coups de boutoir. Le premier est d’importance majeure : il s’agit des restructurations et abandons industriels, dans lesquels les logiques dites d’économie d’échelle ont fait fusionner les centres de recherche et développement et, le plus souvent, l’emploi a considérablement souffert. C’est vrai dans la chimie, dans l’automobile, dans la pharmacie et dans bien d’autres domaines. De plus en plus, les fonds publics sont sollicités par les entreprises, via des participations directes ou mises à disposition de ressources  en matériel ou en salariés chercheurs hautement qualifiés. De plus par divers  biais, l’ANR ou d’autres, bien  des projets scientifiques portés par des établissements scientifiques, relèvent de sujets de recherche, fondamentaux ou finalisés, qui intéressent directement et immédiatement le secteur privé. C’est le cas en particulier pour tout ce qui relève du financement de la recherche finalisée et des pôles de compétitivité. Dans ce panorama on doit mentionner la part considérable prise par l’hypocrite « crédit impôt recherche », qui est certes un crédit d’impôt mais qui n’a souvent rien à voir avec la recherche puisqu’il est avant tout déclaratif (et qu’il y a extrêmement peu de contrôles).
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         De manière essentielle, il me semble, par l’intermédiaire d’un pilotage très sélectif des répartitions de l’ « argent budgétaire », il y a une remise en cause profonde des missions et de la conception globale des métiers intellectuels qui sont ceux d’enseignants-chercheurs, de chercheurs, des personnels techniques et administratifs qui travaillent dans l’enseignement supérieur et la recherche.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Les deux  missions  fondamentales –recherche et formation- s’inscrivent dans des dynamiques collectives avec l’attachement aux notions d’équipes de recherche, de laboratoires, de départements d’enseignement aussi. Toutes ces dimensions collectives sont mises à mal. Il y a  désolidarisation des individus comme des structures, avec une confusion qui est lourde de sens entre émulation, compétition, concurrence. En glissant du premier terme  vers le dernier, les logiques idéologiques dominantes et leurs bras armés gouvernementaux font s’affronter les institutions, les classent,   comme ils hiérarchisent les individus. Il faut mesurer le bouleversement du côté des personnels vers une conception des métiers quasi libérale, avec une tarification qui tend à devenir une tarification à l’acte des activités d’enseignement et de recherche. Regardons comment cela s’est peu à peu institué, avec la part individuelle du BQR (bonus qualité recherche), avec l’amplification du nombre et du montant des primes dont la liste est très longue. Instaurées en 2009 les PES (primes d’excellence scientifique, d’un montant de 3000 à 15 000 euros) font justement débat aiguisé par  le refus d’un certain nombre de collègues de cette logique d’individualisation et de concurrence. Mais à côté des PES, qui prennent en gros la succession des PEDR (primes d’encadrement doctoral et de recherches), même si leur champ s’élargit aux personnels chercheurs, dans l’enseignement supérieur il y a les PCA (primes de charge administratives), les PRP (primes de responsabilité pédagogique). Sur ce dernier terme le mot « responsabilité » met l’accent non pas sur l’engagement  pédagogique –y compris dans sa dimension innovante – des collègues, mais sur la façon dont ils participent à une logique managériale. On doit aussi évoquer les « chaires-mixtes », les emplois contrats ANR qui produisent des effets salariaux temporaires…et puis il y a vraiment des tarifications à l’acte, d’expertise individuelle ou collective, que ce soit dans le cadre de l’AERES, ou dans les commissions liées au classement des collègues qui demandent la PES…et dans certains établissements (Dauphine, au moins dans le domaine des sciences de gestion (section 6 du CNU)) les collègues bénéficient de primes à la publication. Cette logique  est extrêmement inquiétante : ni les collègues ni l’opinion n’en mesurent  l’impact.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Ces faits ne peuvent occulter que s’exprime aussi dans le pays, avec des moments forts, une   résistance de longue durée au démembrement du service public de l’enseignement supérieur et de la recherche comme au décrochage économique, à la désindustrialisation et aux logiques financières que j’évoquais tout à l’heure. Les luttes universitaires, qu’elles soient portées par les enseignants-chercheurs, les chercheurs et les personnels, ou davantage portées par les étudiants comme  sur la question du CPE (contrat première embauche) ont toutes mis en avant le refus de la précarité des jeunes,  le refus de l’individualisation des salaires. L’enjeu brutal du passage de la reconnaissance des diplômes délivrés par les institutions universitaires  publiques à la reconnaissance par les employeurs de ce qu’ils appellent les « compétences » traverse  cet aspect comme toutes les questions d’emploi. Il y a là un enjeu considérable présent dans la bataille gagnée contre le CPE comme dans ce que nous avons fait dans l’unité des forces syndicales et de la communauté scientifique pour nous opposer au démantèlement des organismes de recherche, à la diminution du nombre de chercheurs, qui avait été envisagée dans les années 2003-2004. Les créations obtenues alors, le gel des suppressions d’emplois pour les années 2008-2010 ne sont pas rien.  Ce gouvernement va aller vers les 100 000 emplois  publics supprimés en quatre ans, la résistance qu’il a rencontrée dans notre secteur est une donnée que l’on ne doit pas gommer tout comme le maintien du statut national des enseignants-chercheurs arraché en mars dernier avec des revalorisations (insuffisantes certes) des débuts de carrière des maîtres de conférences, et l’élargissement assez net des possibilités de promotions.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Les perspectives
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Il me semble que dans le débat de ce début de XXI ème siècle, il s’agit de ne pas découpler l’aspect recherche publique/enseignement supérieur de l’aspect recherche effectuée au sein des entreprises. En France il faut stopper la dégradation permanente de la situation de l’investissement scientifique des entreprises : cela présente des enjeux considérables en matière de constitution de centres de R&amp;amp;D, mais aussi sur tous les aspects de la vie intellectuelle. La question de la convergence institutionnelle et dans les financements de l’ensemble des voies de l’enseignement supérieur ne peut plus être différée. A court terme la mise en œuvre d’un plan pluriannuel de recrutements de personnels statutaires pour le supérieur et la recherche est incontournable et de fait moins onéreuse et scientifiquement bien plus vitalisante que les aléas du « grand emprunt ».
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         La plupart des formations de recherche, masters recherche, sont affaiblies parce qu’il n’y a pas un effort poussé par la nation de valoriser l’engagement scientifique dans toutes ses dimensions et toutes les disciplines. Là aussi les logiques de « créneaux d’excellence » comme celles de « niches d’innovation » sont des non-sens dans la temporalité objective de l’avancée des savoirs académiques ou appliqués. Il y a, je crois,  un travail qui nous incombe qui est à la fois politique et pédagogique et, en même temps, un travail d’absolue résistance pour défendre les dimensions collectives et collégiales de l’enseignement supérieur et de la recherche. En effet on doit noter le caractère simultané des désengagements financiers de l’Etat, votés régulièrement par le parlement, et l’émergence et la consolidation d’une logique managériale de très pauvre qualité. En témoigne p.e. la version intermédiaire du rapport Aghion[5] qui est un tissu de bêtises, de contre-vérités d’une doxa libérale sans aucune originalité qui se prétend en capacité de transformer en profondeur les logiques et la structuration de l’enseignement supérieur et de la recherche. Je pense que notre résistance collective sur ce terrain idéologique est très insuffisante. Il va de soi que les batailles pour l’organisation d’une résistance plus cohérente, avec les autres catégories de salariés, sont aussi essentielles.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         [1] Cf. L’Humanité, « un monde universitaire diversifié et ouvert », 21 février 2009 (http://tinyurl.com/yj3uehn)  et 22 janvier 2010 « Les enjeux politiques d’un moment à la dimension collective indéniable » (http://tinyurl.com/yk2l6ru).
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         [2]Le Monde, « Université : sortir de la crise par l’emploi », 9 avril 2009. Voir également Libération (débat avec Valérie Pécresse) 30 mars 2009. Le débat est disponible ici : http://tinyurl.com/yzoehcl
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         [3] Les données chiffrées proviennent du site du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche ou de l’INSEE
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         [4] Il s’agit de la Conférence des Ministres de l’Education de l’Union Européenne, qui s’est tenue du 11 au 14 Mars 2010 à Vienne, en Autriche.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         [5]Cf. http://www.fabula.org/actualites/article35544.php
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
          
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
&lt;/div&gt;</content:encoded>
      <enclosure url="https://cdn.website-editor.net/f564cb2f032c41d2aea31673308e4e21/dms3rep/multi/Logo_EHESS_petit.png" length="4648" type="image/png" />
      <pubDate>Tue, 30 Mar 2010 12:24:16 GMT</pubDate>
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    </item>
    <item>
      <title>Sortir de la crise par l'emploi  Tribune Le Monde 9 avril 2009</title>
      <link>https://www.snesup-tours.fr/sortir-de-la-crise-par-l-emploi-tribune-le-monde-9-avril-2009</link>
      <description />
      <content:encoded>&lt;h3&gt;&#xD;
  
         En pleine crise universitaire liée au décret statutaire et à la dégradation de la formation des enseignants
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
&lt;/h3&gt;&#xD;
&lt;div data-rss-type="text"&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    
          L'Etat doit se réengager!
         &#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    &lt;a href="https://www.lemonde.fr/idees/article/2009/04/09/universite-sortir-de-la-crise-par-l-emploi-par-jean-fabbri_1178716_3232.html"&gt;&#xD;
      
           https://www.lemonde.fr/idees/article/2009/04/09/universite-sortir-de-la-crise-par-l-emploi-par-jean-fabbri_1178716_3232.html
          &#xD;
    &lt;/a&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;div&gt;&#xD;
    &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;/div&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Publié le 09 avril 2009
          &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Les logiques de concurrence sans limites, de réduction du périmètre des services publics qui s'affichaient triomphantes il y a encore quelques mois, subissent de sérieux revers. La crise économique systémique fait basculer le monde entier dans une autre ère et, en France, ce sont ces bouleversements que révèle le formidable mouvement revendicatif dans l'enseignement supérieur et les organismes de recherche.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Le "pacte pour la recherche" et la loi LRU qui organisent entre les établissements et les personnels (enseignant-chercheur, chercheur, personnels administratifs, techniques et de bibliothèques Biatos et ITA) une conception concurrentielle des activités publiques de recherche et de formation, sont ébranlés dans leurs déclinaisons comme dans leurs fondements par les grèves reconduites depuis plus de neuf semaines. La crise accélère au-delà du monde universitaire une révision critique des concepts mêmes sur lesquels le gouvernement avait appuyé ses choix. L'"autonomie des universités" version Pécresse est bien comprise maintenant comme le signe du désengagement de l'Etat tant côté budgets et postes que côté libertés scientifiques et statuts des personnels, comme une conception managériale liée à des indices de "performance" aussi infondés que dangereux.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         La concomitance des grèves interprofessionnelles unitaires puissantes avec l'effervescence universitaire n'est pas fortuite. Les salariés, partout, jettent un oeil neuf sur les analyses et les appels syndicaux. Dans le supérieur, le Snesup prend sa part aux mots d'ordre et à l'organisation des grèves. La détermination pour gagner sur l'ensemble des revendications bouscule le gouvernement. Des manoeuvres qui alternent provocations (Nicolas Sarkozy, Xavier Darcos, Valérie Pécresse, Claude Guéant) et mise en scène de reculs très partiels témoignent des difficultés du pouvoir politique. Il revient aux universitaires, chercheurs et étudiants de continuer dans l'unité et la clarté ; du côté du gouvernement s'impose la nécessité de réponses politiques globales.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         En la matière, les dossiers mis sur la table par deux fois avec plus de 100 000 manifestants (les 10 février et 19 mars) ne supportent plus de seules inflexions. Le gouvernement a la possibilité de relancer l'emploi scientifique public statutaire dès 2009, par un collectif budgétaire, et au-delà par un plan pluriannuel de recrutements : ce sera le signe fort, comme d'autres pays l'ont compris, d'une confiance dans l'avenir et dans la jeunesse. Il est essentiel de fonder cette dimension de la "relance", sur des instances scientifiques et citoyennes établies sur l'élection et la collégialité ; sur des organismes de recherche puissants et reconnus en synergie avec les établissements d'enseignement supérieur.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Cette collégialité doit revenir au plus vite dans tous les textes (lois et décrets - en particulier sur les statuts, le Conseil national des universités (CNU) et les méthodes de répartition des crédits d'Etat aux établissements. Le débat public et une temporalité réfléchie doivent l'emporter sur la précipitation et l'arbitraire (et sur de seules logiques comptables...) pour construire une véritable amélioration de la formation des enseignants : c'est l'une des missions fondamentales des universités. Le modèle Darcos-Pécresse est refusé par tous : par quel entêtement refuser de le reconnaître ?
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
&lt;/div&gt;</content:encoded>
      <enclosure url="https://cdn.website-editor.net/f564cb2f032c41d2aea31673308e4e21/dms3rep/multi/leMonde.jpg" length="2865" type="image/jpeg" />
      <pubDate>Thu, 09 Apr 2009 12:47:38 GMT</pubDate>
      <guid>https://www.snesup-tours.fr/sortir-de-la-crise-par-l-emploi-tribune-le-monde-9-avril-2009</guid>
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      </media:content>
    </item>
    <item>
      <title>Débat V.Pecresse- J. Fabbri dans Libération 31 mars 2009</title>
      <link>https://www.snesup-tours.fr/debat-v-pecresse-j-fabbri-dans-liberation-31-mars-2009</link>
      <description />
      <content:encoded>&lt;h3&gt;&#xD;
  
         Valérie Pécresse et Jean Fabbri se sont affrontés, vendredi, dans les locaux de Libération. Libération publie aujourd’hui de larges extraits de ce débat entre la ministre de l’enseignement supérieur et le secrétaire général du Snesup-FSU . Le site web de Libération en donne l’intégralité en version vidéo.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
&lt;/h3&gt;&#xD;
&lt;div data-rss-type="text"&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Voici l’intégrale des échanges restranscrits par Sylvestre Huet  -  relus par les débatteurs - de deux sujets de ce débat : le statut des universitaires et la politique de la recherche.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Paul Quinio : madame Pécresse, pourquoi fallait-il réformer le statut des universitaires ?
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Valérie Pécresse : Parce que ce statut était rigide et totalement inadapté au fonctionnement d’une université moderne. Il ne comptait que l’activité en présence des étudiants, ce qui ne correspond pas à l’exercice réel du métier. D’autre part, l’évaluation est au coeur de ce nouveau statut car si l’on donne l’autonomie aux universités, il faut qu’elles puissent prendre leurs décisions d’avancement, de primes et de gestion de leur richesse humaine à partir d’une évaluation impartiale, vérifiable et transparente. L’autonomie sans l’évaluation, c’est la catastrophe, comme mon collègue italien me l’a dit. Enfin la question des promotions, épineuse. Nous souhaitions que les promotions soient décidées au sein des universités, mais nous n’avons pas réussi à trouver un accord sur ce point.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Paul Quinio : monsieur Fabbri, les universitaires n’étaient pas évalués ?
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Jean Fabbri : Bien sur que si, nous l’étions collectivement et individuellement dans nos activités de recherche et d’enseignement. La vraie question de ce dossier est : pourquoi des statuts nationaux ? Pour garantir partout l’exercice des missions pour lesquelles nous avons été recrutés, effectuer des recherches et assurer en liaison avec ces dernières un enseignement d’excellente qualité. Ce statut et sa réforme, en particulier la modulation de nos services d’enseignement, sont étroitement liés à la question du nombre des universitaires. L’augmentation et la complexité de nos taches d’enseignement – individuelle et collectives - comme l’accumulation des contrats à dénicher pour financer nos recherches ou des dossiers d’évaluation croisée aux dispositions de la loi LRU nous fait craindre, oui, une inégalité croissante entre universitaires en terme d’obligation de service et de rémunérations.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Sylvestre Huet : Madame la ministre, lorsque vous avez pu constater que l’opposition à votre projet initial de statut était si large – des syndicats les plus à gauche à Autonome Sup, en passant par l’association élitiste Qualité de la science  française – n’avez vous pas eu le sentiment d’avoir fait une  boulette ?
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Valérie Pécresse : cela ne s’est pas passé comme cela. En novembre 2008, lorsque ce projet passe au premier comité technique paritaire...
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Jean Fabbri : ... nous avons voté contre de manière très claire et avec constance....
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Valérie Pécresse : et quand pour la dernière fois le Snesup a t-il voté pour quelque chose ?
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Jean Fabbri : nous avons fait systématiquement des propositions d’amélioration comme l’équivalence des cours de travaux dirigés et pratiques, ou la répartition des promotions entre établissements... Pas plus tard que mardi nous avons proposé que les missions des enseignants-chercheurs soient clairement précisées dans le décret comme de recherche et d’enseignement...
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Valérie Pécresse : c’est marqué cinq fois dans le texte.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Jean Fabbri : nous avons également obtenu que dans le décret sur le Conseil national des universités, les enseignants-chercheurs ne soient pas classés entre eux mais évalués de manière formative et non pour une évaluation guillotine sur toutes leurs activités.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Valérie Pécresse : Sur ce sujets se sont exprimées toutes les peurs d’une communauté universitaire – que je ne soupçonnais pas – entre discipline et personnels de statuts différents.  En 2007, la loi LRU touchait au même sujet puisqu’elle réorganisait la gouvernance de l’université. Avec le statut c’est une deuxième étape de l’autonomie qui s’est jouée, dans un contexte différent, de crise, de plus grande inquiétudes et le statut est apparu comme un instrument de protection dans cette situation. C’est la réalité universitaire d’aujourd’hui qui s’est exprimée dans la rue à l’occasion des oppositions à ce statut. Je le voyais comme un instrument de confiance, et les universitaires voulaient plutôt une garantie contre des pratiques déjà existantes.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Sylvestre Huet : qui a raison ? Le premier ministre François Fillon qui dit que le statut est entièrement réécrit ou le secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéant, selon lequel la version finale est peu différente de l’original ?
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Valérie Pécresse : le statut a été entièrement réécrit au terme de 23 heures de négociations avec les organisations syndicales, puis 13 heures au sein du comité technique paritaire. Dans ce texte se retrouvent des motivations essentielles : la modulation des services, la souplesse dans l’organisation de son temps de travail tout au long de sa carrière, avec la garantie que au delà du service de référence, on paye des heures complémentaires...
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Sylvestre Huet : ... aujourd’hui ce n’est pas déjà le cas ?
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Valérie Pécresse : si, mais tout travail mérite salaire. Sur l’évaluation... les enseignants chercheurs sont évalués tout le temps...
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Jean Fabbri : ...merci de le dire !
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Valérie Pécresse: ... mais il va falloir trouver des procédures plus simples et plus rationnelles pour les conduire. Mais la question qui se posait était : peut-on faire des avancements et des primes locales sans un dispositif d’évaluation nationale par les pairs, discipline par discipline.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Sylvestre Huet : Jean Fabbri, finalement, vous avez gagné ou pas sur le statut ?
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Jean Fabbri : Nous avons dit non au localisme pour des raisons de liberté scientifique et d’évaluations qui doivent être menées par des instances qui ont l’expérience des disciplines scientifiques. Sur ces points, oui, nous avons gagné. Mais la contestation du projet initial du gouvernement n’est pas lié à de la peur ou à une incompréhension. Elle est rationnelle et conteste de fait les choix politiques du gouvernement qui sont liés au désengagement de l’Etat et à des suppressions de postes qui conduiront inéluctablement à exiger plus d’heures d’enseignement de la majorité des universitaires. La modulation des services que la ministre a inscrit dans le projet de décret actuel – au même titre que d’autres points qui demeurent du projet initial – ont conduit le Snesup a quitter le comité technique paritaire, nous n’en voulons pas.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Paul Quinio : Jean Fabbri, êtes vous pour ou contre l’autonomie des universités ? D’autres syndicats, de gauche, y sont favorables...
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Jean Fabbri : Pour moi, la question posée n’est pas celle de l’autonomie qui est un mot-valise. C’est celle du cadre législatif dans lequelle elle survient, celle du Pacte sur la recherche, de la loi LRU. Nous contestons l’un et l’autre. Parce que nous voyons dans ce cadre législatif, amplifié par le nouveau logiciel de répartition des resssources de l’Etat entre les universités, arriver la concurrence entre nos établissements alors que le principe de l’enseignement supérieur, c’est la coopération et les synergies. Cela ne s’oppose pas à l’autonomie ou à des politiques de formation et de recherche fondés sur l’autonomie.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Paul Quinio : combien de temps vous donnez vous, madame Pécresse, pour obtenir un accord sur le statut ?
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Valérie Pécresse : nous avons élargi le pannel syndical qui n’y est pas opposé, il va d’Autonome Sup à l’UNSA en passant par la CFDT...
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Sylvestre Huet :
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         l’Unsa et la CFDT n’ont pas voté pour...
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Valérie Pécresse : ils n’ont pas voté contre, ils se sont abstenus en attendant les résutats des négociations sur les autres sujets. Je reconnais que la majorité des mandats du personnel au CTPU ne l’a pas voté, mais c’est ce décret qui sera adopté. Derrière ce décret il y a un plan de revalorisation des carrières qui va doubler le nombre des promotions des maitres de conférence et de professeurs (...)
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Sylvestre Huet : faites-vous un chantage aux moyens par rapport au statut qui ne traite pas de ces sujets ?
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Valérie Pécresse : non, je ne fais pas de pression, je dis simplement que ce décret doit sortir pour que dès le mois de juin nous puissions recruter les maitres de conférence avec des salaire de 12 à 25% plus élevés...
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Jean  Fabbri :...c’était là une revendication du Snesup...
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Valérie Pécresse : alors remerciez-moi de l’avoir mise en oeuvre !
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Paul Quinio : Madame Pécresse, le président Nicolas Sarkozy ne vous a pas rendu service avec son discours sur la recherche...
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Valérie Pécresse : Le 22 janvier, c’est de ce discours qu’il s’agit, a été lancée à l’Elysée la réflexion sur la stratégie nationale de recherche et d’innovation. C’est un acte majeur, l’équivalent du Grenelle de l’environnement pour la recherche. Elle consiste à mettre autour d’une même table pour réfléchir sur les quatre prochaines années de manière prospective les grands acteurs de la recherche publique, privée, les porteurs d’enjeux de société comme les associations. Que le Président de la République lance cette initiative est un acte fort. C’est une démarche Bottom up, qui va permettre d’avoir un document de stratégie et de programmation qui donnera de la légitimité à la programmation de l’Agence nationale de la recherche.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Paul Qunio : est-ce une bonne idée de lancer ce chantier majeur avec un discours aussi provocant ?
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Valérie Pécresse :  Le président de la république a dit qu’on ne gagne pas la bataille de la connaissance sans y mettre tous les moyens, sans lancer une vraie réforme de l’université et de la recherche.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Jean Fabbri : le mépris affecté pour les universitaire et les chercheurs était totalement déplacé et il l’est toujours...
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Valérie Pécresse : ... ce discours a été sur-interprêté et sur-utilisé et c’est très injuste de faire un procès au Président de la République qui met cinq milliards d’euros pour les campus, 1,8 milliards de budget en plus pour la recherche et 730 millions encore provenant du plan de relance.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Jean Fabbri : Allons au fondamental :le mépris et la prospective. On ne peut pas faire de la prospective dans ce domaine sans la communauté scientifique. Elle ne prétend pas être la seule à pouvoir dire quels sont les enjeux scientifiques, mais il faut s’appuyer pour la mener sur des instances largement élues par les scientifiques. Il y en a en France, comme le Comité national de la recherche scientifique qui sont fondé sur l’expérience, le partage, la légitimation par le vote, le gouvernement n’en veut pas, il fabrique des instances dont il définit le périmètre avec des «personnalités» nommées en totalité. Cette démarche ne convient pas à la dimension démocratique qui va de pair avec les enjeux scientifiques. Surtout que la question forte du jour, c’est la revitalisation de nos organismes de recherche avec leur démantèlement et l’emploi scientifique en berne, les budgets des laboratoires qui n’augmentent pas, les doctorants sans perspectives d’emplois. Le plan de relance dont parle Valérie Pécresse, les 730 millions, c’est du BTP. On a certes besoin de renover amphitéâtres et laboratoires, mais nous avons besoin avant tout d’investir dans l’intelligence, dans la matière grise. En Europe, aujourd’hui, de plus en plus de voix autorisés réclament cet investissement, ce recrutement de chercheurs, de docteurs en sciences, à l’image de ce qui se passe au Etats-Unis. L’une des raisons de l’affaiblissement de notre pays c’est que le doctorat n’est pas valorisé par les entreprises privées.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Valérie Pécresse : Vous ne pouvez pas me faire ce procès alors que je viens de créer un contrat doctoral, remplaçant la situation d’allocataire de recherche, afin que les docteurs puissent se vanter d’avoir non seulement un diplôme d’excellence mais aussi trois années d’expérience professionnelle, c’était une demande des jeunes chercheurs. Cette expérience pourra être prise en compte par les entreprises et par la fonction publique qui rattrapera les années de doctorat dans leur carrière. J’ajoute que j’ai augmenté de 16% le montant de l’allocation de recherche en 2 ans. C’est vrai que l’on partait de très bas et que c’est du rattrapage, je veux bien l’entendre.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Sylvestre Huet : Tous les observateurs s’accordent à dire que ce qui marche le mieux dans notre système en termes de capacité à produire des connaissances nouvelles, c’est le Cnrs, pourquoi le casser ?
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Valérie Pécresse : Mais je ne veux pas le démanteler. Mais je n’accepte pas le discours : le malheur des uns fait le bonheur des autres. Ce n’est pas parce que je veux que les universités soient autonomes et des acteurs puissants de la recherche que je veux le malheur du Cnrs. Le Cnrs voit sa mission évoluer. Les Universités auront une stratégie de recherche autonome. Elle sera locale. Et le Cnrs aura une mission stratégique nationale pour les disciplines qui y sont représentées pour irriguer le territoire national.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Sylvestre Huet : Que le Cnrs ait une responsabilité stratégique nationale, c’est sa mission initiale, vous ne l’inventez pas... et vos détracteurs vous accusent de vouloir la lui retirer.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Valérie Pécresse : C’est tout l’inverse. En structurant le Cnrs en Instituts disciplinaires et en lui donnant la responsabilité de structurer ces disciplines au niveau national, nous voulons faire du Cnrs un acteur majeur stratégique, pluridisciplinaire, qui va permettre d’aider à la programmation de l’Agence nationale de la recherche.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Jean Fabbri : La stratégie scientifique des universités sera locale. Car elle se tourneront vers des financements territoriaux ou des entreprises. Nous risquons d’avoir des pilotages étroits, éloignés des enjeux scientifiques transversaux. Cela risque de mettre en cause des pans entier de la recherche.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Paul Quinio : Nous n’avons toujours pas parlé des étudiants. Avec cette crise, leur année est foutue ou pas ?
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Jean Fabbri : Pas du tout. Lors de la crise du CPE, entamée en janvier, c’est un discours du premier ministre De Villepin, qui, le 10 avril, y a mis fin. J’espère que les nombreux manifestant et la grève qui se maintient avec le soutien de présidents d’université vont conduire le gouvernement à ouvrir des négociations sur l’ensemble des dossiers de manière globale. Cela permettra de sortir de ce conflit et de permettre aux étudiants d’obtenir leurs diplômes et à nos collègues de faire ce qu’ils préfèrent : de la recherche et de l’enseignement.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Valérie Pécresse : je regrette que les étudiants soient toujours les victimes des crispations entre les universités et le gouvernement. Après tout ils ne sont pas concernés par le statut des universitaires. En outre, je comprend la grève, mais pas le blocage des cours. Mais nous organiserons les rattrapages et j’espère que l’année ne sera pas compromise.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
&lt;/div&gt;</content:encoded>
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      <pubDate>Tue, 31 Mar 2009 12:59:35 GMT</pubDate>
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    </item>
    <item>
      <title>Un monde universitaire diversifié et ouvert</title>
      <link>https://www.snesup-tours.fr/un-monde-universitaire-diversifie-et-ouvert</link>
      <description />
      <content:encoded>&lt;h3&gt;&#xD;
  
         21 février 2009 : une juste colère universitaire
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
&lt;/h3&gt;&#xD;
&lt;div data-rss-type="text"&gt;&#xD;
  &lt;font&gt;&#xD;
    &lt;b&gt;&#xD;
      
           Un monde universitaire diversifié et ouvert
           &#xD;
      &lt;br/&gt;&#xD;
    &lt;/b&gt;&#xD;
  &lt;/font&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Élever les qualifications, élargir et approfondir l'accès aux connaissances constituent des objectifs qui rencontrent à la fois les aspirations au savoir des jeunes adultes et les besoins diversifiés du pays. Est- il vrai-ment assumé par les pouvoirs publics actuels, l'objectif européen de diplômer 50 % d'une classe d'âge dans le supérieur? Renforcer le potentiel de recherche, coopérer sans frontières, tout l'enseignement post-baccalauréat comme l'engagement citoyen et le monde économique sont des enjeux complexes. Sont-ils aujourd'hui assumés quand la part du PIB du pays consacrée à ces missions régresse de 2,3 `)/0 à 2,1 % pour un objectif fixé à 3 %? Le constat est sévère sur la carence reconnue des moyens et des ambitions de l'État, dissimulée derrière un volontarisme de façade et une autosatisfaction permanente.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         C'est dans ce contexte, le seul qui soit mobilisateur et incitatif, que devraient se lire les questionnements sur «la réforme des universités ». Impossible de dissocier recherche et formation tant au sein des établissements universitaires dans l'imbrication de ces deux missions que dans l'activité individuelle de chaque enseignant-chercheur. Offrir aux étudiants un renouveau disciplinaire, comparé au découpage plutôt figé du secondaire, appuyer leur formation sur la recherche et développer leur esprit critique, proposer une dimension professionnelle dans chaque cursus: c'est ouvrir à des appétits inédits. À leur façon, les filières IUT, IUFM et écoles d'ingénieurs (parties spécifiques des universités) y concourent avec, comme cela devrait être le cas également ailleurs, des effectifs réduits et des pédagogies différenciées. Pour favoriser l'accueil des nouveaux bache-liers, les filières plus classiques ont fourni un considérable travail dé rénovation dans le cadre certes précipité et lourdement concurrentiel du LMD. Simplifier et réorienter ce dispositif, le rendre lisible aux étudiants et à leurs familles et garantir des conditions d'encadrement conformes aux pratiques internationales est incontournable. L'aspiration à la reconnaissance dès le premier emploi du caractère professionnalisant des diplômes, avec des droits sociaux afférents, est maintenant une dimension structurante.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Aujourd'hui encore, le gouvernement pousse à des choix régressifs qui révèlent la nocivité structurelle de la loi LRU: suppression de 1 030 emplois (budget 2009), démantèlement du CNRS et des autres organis-mes de recherche dépouillés de leurs missions et de leurs personnels, concurrence exacerbée, course aux publications «aux résultats »... rendant difficiles les missions de recherche fondamentale dont les rythmes n'épousent pas ceux des contrats d' objectif. Bien des problématiques sont ignorées ou détournées par le gouvernement actuel. Pourtant les personnels et leurs organisations sont porteurs de propositions d'améliora-tions. Après le cycle licence qui doit devenir plus attentif aux parcours individuels des étudiants, la simplification et l'accès clarifié au master se feront d'autant mieux que se construira un grand service public rénové du supérieur associant l'ensemble des cursus. L'idée d'inclure dans un monde universitaire diversifié et ouvert toutes les formations post-bac actuellement éclatées (formations paramédicales, économie gestion, éco-les d'art, CPGE...) chemine.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Recrutés après plus de dix ans d'études au terme d'un processus où leur énergie scientifique est rudement mise à l'épreuve, les enseignants-chercheurs doivent se voir confortés et aidés dans l'accomplissement de leurs missions. Les débats actuels autour de l'évaluation des enseignants-chercheurs en restent à une vision punitive. Au contraire de cette logique qui met en concurrence permanente des collègues qui devraient coopérer, une ambition politique cohérente doit porter au plus haut la dimension collégiale. Un tel principe de vitalité démocratique révèle qu'il est possible d'animer de vastes collectivités de salariés sous d'autres règles que celles du management libéral.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         L'effondrement des logiques consuméristes, individualistes, que portaient les dérèglements économiques sanctionnés par la crise actuelle, rend envisageable dans le court terme au sein du monde des universités et de la recherche des améliorations notables. Dès maintenant, par exemple, la réorientation du « crédit impôt recherche ». (780 millions d'euros en 2009) s'impose pour affecter ces fonds au rétablissement des 1 030 emplois supprimés dans l'enseignement supérieur et la recherche et à des mesures incitatives pour l'emploi des jeunes hautement qualifiés (master, doctorat). Avec son identité syndicale forte, le SNESUP assume, dans cette intense période, un rôle moteur et créatif. La loi LRU n'est pas le cadre législatif qui convient à ces ambitions!
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         télécharger l'article :  090221_HUMA_JF.pdf (Adobe Acrobat 35.33 kb)
          &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
             Lire aussi : "La ministre fait preuve de mépris" par J. Fabbri - l'Humanité Dimanche 19 février 2009
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
          090219_HD.n--149_JF_Basse.Def.pdf (Adobe Acrobat 303.85 kb)
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
&lt;/div&gt;</content:encoded>
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      <pubDate>Sat, 21 Feb 2009 13:41:30 GMT</pubDate>
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    <item>
      <title>Premiers pas Sarkozy-Fillon = dangers pour l'enseignement supérieur et la recherche</title>
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      <content:encoded>&lt;h3&gt;&#xD;
  
         Juin 2007 : des orientations dangereuses
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
&lt;/h3&gt;&#xD;
&lt;div data-rss-type="text"&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
          
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;font&gt;&#xD;
    &lt;b&gt;&#xD;
      
           Pour un projet universitaire partagé  (publié dans Libération juin 2007)
          &#xD;
    &lt;/b&gt;&#xD;
  &lt;/font&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Ces  derniers mois, figurait dans   les programmes électoraux de tous les candidats, la nécessité d’augmenter très nettement les financements publics de l’enseignement supérieur et de la recherche.  En écho, en quelque sorte, aux vigoureuses interventions de la communauté scientifique (pétition SLR,  manifestations puissantes de 2005…) ces objectifs  budgétaires étaient censés donner confiance, efficacité et moyens pour que notre société se  confronte   aux défis scientifiques du XXI ème siècle, et réponde aux exigences que la jeunesse a portées avec force au moment du CPE.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Oui, il y a des attentes légitimes ! Notre pays ne peut se satisfaire  de diplômer seulement 30%  d’une classe d’âge au niveau licence quand tout pousse à un horizon 50%. Il ne peut aussi accepter les criantes inégalités dans l’accès  dans les filières du post-bac et la réussite dans les études supérieures. Les jeunes ont tous droit à des perspectives d’études motivantes, nourries et articulées –via la recherche- sur les connaissances et pratiques fondamentales, récentes  et professionnalisantes. Après 8 à 9 ans d’études post-bac, les jeunes docteurs passionnés de découvrir, de porter plus loin les connaissances méritent mieux que la succession erratique de contrats précaires qui brisent leurs thématiques et déstructurent leur vie personnelle.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
          
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Les premiers  pas du gouvernement Sarkozy-Fillon, tournent le dos à ces attentes. Aux étudiants, aux universitaires, la ministre  Valérie Pécresse, qui se présente  comme l’un des emblèmes du renouveau en politique,  a opposé la vieille méthode du troc :  pas de « collectif budgétaire » pour améliorer les conditions de la rentrée universitaire 2007, s’il n’y a pas consensus avant le 22 juin sur l’ « autonomie renforcée ». Personne ne peut croire que les urgences du supérieur et ses évolutions  se concentrent sur un Conseil d’Administration réduit dans lequel le poids des personnels élus diminuerait, avec un président renouvelable disposant d’un droit de veto sur les recrutements ! Cette  politique précipitée –aux accents plus idéologiques que pragmatiques- n’a pas le soutien de nos concitoyens comme le montre clairement une récente enquête d’opinion (BVA 1er juin).
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Il est facile,  en effet, d’énoncer avec aplomb : « tous les rapports montrent qu’il faut revoir le pilotage des universités ». En vérité quels sont ceux qui tiennent la plume de ces rapports ? Ce sont toujours les mêmes qui les écrivent ou les inspirent,  sans aucun pluralisme. Ainsi l’équipe de rédaction du rapport Goulard,  publié quelques jours avant le départ du précèdent ministre, était sur ce plan d’une homogénéité remarquable. Ce texte donne les grands traits et les détails de la recomposition d’ensemble du supérieur qui semble mis en œuvre (dans la continuité)par l’actuel gouvernement.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Est ainsi projeté un éclatement du monde universitaire : une grande hiérarchisation territoriale et scientifique, un bouleversement des statuts des personnels.  En quel sens ?
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
          
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         l’implosion délibérée
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
          Le rapport  Attali préconise des systèmes universitaires territoriaux   censés faire converger vers une université de recherche (de « niveau international » etstructurée autour des masters)  un ensemble d’universités de proximité. Les missions seraient  liées aux besoins économiques tels que déterminés par les employeurs pour lesquels  le critère d’employabilité serait l’indicateur de performance. La qualité des cursus ne serait évaluée in fine que par l’avis des  Directeurs des Ressources Humaines   lesquels « seront sensibles au nombre et à la nature des petits boulots exercés durant les études » (nous n’inventons rien, c’est page 28). Le niveau T, introduit dans le schéma LMD, favoriserait les sorties au niveau bac +2…sans garantir de possibilité de poursuite d’études.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
          
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Quant à la recherche, son lien  à toutes les  formations est complètement dénaturé. Sont typées deux  « recherches ». Celle dite de niveau mondial que doivent pratiquer les encadrants dumaster 2 et dudoctorat (bac+5 et plus), celles pratiquées dans les « universités  de proximité »  qui pourraient être utiles à l’environnement économique.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Est aussi visé le changement de statut des personnels : les enseignants-chercheurs jugés non productifs et les agrégés  du supérieur ayant fait à un moment ou l’autre de la  recherche seraient mis dans un corps dit « d’enseignant universitaire » ou « d’enseignement tertiaire » (dénomination utilisée par l’OCDE dans le prolongement du primaire et du secondaire). Ils  auraient un service d’enseignement alourdi !
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
          
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         On retrouve ces idées dans les thèmes déclinés par la ministre en vue de la concertation express  sur l’ « autonomie  renforcée » organisée entre le 5 et le 21 juin. Confier aux universités propriété et gestion du patrimoine,  droit local de créer des formations nouvelles et d’en fixer les contenuspermettrait à l’Etat de se désengager de financements. Ainsi était-il écrit dans le rapport Goulard : « Les universités motivées par un objectif de gestion optimal de leur parc immobilier seront moins frileuses que l’Etat dans le recours aux formules…de partenariat public/privé ».
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Quant aux formations, les universités actuellement exsangues, ne peuvent,  de fait, créer des filières que dans la concurrence  accrues entre elles et  en jouant la sélection des étudiants.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         D’autres choix
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  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Ne soyons pas dupes : il n’y a pas d’un côté, comme avancé à Orsay le 1er juin par F Fillon, LA réforme et de l’autre l’immobilisme des personnels.  A des concertations réduites (à trois semaines en juin !) il convient d’opposer détermination et unité universitaire et citoyenne sur des objectifs scientifiques et sociétaux. Les équipes et laboratoires, les départements de formations ont besoins de personnels responsabilisés, aux statuts reconnus, aux carrières conformes à leurs  qualifications et missions.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
          
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  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         L’histoire des idées montre que les découvertes, l’innovation, les révolutions conceptuelles naissent du pluralisme des thématiques, des écoles de pensées, des rythmes et des modalités du travail intellectuel. Faire croire en un modèle unique de l’excellence, autorisant une hiérarchie des recherches, est une imposture. C’est bien la fonction de la puissance publique de garantir, partout, dans tous les champs de la connaissance cette vitalité. Elle est ancrée dans le pluralisme, le choc des idées, les controverses qui conjuguent les exigences propres du débat intellectuel et de la démocratie comme de la prise en compte de la diversité des demandes sociales. De telles exigences fondent la nécessité d’un statut des enseignants-chercheurs qui lie étroitement enseignement et recherche avec un service leur permettant de mener de pair ces deux activités.
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  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
         Il y a bien du danger aussi  pour l’université dans  « le travailler plus pour gagner plus » du président Sarkozy qui s’appliquerait aux  salariés en postes et  réduirait considérablement les perspectives d’entrée dans la vie active des jeunes.  Or c’est bien là, légitimement pour chaque jeune adulte, l’une des motivations fortes pour investir  dans l’indispensable travail intellectuel qui est la clef de la réussite des études universitaires, laquelle doit bénéficier d’innovations et de soutiens pédagogiques  accrus.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
          Dès ce mois de juin les universitaires, les étudiants peuvent conjuguer leurs forces et tout mettre en œuvre pour faire obstacle au dynamitage du service public et mettre en avant d’autres choix. L’organisation très pluraliste des assises « enseignement supérieur et recherche » co-organisées par le SNESUP  dont un premier temps fort national est prévu le 2 juillet s’inscrit dans cette résistance constructive.
         &#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  &lt;br/&gt;&#xD;
  
          
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  &lt;br/&gt;&#xD;
&lt;/div&gt;</content:encoded>
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      <pubDate>Tue, 12 Jun 2007 13:27:56 GMT</pubDate>
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